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	<title>LE BLOG DU PULAAGU</title>
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	<description>Débat sur la culture, la langue et les sciences peules</description>
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		<title>NIGERIA: Éduquer les enfants nomades</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Sep 2010 16:16:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ibrahima Sarr</dc:creator>
				<category><![CDATA[Alphabétisation et apprentissage]]></category>
		<category><![CDATA[Société peule]]></category>
		<category><![CDATA[éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Fulanis]]></category>
		<category><![CDATA[nomades]]></category>
		<category><![CDATA[nomadisme]]></category>

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		<description><![CDATA[NIGERIA: Éduquer les enfants nomades Photo: Rosie Collyer/IRIN Umar Idriss fait face à un dilemme : continuer à élever du bétail avec sa famille ou aller à l’université KADUNA, 3 septembre 2010 (IRIN) &#8211; Les enfants de la plupart des nomades nigérians passent à travers les mailles du filet de l’éducation, car la priorité est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id=":1p">
<div id=":1gk">
<div dir="ltr"><strong>NIGERIA: Éduquer les enfants nomades</strong></p>
<table style="height: 330px;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="202" align="left">
<tbody>
<tr>
<td align="right"><img class="alignleft" style="margin: 5px;" src="http://pictures.irinnews.org/images/2010/201008311727530921.jpg" alt="" width="200" height="300" /><br />
Photo: <a href="http://www.irinnews.org/photo.aspx" target="_blank">Rosie Collyer/IRIN</a> <a href="http://www.irinnews.org/PhotoDetail.aspx?ImageId=201008311727530921" target="_blank"><img src="http://pictures.irinnews.org/images//design/magnify.gif" alt="" align="absMiddle" /></a></td>
</tr>
<tr>
<td>Umar Idriss fait face à un dilemme : continuer à élever du bétail avec sa famille ou aller à l’université</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">KADUNA, 3 septembre 2010 (IRIN) &#8211; Les enfants de la plupart des  nomades nigérians passent à travers les mailles du filet de l’éducation,  car la priorité est donnée à l’enseignement du métier familial et leur  mode de vie itinérant fait qu’ils vont rarement à l’école. Tandis que le  <a href="http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=89595" target="_blank">nomadisme</a> devient de moins en moins viable, les enseignants et les autorités  gouvernementales trouvent cependant de nouveaux moyens d’y remédier.<br />
Les nomades du Nigeria se divisent en trois groupes : éleveurs, pêcheurs et agriculteurs. Mais le <a href="http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=86556" target="_blank">rétrécissement des réserves</a> de pâturages, le blocage des chemins de pâture et les tensions  croissantes entre les nomades et les fermiers poussent les éleveurs à  abandonner leurs techniques traditionnelles.<br />
De plus en plus de nomades s’installent dans des villages ou des  villes, où ils prennent tout emploi qui se présente, a dit Saleh Momale,  directeur de Pastoralist Resolve, une organisation non gouvernementale  (ONG) qui joue un rôle de médiateur dans les conflits entre nomades et  fermiers.</p>
<p><strong>Une transition difficile </strong></p>
<p>La transition  n’est pas toujours facile. « Lorsque les Fulanis doivent soudainement se  sédentariser, ce qui est de plus en plus le cas au Nigeria, les jeunes  hommes ont souvent beaucoup de mal à s’adapter à ce changement soudain  », a dit M. Momale à IRIN. Beaucoup de jeunes nomades vivant en ville  qui ont été peu ou pas scolarisés tombent dans la délinquance. <span id="more-279"></span></p>
<p>À la mi-2008, la police et les autorités locales ont expulsé environ  2 000 éleveurs fulanis de l’État du Plateau, dans le sud du pays, les  obligeant ainsi à se réinstaller dans l’État de Bauchi. Les enfants  fulanis fraîchement sédentarisés ont été inscrits dans les écoles  locales et les taux d’inscription ont grimpé en flèche.</p>
<p>Le succès de la transition dépend de la réceptivité des autorités  gouvernementales, a dit M. Momale. Dans l’État de Bauchi, cela s’est  relativement bien passé, car le gouvernement a alloué 500 000 dollars à  l’éducation des éleveurs. Les relations entre les éleveurs et les  communautés sédentaires y sont donc bien plus étroites que partout  ailleurs.</p>
<p><strong>Des méthodes d’enseignement adaptées </strong></p>
<p>La  Commission nationale pour l’éducation des nomades (NCNE), dont le siège  se trouve à Kaduna, dans l’État du même nom, au nord du Nigeria, essaie  d’adapter les méthodes d’enseignement et le matériel pédagogique aux  communautés nomades. Les manuels scolaires sont traduits dans les  langues parlées par les groupes nomades, des enseignants nomades sont  choisis pour accompagner les enfants sur la route et leur faire cours et  des écoles sont établies le long des chemins de pâture – il y en a  maintenant environ 2 200 à travers le pays.</p>
<p>L’enseignement se fait généralement en fulfulde – la langue des  Fulanis – mais, pour le million de pêcheurs nomades du Nigeria, qui  parle plus de 30 langues différentes, les enseignants envisagent  d’utiliser un pidgin anglais.</p>
<table style="height: 230px;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="301" align="right">
<tbody>
<tr>
<td align="right"><img src="http://www.irinnews.org/images/2010/201008311728550781.jpg" alt="" /><br />
Photo: <a href="http://www.irinnews.org/photo.aspx" target="_blank">Rosie Collyer/IRIN</a> <a href="http://www.irinnews.org/PhotoDetail.aspx?ImageId=201008311728550781" target="_blank"><img src="http://www.irinnews.org/images/design/magnify.gif" alt="" align="absMiddle" /></a></td>
</tr>
<tr>
<td>De nombreuses familles d’éleveurs préfèrent enseigner à leurs fils le métier familial plutôt que de les envoyer à l’école</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<div style="text-align: justify;">Le matériel pédagogique fait également l’objet d’adaptations.  Ainsi, des noms fulanis sont donnés aux personnages des livres scolaires  pour que les enfants puissent s’identifier à eux. Mais Aliyu Erdo,  directrice du développement de programmes de la NCNE, a dit que les  enseignants devaient quand même préparer les enfants aux examens  nationaux.</p>
<p>Les enfants peuvent aller d’une école à l’autre, au fur et à mesure  que leur groupe se déplace, et ne rester que quelques mois dans chacune  d’entre elles. La NCNE tient à aider les éleveurs à préserver leur mode  de vie nomade et expérimente actuellement un projet d’enseignement par  radio.</p>
<p>Le projet visera six États &#8211; Kaduna, Kano, Nassarwa, Bauchi, Gombe  et Yobe – et commencera par les élèves de première année du primaire  pour, petit à petit, s’étendre aux six années du primaire. La NCNE  s’apprête à engager des comédiens voix-off professionnels pour  enregistrer les 90 premières leçons.</p>
<p><strong>Un projet de radio </strong></p>
<p>Les chefs de projet ont  également recours aux ondes pour attirer les enfants. « Les émissions  traitent de la nécessité pour les enfants nomades d’aller à l’école et  attirent l’attention sur les responsabilités civiques des nomades et  leurs responsabilités au sein de la société », a dit Mme Erdo.</p>
<p>Il est particulièrement important pour les familles d’éleveurs  nomades de garder leurs fils près d’elles pour leur enseigner à élever  du bétail, mais c’est ce qui a conduit nombre d’entre eux à abandonner  l’école après le primaire, a dit Mme Erdo. « De nombreuses écoles  primaires ont en fait plus de filles que de garçons, car les familles  considèrent l’élevage plus important », a-t-elle dit à IRIN.</p>
<p>Umar Idriss, un élève, a fréquenté tout un réseau d’écoles primaires  pour les nomades le long d’un itinéraire emprunté par sa communauté  d’éleveurs de bétail fulanis et a ensuite été pensionnaire dans une  école secondaire à Kaduna, avec des garçons de différents milieux.</p>
<p>Il est maintenant confronté à un dilemme : retourner à sa vie nomade  ou s’inscrire à l’université. « Mon père veut que je m’occupe du bétail  de la famille », a expliqué M. Idriss à IRIN, dans un anglais parfait, «  mais je voudrais aller à l’université et étudier la science vétérinaire  ».</p>
<p>rc/aj/he/gd/ail</p>
</div>
<div style="text-align: justify;"><a href="http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=90380" target="_blank">http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=90380</a></div>
</div>
</div>
</div>
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		<title>L’histoire culturelle du Fuuta-Tooro Par Ibrahima Moctar Sarr</title>
		<link>http://www.blog-pulaagu.com/?p=275</link>
		<comments>http://www.blog-pulaagu.com/?p=275#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 25 Aug 2010 15:45:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ibrahima Sarr</dc:creator>
				<category><![CDATA[Connaissance et savoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire des peuls]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie du pulaagu]]></category>
		<category><![CDATA[Société peule]]></category>
		<category><![CDATA[castes]]></category>
		<category><![CDATA[culture pulaar]]></category>
		<category><![CDATA[fouta tooro]]></category>
		<category><![CDATA[ibrahima moctar]]></category>
		<category><![CDATA[pulaagu]]></category>

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		<description><![CDATA[On ne naissait ni Ceddo, ni peul-berger, ni cubbalo, on le devenait tout simplement selon son tempérament, ses aptitudes et les circonstances – la condition d’esclaves, elle, ne procède d’aucune essence. On devenait esclave à la suite des captivités de guerre. Ne dit-on pas que le vrai haal-pulaar n’émigre jamais définitivement tant qu’il peut, de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id=":1hm">
<div id=":1o0">
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" style="margin: 5px;" title="Ib Moctar" src="http://www.blog-pulaagu.com/wp-content/ib_moct_sarr.jpg" alt="Ibrahima Moctar Sarr" width="154" height="180" />On ne naissait ni Ceddo,  ni peul-berger, ni cubbalo, on le devenait tout simplement selon son  tempérament, ses aptitudes et les circonstances – la condition  d’esclaves, elle, ne procède d’aucune essence. On devenait esclave à la  suite des captivités de guerre.</p>
<div style="text-align: justify;">
<p>Ne dit-on pas que le vrai haal-pulaar n’émigre jamais définitivement  tant qu’il peut, de temps à autre, fredonner un air de léelé le soir,  lorsque la pleine lune aux prises avec les nuages taquins, aarose de sa  belle clarté la nature. C’est que, comme l’a écrit le  poète-historien-chroniqueur, feu Youssouf Guèye :</p>
<p>« Le chant (chœur ou solo) qui s’élève avec les coups de pilon dans  la profonde solitude des hameaux de campagne, la note sanglotée d’un  «ñaañooru » dans le calme des pâturages, un couplet qui fuse avec le  chant des oiseaux, des débarcadères ensoleillés, c’est toujours (pour le  foutankais) une sorte de mystérieuse vague d’émotion, faite d’obscures  nostalgies et d’indéginissables souvenirs qui monte des tréfonds de  l’être ».</p>
<p><span id="more-275"></span>Le peuple multi-séculaire, que les Blancs ont désigné sous le vocable  de Toucouleurs, peut être à cause de la teinture plus ou moins  prononcée de sa peau à mesure qu’on va d’un groupe à l’autre de cet  ensemble ethno-culturel, a fait de sa mémoire collective un complexe de  puissante émotivité et d’un sentiment profond d’être pétri dans le limon  nourricier qui charrie les eaux de fleuve.</p>
<p>Le fuuta-Tooro d’aujourd’hui, à cheval sur deux Républiques : la  Mauritanie et le Sénégal, portait en fait le nom évocateur de Niamandiru  (Terre d’abondance). Vers le XIème siècle, il devient le Tekrour. Ses  premiers occupants étant des Sérères, des Wolofs et des Soninkés dont le  métissage avec le groupe peul a donné le type haal-poulaar  d’aujourd’hui. La tradition voudrait que ce soit le chef des Manna War  Diabi N’Diaye qui islamisa la région après avoir vaincu les Dia ogo.  C’est lui qui imposa la langue peule par cette injonction ! Parle  pulaar ! Haal pulaar !</p>
<p>L’histoire mouvementée de cette région déchirée par guerres  incessantes, le Tekrour sera annexé par l’empire Soninké du Ghana au  XIIème siècle et par celui du Mali (Mandingue) au XVème siècle avant  l’empire de Gao. Koli Tenngela réalisera définitivement son unité en  1512 et le pays s’appelera désormais Fuuta-Tooro. Il avait déjà réalisé  la symbiose des cultures de toutes ces influences avant d’en réexporter  le produit à travers toute l’Afrique de l’Ouest, du Mali au cameroun et  au Nigeria notamment grâce aux expéditions de Ousmane Dem Foodeejo  (Ousman Dan Fodio) et Oumarul Fuutiiya (El hadj Oumar).</p>
<p>C’est que les berbères Sanhadjas étaient déjà passés par là. Le fils  de War Diabi aurait même participé à l’expédition des Almoravides. Les  conquérants marocains plus tard venus jusqu’aux confins des fleuves  Niger et Sénégal avec leurs guerriers hormankoobe, ont renforcé la  présence arabe des Béni Hassan dans cette terre déjà islamisée depuis  les caravanes transsahariennes à la recherche de l’or et des esclaves.  Le paysan poète de la vallée du fleuve Sénégal se familiarise avec les  vers somptueux de Antar et Umarul Qaïs de la période de la Jahilia.  L’arrivée des Européens constitue le choc culturel le plus violent et le  poète pleurera le Tam-Tam crevé, les cordes de la guitare coupée, les  feux éteints de la place publique.</p>
<p>C’est alors que les traditions du terroir agressé iront se réfugier  dans les dernières chansons initiatiques du fond statique permanent de  la littérature castée du Fuuta-Tooro.</p>
<p>Ce pays situé entre le Grand Sahel au Nord et le Ferlo au Sud, se  présente comme un îlot de fertilité et d’abondance avec ses cultures  saisonnières, sa double récolte annuelle qui favorise une  interpénétration des peuples. On peut affirmer avec sa force que la  véritable littérature du Fuuta Tooro est née de ce brassage fortement  coloré des influences Mandingues au Sud-Est, Berbères et Arabes, au  Nord, Wolof et Sérère, à l’Ouest. L’oralité de cette littérature a été  jusqu’à récemment, le fondement essentiel, même si grâce à l’Islam,  l’écriture arabe a permis d’en codifier certains aspects tout en  réorientant systématiquement la production culturelle vers les oeuvres  pieuses et contre le paganisme officiel en déroute.</p>
<p>Affectation littéraire des castes</p>
<p>La société haal pulaar est composée de trois grandes catégories.</p>
<p>Les rimbe (nobles) qui comprend les Peuls, les Torobbe, les Sebbe, les Subalbe, les Jaawambe.</p>
<p>Les Neemne (artisans) et artistes laudateurs avec les Maabube  (tisserands), les Waylube (forgerons), les Sakkeebe (Cordonniers), les  Lawbe (bûcherons), les Wambaabe (guitaristes), les mabube sundu paté,  les Awulube (griots).</p>
<p>Les jiyaabe (esclaves).</p>
<p>Avant l’avénement de la caste des Toorobbe, et surtout après  l’institution de l’almimya, la société pulaar avait su maintenir son  équilibre en s’appuyant sur la diversité de sa composition sociale.  Cette diversité manifestée au niveau des castes était perçue à l’époque  en terme d’égale complémentarité. Les rapports entre les différents  groupes socio-professionnels étaient beaucoup plus souples que ceux  auxquels on assiste aujourd’hui, dans la mesure om le mythe fondateur  les renvoie dans l’ensemble aux mêmes ancêtres communs, à la même  ascendance.</p>
<p>On ne naissait ni Ceddo, ni peul-berger, ni cubbalo, on le devenait  tout simplement selon son tempérament, ses aptitudes et les  circonstances – la condition d’esclaves, elle, ne procède d’aucune  essence. On devenait esclave à la suite des captivités de guerre. Mais  le fait est bien là, les esclaves constituent aujourd’hui une caste au  même titre que les autres, importante numériquement bien sûr, dont la  descendance continue de porter la condition infériorisée comme une tare  génétique.</p>
<p>L’origine hétéroclite et fort récente de la caste torodo qui provient  de toutes les autres castes réunies sous la bannière de l’Islam, fait  qu’on ne trouve aucune allusion à celle-ci dans le discours du mythe  fondateur. Le langage populaire définit ainsi le fuuta : « leydi awoobe e  Aynaabe » (le pays des pêcheurs et des pasteurs).</p>
<p>En vérité, toutes ces castes se rattachent, à l’origine, à l’ancêtre  commun peulh, lequel, devient bûcheron par-ci, cuballo (pêcheur) par-là,  griot-bambaado par ailleurs, etc. De là s’est codifié tout un mode  d’expression littéraire casté sans être exclusif ni hermétique. Chaque  groupe prend une fonction dans la gestion du patrimoine culturel commun,  étant entendu que cette culture a un rôle, avant tout, fonctionnel,  focalisé participant effectivement dans l’organisation de la vie  quotidienne des populations. La notion de l’Art pour l’Art » n’existait  pas en effet dans ces sociétés.</p>
<p>A côté de ces affectations de fonction, il existe un fond commun  constitué d’abord par les contes et légendes qui participent de  l’éducation de toute la société depuis l’enfance jusqu’à l’âge mûr. Les  petits enfants en face de la grand-mère devant le feu de bois, prennent  les premières leçons de la vie grâce aux petetites histoires des bêtes  de brousse. Les adultes, après les durs travaux, se reposent le soir en  écoutant les grands poètes et maîtres de la parole raconter les grandes  épopées et les légendes des grands hommes qui incarnent le courage, la  bonté, la bravoure et l’amour. C’est dans le fond statique permanent  qu’on classe aussi certains genres littéraires comme le « leelé » et ses  dérivés qui méritent une place de choix.</p>
<p>Le « leelé » est universel en milieu pulaar. Son origine reste  inconnue. Certains l’attribue à une origine arabe. Pour eux, le terme  même « leelé » vient du mot arabe « Leila » (la nuit). Cette thèse est  réfutée par des spécialistes comme feu Boubou Sall de Podor qui  affirmait avec force argument que le « leelé » est bien une création  locale et que bien avant son grand promoteur, Sidi Chérif de Thilogne,  il avait connu beaucoup d’interprètes. Toujours est-il que le « leelé »  doit beaucoup au genre « sooraw » qui est une adaptation réussie des  poèmes chantés de antar et Umarul Qaïs, les grands poètes arabes de la  Jahiliya.</p>
<p>La beauté de la nuit, le charme des rencontres amoureuses, la  description voluptieuse de la beauté féminine, les évocations  nostalgiques de lieux auxquels va la pensée du poète…Tout cela participe  du genre « leelé » et de ses dérivés. De grands artistes ont marqué le  « leele », parmi eux feu Samba Joop, Abbullay Ceenel Faal. Aujourd’hui,  Aamadou Tammba Joop garde la flamme du renouveau.</p>
<p>Quant aux formes saisonnières qui sont aussi à classer dans le  patrimoine commun tout en se distinguant du fond statique permanent,  elles sont innombrables et d’inspiration circonstancielle. Elles  s’évanouissent en effet avec leurs auteurs et souvent avant eux. Ce sont  des œuvres qui tiennent une place marginale car elles procèdent de la  création des malankoobe (troubadours de notoriété, artistes solitaires  ou groupés au fait de la gloire) qui créent des airs nouveaux inspirés  par les chansons des jeunes filles du village qui pilent le mil en  cadence ou claquent les mains devant les lutteurs en sueur à la place  publique.</p>
<p>Bayal Samba Teen a incarné, vers les années 30, ce genre. Une  génération plus récente s’est imposée : il s’agit des Samba Di’iye Sal,  Sidi Baylel Caam, Birome Njaay, Aali Hammadi Aali, etc. de nos jours, se  sont les musiciens modernes dirigés par le leader Baaba Maal qui  perpétuent le genre en le modernisant, tout en intérgrant les autres  formes littéraires du Fuuta et d’ailleurs. Citons, entre autres : Ousman  Hammadi Joop, Ngaari Law (qui se veut l’héritier de Bayal Sammba Teen),  Demba Jah, Accaa Wele, Abuu Jubaa Deh, etc.</p>
<p>La littérature castée se retrouve essentiellement dans le fond  statique permanent qui est composé du Pekaan, le chant des Subalbe  (pêcheurs), le Gummbalaa, chant de Sebbe (guerriers), le Dillere des  Maabube (tisserands) de métier et de tradition.</p>
<p>Sammba Dooru Maabo et Umar Gafo ont été les grands interpètes du  Dilleré. Les tisserands constituent un groupe très attaché aux  « sciences occultes » lesquelles sont intimement liées à l’apprentissage  du métier. Les artisans manient leurs instruments et les formules  magiques avec la promptitude du pêcheur ou du guerrier apprêtant ses  armes. Le chanteur de Dillére inspiré et doué rend compte de ce duel  permanent entre le tisserand et son métier en y mettant tous les  ingrédients généalogiques où les cousins, forgerons, cordonniers et  bûcherons se retrouvent dans une lointaine filiation.</p>
<p>La fonction spécifique et les influences extérieures : Quelques repères- Le pekaan des subalbe (pêcheurs)</p>
<p>Le pekaan est sans contexte l’un des éléments les plus populaires de  la littérature pulaar en Afrique occidentale. Composé de longs poèmes et  des passages incantatoires pratiquement inintelligibles, récités par  les seuls initiés, le Pekaan aurait une origine ésotérique. Pour les  populations du bord du fleuve, le mystère des eaux et le caractère  troublant de quelques phénomènes fluviaux, comme l’apparition de  certains phénomènes fluviaux, comme l’apparition de certains « être  surnaturels » ou de bêtes inconnues, ne peuvent trouver qu’une  explication métaphysique. Jom Maayo, « Caammmaaba », Munu Maaya, sont  des divinités maîtresses des eaux dont il faut implorer le soutien pour  que la pêche soit bonne ou pour vaincre de Ngabu (hypopotame) ou le  Ngary Maayo (Caïman) à l’occasion de duels meutriers.</p>
<p>L’examen minutieux des incantations révèlent une forte présence de la  langue sérère et wolof. Ce qui confirme la parenté génétique des  pêcheurs du Fuuta avec ces groupes ethniques qui se trouve matérialisée  par les mêmes noms : Guèye, Gaye, Sarr, Diop, etc. Guellaay Ali Faal a  attaché son nom au Pekaan.</p>
<p>- Le gummbalaa des Sebbe</p>
<p>Le Gummbalaa est le chant de guerre des Sebbe : il jouera le même  rôle que Vaghou chez les Maures. On l’appelle aussi « Kontimpaaji » au  jimdi peyya yiiyam (chant du sang). Il se rattache historiquement au  Bawdi Alamari : (les tam-tams royaux de l’ère des satiguis peulhs  Deniyanke). C’est la littérature héroïque, avec des poèmes épiques  bellicistes. C’est le mépris de la mort et de la douleur qui est  magnifié, c’est l’hymne à la bravoure et àtoutes les formes de courages.</p>
<p>Les thèmes sont variés. Des chansons de geste dédiées à Samba Gelaajo  Jeegi l’évocation historique des conquêtes de Koli Tengela,  descriptions surréalistes de chants de bataille (Bilbassi). Là aussi  parfois d’un vocabulaire inintelligent et qui s’apparente beaucoup au  Soninké et au Bambara accrédite la thèse de l’influence mandingue dans  cette forme littéraire qui se serait développée avec les conquêtes de  Koli Tengela. Si le Gummbala est attribué aux Sebbe, il appartient  également aux Peulhs, les Sebbe étant en fait des guerriers attachés aux  dynasties peuls denianké.</p>
<p>A signaler également que les Sebbe eux-mêmes ont des laudateurs issus  de la caste des lawbé (bûcherons) qui sont les lawbé gummbalaa  (bûcherons chanteurs de gummbalaa). Le rayonnement culturel de l’empire  du Mali s’étend sur toute la Sénégambie, la Guinée et même la Mauritanie  du Nord-Est. Les influences musicales (instruments et airs musicaux) du  Mali sur les tribus Oulad Mbareck ont donné la forme définitive du Howl  maure. Les mêmes airs de guitare se jouent partout de la même façon à  Néma, Bamako, Dakar et Conakry.</p>
<p>Les Beytis ou les formes islamiques</p>
<p>Une nouvelle expression littéraire est née avec l’islamisation du  Fuuta. Les beytis et bourdis sont des poèmes religieux sermonnaires,  chantés en général par les « almaddas » à la gloire de l’Islam, du  prophète Mohamed (Sas) ou des grands saints, en particulier Cheikh Ahmed  Tidjane et El haj Oumar Tall. Le Guiri est une forme ancienne qui  inspire aujourd’hui les almoubbe Ngay (sorte d’étudiants finissants qui  composent des poèmes en l’honneur de leurs professeurs à l’occasion de  la remise des diplômes.</p>
<p>Les poèmes de Thierno Abdourahmane de Banadji dit « Thierno Boy »  sont très célèbres. Niokkane Djiby Selli est aujourd’hui un de ses  élèves les plus en vue. Mohamadou Ali Caan est un écrivain prolixe. Sa  Gacida sur El Haj Oumar comporte plus de neuf mille vers ! Cette  littérature religieuse orale ou écrite était le fait de certains  éléments fortement islamisés et pour l’essentiel appartenant à la caste  Torodo, même si elle est de fait un patrimoine commun à toutes les  castes.</p>
<p>La forme poétique est empruntée à l’arabe et à sa versification. Elle  va jusqu’à la traduction littérale de textes arabes anciens réadaptés  au contexte des haal pulaaren. L’empreinte de l’Islam sur la société  pulaar est en fait tellement accomplie que le mode de penser lui-même a  fait sien les canons de la logique dogmatique enseignée par les saintes  écritures.</p>
<p>Voilà le Fuuta Toro au carrefour des civilisations, où pour  paraphraser encore tène Youssouf Guèye, car il faut conclure, « en pays  pulaar sans doute plus qu’ailleurs, la littérature a aussi des senteurs  de terroir. L’horizon pour le rural, du Dimat au Damga, c’est le champ  de mil ou de maïs, la savane verte trois mois de l’année et drapée de  toutes les nuances de fauve le reste du temps, le fleuve si familier et  pourtant si plein de dangereuses inconnues. La nature est théâtre. Le  ciel témoigne…le poème est aussi souvenir…les airs de leele évoquent  toujours le grisaille de bancs des maisons. Cette teintée d’ocre des  vases paysages du Walo à mil, de même que l’on décèle la fraîcheur du  yarkoma dans les évocations nocturnes du Pekaan.</p>
<p>Le fantang des Peuls bergers</p>
<p>Il semble bien que le premier air transcrit en note sonore d’une  guitare serait le Fantang. C’est le chant d’un oiseau sur une branche  qui inspira le guitariste du Saygalaare. Notes épiques où les épopées  les plus célèbres de Aamadu Sam Poulel, Umarel Sawa Donde, Yero Maama,  côtoient l’évocation langoureuse de l’éternelle errance des maîtres de  troupeux devenus ça et là des propriétaires terriens ou des guerriers  redoutables fondateurs de dynasties. Sammba Taba Kali, est un Maabo  Soudu Paté qui a magnifié le Fantang. Certaines formes dérivées du  Fantang, et qui s’apparentent des formes saisonnières, ont connu de  grands moments dans la littérature peulh. Le Bodial, entre autres, a été  incarné par Mamadou Fatel Bâ.</p>
<p>Le Kéroode, ou Kéronde, est attribué aux chasseurs. Or, il n’existe  pas aujourd’hui de castes de chasseurs à proprement parler. Cette caste  aurait-elle exister ? La question reste posée. Il n’en demeure pas moins  que certains groupes socio-professionnels s’y adonnent en particulier,  notamment ceux qui sont en rapport avec la faune et pratiquent la chasse  pour se nourrir ou pour se défendre contre les fauves. Il est fréquent  de voir des villages entiers se mobiliser pour organiser des battues en  vue d’éradiquer le fléau constitué par les bêtes sauvages qui dévastent  les cultures et le bétail errant.</p>
<p>Certaines familles se spécialisent alors dans la conservation des  incantations (formes magiques) et du cri de guerre ou Kerrode qui  galvanise le chasseur et est censé le rendre invulnérable.</p>
<p>Le Naale des Jiyabe (esclaves)</p>
<p>Se sentant rejétés dans l’expression littéraire des autres castes,  les esclaves ont créé leur propre forme littéraire : le Naale. Au  départ, cette littérature ne concernait que les éléments de la caste.  Des poèmes, d’une extrême liberté, qui participe d’une forme de  littérature corrosive destinée à corriger les travers de la société qui  sont la paresse, l’égoïsme, l’avarice, etc. Tant que le Naale en restait  là, il était normal aux yeux des autres castes.</p>
<p>Mais dès qu’il commenàa à devenir révolutionnaire, en s’attaquant au  fondement même de la société castée, il était devenu un scandale. Pour  mettre fin à cette tendance, les défenseurs de l’Islam, les marabouts  décrétèrent que le Naale est un péché de même que l’utilisation du petit  tam-tam qui l’accompagne. Il y a également les castes qui sont  investies de mission en faveur d’autres castes ou de toute la communauté  dans son ensemble. C’est le cas des griots laudateurs maîtres du Yélaa,  les Lenngui et bawdi-alamari, celui des griots guitaristes. Les Lawbe  (bûcherons) sont parfois des laudateurs de Sebbe (guerriers). Ce sont  les Lawbe-Gummbala). Nous avons vu les bûcherons laudateurs des Peulhs  que sont les Maabube Suudu Paté. Il faut également citer les tisserands  laudateurs des Jawambe (caste dite des courtisans), les Mabube-jarwanbe,  à ne pas confondre avec les Mabube tisserands qui ont le Dillere comme  fonction littéraire spécifique.</p>
<p>Dans l’affectation des fonctions littéraires, il faut noter qu’il  existe des passerelles très fortes entre certains groupes comme par  exemple, nous l’avons vu, les cordonniers, les bijoutiers, les  bûcherons, les tisserands, les griots, guitaristes, mais aussi entre les  Subalbe pêcheurs et les Peulhs bergers (les Diao dalli) et entre les  Subalbe et les Sebbe guerriers (les mariages sont fréquents entre ces  deux castes).</p>
<p>Par : Ibrahima Moctar Sarr</p>
<p>Bibliographie</p>
<p style="text-align: justify;">Youssouf Guèye : Aspects de la littérature Pulaar en Afrique  Occidentale. Essais. Sakho Mamadou Dickall : La place des beyti dans la  littérature Pulaar. Mémoire de fin d’études. ENS de Nouakchott. Bâ  Moussa : L’éthique Pulaar dans la poésie du Alhajji Banal. Mémoire de  maîtrise, ENS de Nouakchott. Bâ Mohamed Daha : le Naale d’hier et  d’aujourd’hui. Mémoire de fin d’études, ENS Nouakchott. Amadou Abel Sy :  La geste Tiédo. Thèse de doctorat de 3ème cycle, Dakar, 1980. Yaya  Wane : les Toucouleurs du Fuuta Toro. IFAN, Dakar</p>
</div>
</div>
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		<title>Pr. Toka Diagana, Enseignant-Chercheur à Howard University, sur les langues nationales</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Aug 2010 22:11:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités des langues]]></category>
		<category><![CDATA[Alphabétisation et apprentissage]]></category>
		<category><![CDATA[Connaissance et savoirs]]></category>

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		<description><![CDATA[La Nouvelle Expression : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Pr. Toka Diagana : Tout d’abord, permettez-moi de vous remercier pour cette Interview qui m’offre l’occasion de parcourir avec vous l’actualité Mauritanienne dont notamment les états généraux de l’éducation qui auront lieu très prochainement. Pour en revenir à votre question, je m’appelle Toka DIAGANA [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption alignleft" style="width: 178px"><strong><em><strong><em><span><img title="Toka Diagana" src="/wp-content/Toka_Diagana.JPG" alt="Toka" width="168" height="128" /></span></em></strong></em></strong><p class="wp-caption-text">Lr Pr Toka Diagana</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>La Nouvelle Expression : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?<br />
</em></strong><br />
<strong>Pr. Toka Diagana</strong> : Tout d’abord, permettez-moi de vous remercier pour cette Interview  qui m’offre l’occasion de parcourir avec vous l’actualité Mauritanienne  dont notamment les états généraux de l’éducation qui auront lieu très  prochainement. Pour en revenir à votre question, je m’appelle Toka  DIAGANA ; je suis né à Kaédi et j’y ai passé toute mon enfance.</p>
<p style="text-align: justify;">Après  des études primaires et secondaires dans cette ville, je suis allé  faire une Maîtrise de Mathématiques à la Faculté des Sciences de Tunis  en Tunisie, puis un DEA et une Thèse de Doctorat en Mathématiques à  l’Université Claude Bernard à Lyon en France.</p>
<p style="text-align: justify;">En début 1999,  soit quelques deux mois après la soutenance de ma Thèse, Howard  University (Washington DC) m’a offert un poste d’enseignant-chercheur.  J’ai accepté l’offre malgré le défi de la langue. Je vis donc à  Washington DC depuis 10 ans et m’y plais beaucoup.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><span style="color: #660000;">LNE : Pourquoi avez – vous choisi l’étranger pour votre carrière et non votre pays qui a tant besoin de vous ? </span><br />
</em></strong><br />
<strong>Pr. T D</strong> : On a tendance à négliger cette question; elle est cependant très  importante car elle englobe implicitement plusieurs autres questions  sous jacentes d’une grande portée dont notamment celle relative au  sacrifice consenti par le contribuable et l’état mauritanien pour  prendre en charge le coût de nos études à l’étranger, celles-ci étant  très souvent étalées sur de nombreuses années. Pour répondre précisément  à votre question, permettez-moi de restituer les événements tels qu’ils  apparaissaient à l’époque ; c’est à dire à la fin de mes études à Lyon.</p>
<p style="text-align: justify;">Peu après la soutenance de ma Thèse de Doctorat, il fallait  choisir entre trois possibilités dont deux moins bonnes et une moins  mauvaise. Il s’agissait donc soit de rester en France sachant que la  probabilité de trouver un poste à l’université était quasi-nulle pour  plusieurs raisons que je ne vais évoquer ici; soit rentrer en Mauritanie  sachant qu’à l’époque l’Université de Nouakchott ne recrutait pas; soit  finalement m’expatrier ailleurs, notamment aux USA ou j’avais une offre  ferme d’emploi à Howard University à Washington D.C.</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’auriez-vous  fait à ma place ? Naturellement je sens parfois une certaine  culpabilité ; celle de ne pas rendre directement au peuple mauritanien,  le sacrifice consenti pour mon éducation en Tunisie et en France.  Certainement que j’aurais fait un autre choix, s’il y avait des postes  ouverts à l’université de Nouakchott à l’époque; d’ailleurs j’étais  personnellement allé jauger le terrain quelques mois avant mon départ  pour les USA.</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs générations de mauritaniens, hélas, ont  eu, et auront à faire un choix similaire au mien. Cependant, si notre  pays offrait des opportunités réelles d’emplois stables et bien  rémunérés à ses enfants, je suis certain que beaucoup prendraient sans  hésiter le chemin du retour au bercail.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le même registre,  j’en profite pour rappeler à nos autorités actuelles qu’au moment où se  déroule cette Interview, plusieurs hauts cadres mauritaniens expatriés  ne souhaitent qu’à rentrer pour servir leur pays. De nombreuses  contraintes et pesanteurs administratives telles que le problème de la  limite d’âge les en empêchent.</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis cosignataire d’un  document récent avec quelques compatriotes aussi bien de l’intérieur que  de la diaspora, dont quelques universitaires, dans lequel nous  demandons l’abrogation pure et simple des textes relatifs à la question  de la limite d’âge pour tous les recrutements qui ont lieu au sein de  l’Enseignement supérieur. Nous espérons être entendus par les autorités  actuelles. C’est un problème qui mérite une grande attention de notre  administration, si l’on veut vraiment une plus grande participation des  compatriotes qualifiés au développement de notre cher pays. J’espère que  les autorités agiront très vite sur ce dossier important.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><span style="color: #660000;">LNE : Quelle analyse faites-vous du système éducatif mauritanien ?</span><br />
</em></strong><br />
<strong>Pr. T D </strong>:  Le diagnostic est celui d’un système éducatif défaillant qui a montré  ses limites. L’École publique est moribonde. Elle se voit déjà  supplantée par l’École Privée. Que cette dernière soit dans une bonne  posture en ce moment est en soi une très bonne chose. Cependant, qu’elle  puisse à petits feux phagocyter l’École publique peut conduire à une  situation perverse dans la mesure où la quasi-totalité des mauritaniens  ne peuvent affronter les couts de l’École Privée.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces deux  Écoles doivent se compléter, cohabiter harmonieusement pour mieux former  notre élite de demain. Par conséquent, il appartient aux autorités  actuelles de faire un pari sur l’école publique en la réformant en  profondeur de sorte qu’elle puisse non seulement mieux servir tous les  mauritaniens sans distinction aucune mais aussi qu’elle soit plus  compétitive face à l’école privé.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne prétends nullement avoir  la science infuse en la matière, mais j’ai modestement quelques  suggestions qui, j’espère enrichiront les débats qui auront lieu lors  des prochains états généraux de l’éducation. Mes suggestions sont un  ensemble d’idées pouvant aider à bâtir un système éducatif très  compétitif, lequel serait ouvert non seulement à tous les mauritaniens  mais aussi au monde extérieur.<br />
Je ferais l’économie des détails dans cet exposé, si vous me le  permettez. Il faut que nos élèves soient bien préparés pour relever le  défi de la mondialisation. Ceci doit être la priorité de nos autorités.  Il ne sert a rien de concevoir un nouveau système qui a priori n’est pas  ouvert au monde dont notamment nos partenaires privilégiés en matière  d’éducation. De plus, c’est ma conviction que toute réforme du système  éducatif actuel doit nécessairement prendre en compte l’histoire et le  caractère multiculturel de la Mauritanie. Ainsi je propose :</p>
<p style="text-align: justify;">I &#8211; La création de deux filières bilingues (Primaire et Secondaire)</p>
<p style="text-align: justify;">(a) Une arabisante : avec 85-90% d’arabe + 10-15% (d’anglais + français) obligatoire</p>
<p style="text-align: justify;">(b) Une francisante : avec 85-90% de français + 10-15% (d’arabe + anglais) obligatoire</p>
<p style="text-align: justify;">II &#8211; La réouverture de l’Institut des Langues.</p>
<p style="text-align: justify;">III – La transformation de l’Institut des Langues en un Centre de recherche pour les langues nationales.</p>
<p style="text-align: justify;">IV &#8211; L’ enseignement optionnel des langues nationales à l’université</p>
<p style="text-align: justify;">V – La création de deux filières pseudo bilingues (niveau universitaire)</p>
<p style="text-align: justify;">(a) Une arabisante : avec 85 % d’arabe + 10 d’anglais + 5% de français OU une langue nationale</p>
<p style="text-align: justify;">(b) Une francisante : avec 85 % de français + 10% anglais + 5% d’arabe OU une langue nationale</p>
<p style="text-align: justify;">La  constance dans mes propositions consiste à mettre l’élève au cœur de la  nouvelle reforme du système éducatif et en particulier le laisser  choisir son avenir que de décider à sa place. Ainsi, l’élève qui  souhaite être arabisant doit pouvoir l’être à fond ; de même celui qui  souhaite être francisant doit « avoir le droit » de l’être et en toute  liberté. Pourquoi a-t-on si peur de laisser le soin à l’élève et à ses  parents de choisir pour son avenir ? Cela se fait dans plusieurs pays.  Par ailleurs, il est évident que la liberté de choisir s’avère toujours  plus productive que la contrainte. Et c’est la Mauritanie qui en  sortirait gagnante !</p>
<p style="text-align: justify;">Cette politique de choix au sein du système  éducatif que je propose doit certainement être homologuée avec un  bilinguisme de nécessité et de raison au sein de toute l’administration  mauritanienne. L’idée consiste à rendre obligatoire la pratique et le  principe de la traduction au sein de toute l’administration. J’aime bien  le système Canadien. J’ai visite ce pays en 1998 et j’ai bien aime leur  modèle de cohabitation entre le français et l’anglais ; ca marche.  Méditons ce qui se passe autour de nous.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai fait mon premier  et second cycle universitaire en Tunisie ; un pays Arabo-Berbère.  Pourtant tous mes cours à la faculté des sciences de Tunis étaient en  Français. Est-ce par amour pour le français ou à la limite une  détestation de l’arabe que les tunisiens ont adopté ce système?  Certainement pas ! Bien sur que l’histoire coloniale de ce pays est là  mais une chose est certaine, les tunisiens sont tout simplement comme  les américains ; c’est à dire des pragmatiques et ouverts sur le monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour  preuve ; ce pays malgré une superficie extrêmement limitée et un  sous-sol pas très généreux n’a aujourd’hui rien à envier à beaucoup de  pays dits développés. Méditions le cas tunisien. Méditons ce qui se  passe en Belgique, au Canada, en Suisse et ailleurs dans le monde en  matière de bilinguisme, de tolérance linguistique et de  multi-culturalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Ne nous leurrons pas; l’anglais est la langue  de l’avenir. D’ailleurs dans beaucoup de pays arabes, l’anglais reste  incontournable. On s’y sent perdu si on ne connaît pas la langue de  Shakespeare. J’ai beaucoup d’amis et collègues au Moyen-Orient ; après  le « labbas » habituel, nous communiquons en anglais. Au-delà de ces  considérations ; il est un fait indéniable: l’anglais est de facto la  langue de la science et des communications internationales. Par  conséquent, cette langue doit retrouver toute la place qui lui sied au  sein de notre Université.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n’y a pas de raison que le Pulaar,  le Swahili, le Yuruba, le Soninké et le Wolof soient enseignés dans  plusieurs universités américaines (Columbia University, Indiana  University, University of Wisconsin, Howard University, Morgan State  University,&#8230;etc.) et qu’elles ne le soient pas dans nos universités et  en particulier à l’Université de Nouakchott. Bien qu’étant un fervent  défenseur de l’enseignement des langues nationales je ne pense pas que  l’on soit au stade ou on peut dire ; oui, je peux enseigner de la «  Topologie algébrique » ou de la « Microbiologie » en pulaar, soninké ou  wolof.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour cela nous devons développer ces langues par le biais  de la recherche fondamentale. Soyons un peu réalistes si l’on ne veut  pas encore sacrifier d’autres carrières comme ce fut le cas d’une de mes  petites sœurs. Je propose néanmoins que l’enseignement de ces langues  soit optionnel au niveau universitaire. Commençons par le début ; c’est à  dire faire de la recherche fondamentale dans les langues nationales.<br />
Je profite de cette tribune pour rendre un vibrant hommage à mon vieil  ami Ibrahima Sarr (Le Havre, France) pour le travail de recherche  extraordinaire qu’il est entrain mener à travers PULAAGU :  www.pulaagu.com. Ce sont des exemples comme celui-ci qu’il nous faut.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><span style="color: #660000;">LNE : Et le niveau des étudiants Mauritaniens à travers les différentes réformes. Qu&#8217;en dites-vous ?</span><br />
</em></strong><br />
Le  principe des vases communicants s’applique absolument à cette  situation. Oui, nos étudiants n’y échapperont pas. Il faut absolument  réparer ce système éducatif sans tarder sinon nous allons dans le mur et  pour quelques décennies au moins. L’état doit faire un pari sur  l’éducation ; c’est impératif. Notre salut passera par un système  éducatif compétitif et ouvert sur le monde. La jeunesse mauritanienne  pour retrouver sa place dans un monde globalisé aura à compétir avec  l’américain, le suédois, le chinois, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est donc absolument  nécessaire de l’y préparer. Par ailleurs, il est temps que l’on  comprenne que tout investissement dans le domaine de l’éducation n’est  pas de l’argent jeté par la fenêtre mais plutôt un investissement à long  terme sur l’avenir du pays. Je rêve de voir l’Université de Nouakchott  devenir un pôle de recherche par excellence, entre le Maghreb et  l’Afrique Noire. Un rêve raisonnable, réalisable, s’il repose sur un  système éducatif compétitif, ouvert sur le monde et soutenu par des  investissements conséquents.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #660000;"><strong>LNE :  Vous suivez l’actualité Mauritanienne. Quel est votre sentiment relatif à  la problématique de l’arabisation qui fait encore surface ?</strong></span><br />
</em><br />
<strong>Pr. T D</strong> : Regrettable et prévisible bien entendu, car la question identitaire  dans notre pays a toujours été escamotée, jamais réglée. Je pense qu’il  faut absolument dépassionner ce débat et se mettre à table pour des  discutions sereines, constructives, dans la fraternité et l’intérêt  général. Tant que nous n’aurions pas réglé ces malentendus, ils  continueront à nous hanter et à diviser plusieurs générations de  Mauritaniens.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme je l’ai écrit récemment, vouloir arabiser la  Mauritanie comme si elle n’était exclusivement composée que  d’Arabo-Berbère est une grave erreur qui à coup sur aura des  conséquences, notamment sur l’unité du pays. Nous traversons une  situation socio-économique difficile.<br />
Des défis majeurs de nature transfrontalière tels que l’insécurité et le  terrorisme international nous menacent. Nous ne pouvons nous payer le  luxe de la division sociale et interethnique. Certainement pas. Ce ne  sera que dans l’unité, la cohésion sociale, la tolérance et le respect  de l’autre que nous pourrons relever ces défis avec succès et construire  une nouvelle Mauritanie unie, réconciliée et prospère.<br />
<span style="color: #660000;"><br />
</span><strong><em><span style="color: #660000;">LNE : Quelle solution linguistique préconisez – vous pour votre pays, la Mauritanie ?</span><br />
</em></strong><br />
<strong>Pr. T D</strong> : Je n’ai pas de solution miracle ; il faut reconnaître aussi qu’il  s’agit là d’un problème très complexe. Cependant, je pense que l’on  pourrait explorer par exemple les voies d’un bilinguisme de nécessité et  de raison. Méditons sur ce qui se passe autour de nous et cela, sans  passions. Ce pays n’a pas d’avenir s’il reste divisé. Encore une fois,  notre salut est d’abord dans l’unité, et seulement dans l’unité.<br />
<span style="color: #660000;"><strong><br />
<em>LNE : Comment après un demi siècle d’indépendance la Mauritanie continue à se chercher une identité linguistique ?</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pr. T D </strong>:  Je crois que cette question n’a jamais fait l’objet d’un débat sérieux;  c’est pourquoi nous en récoltons les pots cassés aujourd’hui. C’est une  question complexe et multidimensionnelle qui mérite d’être débattue  sérieusement et réglée une fois pour toute ; loin de toute passion et  d’extremisme. Sinon, elle ne cessera jamais de remettre en cause les  équilibres et dynamiques socioculturelles du pays. Je fais confiance à  la sagesse du peuple Mauritanien pour une solution consensuelle, et  équitable pour tous.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #660000;"><strong>LNE : A quand le retour au pays dans la fonction publique ?</strong></span><br />
</em><br />
<strong>Pr. T D</strong> : J’y pense beaucoup. Mais pour l’instant disons: Inchallah !</p>
<p style="text-align: justify;">Propos recueillis par <strong>Seydi Moussa Camara</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>(Source: CRIDEM)<br />
</strong></p>
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		<title>Lettre d&#8217;Amadou Hampâté Ba (1901-1991) adressée à la jeunesse africaine</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Aug 2010 15:14:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Connaissance et savoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire des peuls]]></category>
		<category><![CDATA[La langue pulaar/fulfulde]]></category>
		<category><![CDATA[Société peule]]></category>

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		<description><![CDATA[Mes chers cadets, Celui qui vous parle est l`un des premiers nés du vingtième siècle. Il a donc vécu bien longtemps et, comme vous l`imaginez, vu et entendu beaucoup de choses de par le vaste monde. Il ne prétend pas pour autant être un maître en quoi que ce soit. Avant tout, il s`est voulu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption alignleft" style="width: 212px"><img class="   " style="margin: 5px;" title="Amadou Hampate" src="http://www.blog-pulaagu.com/wp-content/hampaate_bandw.jpg" alt="Amadou Hampate" width="202" height="235" /><p class="wp-caption-text">Amadou Hampaté Ba (1901-1991</p></div>
<p style="text-align: justify;">Mes chers cadets,</p>
<p style="text-align: justify;">Celui qui vous parle est l`un des premiers nés du vingtième siècle. Il a donc vécu bien longtemps et, comme vous l`imaginez, vu et entendu beaucoup de choses de par le vaste monde. Il ne prétend pas pour autant être un maître en quoi que ce soit. Avant tout, il s`est voulu un éternel chercheur, un éternel élève, et aujourd`hui encore sa soif d`apprendre est aussi vive qu`aux premiers jours.</p>
<p style="text-align: justify;">Il a commencé par chercher en lui-même, se donnant beaucoup de peine pour se découvrir et se bien connaître en son prochain et l`aimer en conséquence. Il souhaiterait que chacun de vous en fasse autant.</p>
<p style="text-align: justify;">Après cette quête difficile, il entreprit de nombreux voyage à travers le monde : Afrique, Proche-Orient, Europe, Amérique. En élève sans complexe ni préjugés, il sollicita l`enseignement de tous les maîtres et tous les sages qu`il lui fut donné de rencontrer. Il se mit docilement leur à écoute. Il enregistra fidèlement leurs dires et analysa objectivement leur leçon, afin de bien comprendre les différents aspects de leur comportement. Bref, il s`efforça toujours de comprendre les hommes, car le grand problème de la vie, c`est la MUTUELLE COMPREHENSION.</p>
<p style="text-align: justify;">Certes, qu`il s`agisse des individus, des nations, des races ou des cultures, nous sommes tous différents les uns les autres ; Mais nous avons tous quelque chose de semblable aussi, et c`est cela qu`il faut chercher pour pouvoir se reconnaître en l`autre et dialoguer avec lui. Alors, nos différences, au lieu de nous séparer, deviendront complémentaires et sources d`enrichissement mutuel.<span id="more-257"></span>De même que la beauté d`un tapis tient à la variété de ses couleurs, la diversité des hommes, des cultures et des civilisations fait la beauté et la richesse du monde. Combien ennuyeux et monotone serait un monde uniforme où tous les hommes, calqués sur un même modèle, penseraient et vivraient de la même façon ! N`ayant plus rien à découvrir chez les autres, comment s`enrichirait-on soi-même ?</p>
<p style="text-align: justify;">A notre époque si grosse de menaces de toutes sortes, les hommes doivent mettre l`accent non plus sur ce qui les sépare, mais sur ce qu`ils ont de commun, dans le respect de l`identité de chacun. La rencontre et l`écoute de l`autre sont toujours plus enrichissantes, même pour l`épanouissement de sa propre identité, que les conflits ou les discussions stériles pour imposer son propre point de vue. Un vieux maître d`Afrique disait : il y a &nbsp;&raquo; ma &nbsp;&raquo; vérité et &nbsp;&raquo; ta &nbsp;&raquo; vérité, qui ne se rencontreront jamais. &nbsp;&raquo; LA &nbsp;&raquo; Vérité se trouve au milieu. Pour s`en approcher, chacun doit se dégager un peu de &nbsp;&raquo; sa &nbsp;&raquo; vérité pour faire un pas vers l`autre…</p>
<p style="text-align: justify;">Jeunes gens, derniers-nés du vingtième siècle, vous vivez à une époque à la fois effrayante par les menaces qu`elle fait peser sur l`humanité et passionnante par les possibilités qu`elle ouvre dans le domaine des connaissances et de la communication entre les hommes. La génération du vingt et unième siècle connaître une fantastique rencontre de races et d`idées. Selon la façon dont elle assimilera ce phénomène, elle assurera sa survie ou provoquera sa destruction par des conflits meurtriers.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce monde moderne, personne ne peut plus se réfugier dans sa tour d`ivoire. Tous les Etats, qu`ils soient forts ou faibles, riches ou pauvres, sont désormais interdépendants, ne serait-ce que sur le plan économique ou face aux dangers d`une guerre internationale. Qu`ils le veuillent ou non, les hommes sont embarqués sur un même radeau : qu`un ouragan se lève, et tout le monde sera menacé à la fois. Ne vaut-il pas mieux avant qu`il ne soit trop tard ?</p>
<p style="text-align: justify;">L`interdépendance même des Etats impose une complémentarité indispensable des hommes et des cultures. De nos jours, l`humanité est comme une grande usine où l`on travaille à la chaîne : Chaque pièce, petite ou grande, a un rôle défini à jouer qui peut conditionner la bonne marche de toute l`usine.</p>
<p style="text-align: justify;">Actuellement, en règle générale, les blocs d`intérêt s`affrontent et se déchirent. Il vous appartiendra peut-être, ô jeunes gens, de faire émerger peu à peu un nouvel état d`esprits, d`avantage orienté vers la complémentarité et la solidarité, tant individuelle qu`internationale. Ce sera la condition de la paix, sans laquelle, il ne saurait y avoir de développement.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me tourne maintenant vers vous, jeunes africains noirs. Peut-être certains d`entre vous se demandent-ils si nos pères avaient une culture, puisqu`ils n`ont pas laissé de livre ? Ceux qui furent pendant si longtemps nos maîtres à vivre et à penser n`ont-ils pas presque réussi à nous faire croire qu`un peuple sans écriture est un peuple sans culture ? Mais, il est vrai que le premier soin de tout colonisateur quel qu`il soit (à toutes les époques et d`où qu`il vienne) a toujours été de défricher vigoureusement le terrain et d`en arracher les cultures locales afin de pouvoir y semer à l`aise ses propres valeurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Heureusement, grâce à l`action de chercheurs tant africains qu`européens, les opinions ont évolué en ce domaine et l`on reconnaître aujourd`hui que les cultures orales sont des sources authentiques de connaissances et de civilisation. La parole n`est-elle pas, de toute façon, mère de l`écrit, et ce dernier n`est-il pas autre chose qu`une sorte de photographie du savoir et de la pensée humaine ?</p>
<p style="text-align: justify;">Les peuples de race noire n`étant pas des peuples d`écriture ont développé l`art de la parole d`une manière toute spéciale. Pour n`être pas écrite, leur littérature n`en est pas moins belle. Combien de poèmes, d`épopées, de récits historiques et chevaleresques, de contes didactiques, de mythes et de légendes au verbe admirable se sont ainsi transmis à travers les siècles, fidèlement portés par la mémoire prodigieuse des hommes de l`oralité, passionnément épris de beau langage et presque tous poèmes !</p>
<p style="text-align: justify;">De toute cette richesse littérature en perpétuelle création, seule une petite partie a commencé d`être traduite et exploitée. Un vaste travail de récolte reste encore à faire auprès de ceux qui sont les derniers dépositaires de cet héritage ancestral hélas en passe de disparaître. Quelle tâche exaltante pour ceux d`entre vous qui voudront s`y consacrer !</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la culture, ce n`est pas seulement la littérature orale ou écrite, c`est aussi et surtout un art de vivre, une façon particulière de se comporter vis-à-vis de soi-même, de ses semblables et de tout le milieu naturel ambiant. C`est une façon particulière de comprendre la place et le rôle de l`homme au sein de la création.</p>
<p style="text-align: justify;">La civilisation traditionnelle (je parle surtout de l`Afrique de la savane au Sud du Sahara, que je connais plus particulièrement) était avant tout une civilisation de responsabilité et de solidarité à tous les niveaux. En aucun cas un homme, quel qu`il soit, n`était isolé. Jamais on n`aurait laissé une femme, un enfant, un malade ou un vieillard vivre en marge de la société, comme une pièce détachés. On lui trouvait toujours une place au sein de la grande famille africaine, où même l`étranger de passage trouvait gîte et nourriture. L`esprit communautaire et le sens du partage présidaient à tous les rapports humains. Le plat de riz, si modeste fût-il, était ouvert à tous.</p>
<p style="text-align: justify;">L`homme s`identifiait à sa parole, qui était sacrée. Le plus souvent, les conflits se réglaient pacifiquement grâce à la &nbsp;&raquo; palabre &nbsp;&raquo; : &nbsp;&raquo; Se réunir pour discuter &laquo;&nbsp;, dit l`adage, &nbsp;&raquo; c`est mettre tout le monde à l`aise et éviter la discorde &laquo;&nbsp;. Les vieux, arbitres respectés, veillaient au maintien de la paix dans le village. &nbsp;&raquo; Paix &laquo;&nbsp;, &nbsp;&raquo; La paix seulement ! &laquo;&nbsp;, Sont les formules-clé de toutes les salutations et des religions traditionnelles était l`acquisition, par chaque individu, d`une totale maîtrise de soi et d`une paix extérieure. C`est dans la paix et dans la paix seulement que l`homme peut construire et développer la société, alors que la guerre ruine en quelques jours ce que l`on a mis des siècles à bâtir.</p>
<p style="text-align: justify;">L`homme était également considéré comme responsable de l`équilibre du monde naturel environnant. Il lui était interdit de couper un arbre sans raison, de tuer un animal sans motif valable. La terre n`était pas sa propriété, mais au dépôt sacré confié par le créateur et dont il n`était que le gérant. Voilà une notion qui prend aujourd`hui toute sa signification si l`on songe à la légèreté avec laquelle les hommes de notre temps épuisent les richesses de la planète et détruisent ses équilibres naturels.</p>
<p style="text-align: justify;">Certes, comme toute société humaine, la société africaine avait aussi ses tares, ses excès et ses faiblesses. C`est à vous jeunes gens et jeunes filles, adultes de demain, qu`il appartiendra de laisser disparaître d`elles-mêmes les coutumes abusives, tout en sachant préserver les valeurs traditionnelles positives. La vie humaine est comme un grand arbre et chaque génération est comme un jardinier. Le bon jardinier n`est pas celui qui déracine, mais celui qui, le moment venu, sait élaguer les branches mortes et, au besoin, procéder judicieusement à des greffes utiles. Couper le tronc serait se suicider, renoncer à sa personnalité propre pour endosser artificiellement celle des autres, sans y parvenir jamais tout à fait. Là encore, souvenons-nous de l`adage : &nbsp;&raquo; il flottera peut-être, mais jamais il ne deviendra caïman ! &laquo;&nbsp;.</p>
<p style="text-align: justify;">Soyez, jeunes gens, ce bon jardinier qui sait que, pour croître en hauteur et étendre ces branches dans les directions de l’espace, un arbre a besoin de profondes et puissantes racines. Ainsi enracinés en vous-mêmes vous pouvez sans crainte et sans dommage ouvrir vers l`extérieur, à la fois pour donner et pour recevoir.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ce vaste travail, deux outils vous sont indispensables : tout d`abord, l`approfondissement et la préservation de vos langues maternelles, véhicules irremplaçables de nos cultures spécifiques ; ensuite, la parfaite connaissance de la langue héritée de la colonisation (pour nous la langue française), tout aussi irremplaçable, non seulement pour permettre aux différentes ethnies africaines de communiquer entre elles et de se mieux connaître, mais aussi pour nous ouvrir sur l`extérieur et nous permettre de dialoguer avec les cultures du monde entier.</p>
<p style="text-align: justify;">Jeunes gens d`Afrique et du monde, le destin a voulu qu`en cette fin de vingtième siècle, à l`aube d`une ère nouvelle, vous soyez comme un pont jeté entre deux mondes : celui du passé, où de vieilles civilisations n`aspirent qu`à vous léguer leurs trésors avant de disparaître, et celui de l`avenir, plein d`incertitudes et de difficultés, certes, mais riche aussi d`aventures nouvelles et d`expériences passionnantes. Il vous appartient de relever le défi et de faire en sorte qu`il y ait, non rupture mutilante, mais continuation sereine et fécondation d`une époque par l`autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les tourbillons qui vous emporteront, souvenez-vous de nos vieilles valeurs de communauté, de solidarité et de partage. Et si vous avez la chance d`avoir un plat de riz, ne le mangez pas tout seul !</p>
<p style="text-align: justify;">Si les conflits vous menacent, souvenez-vous des vertus du dialogue et de la palabre !</p>
<p style="text-align: justify;">Et lorsque vous voulez vous employez, au lieu de consacrer toutes vos énergies à des travaux stériles et improductifs, pensez à revenir vers notre Mère la terre, notre seule vraie richesse, et donnez-lui tous vos soins afin que l`on puisse en tirer de quoi nourrir tous les hommes. Bref, soyez au service de la vie, sous tous ses aspects !</p>
<p style="text-align: justify;">Certains d`entre vous diront peut-être : &nbsp;&raquo; c`est trop nous demander ! Une telle tâche nous dépasse ! &laquo;&nbsp;. Permettez au vieil homme que je suis de vous confier un secret : de même qu`il n`y a pas de &nbsp;&raquo; petit incendie (tout dépend de la nature du combustible rencontré), il n`y a pas de petit effort. Tout effort compte, et l`on ne sait jamais, au départ de quelle action apparemment modeste sortira l`événement qui changera la face des choses. N`oubliez pas que le roi des arbres de la savane, le puissant et majestueux baobab, sort d`une graine qui, au départ, n`est pas plus grosse qu`un tout petit grain de café…</p>
<p style="text-align: justify;">Amadou Hampaté BA 1985</p>
<p style="text-align: justify;">(Nous remercions Dian Diallo de Jamaa Tabital pour l&#8217;envoi de ce texte)</p>
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		<title>Boghé, La formation des Formateurs en Langue Pulaar et Wolof pour les Wilayas du Guidimaka&#8230; &#8230;Gorgol,Assaba, Brakna et Trarza se poursuit.</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Aug 2010 21:26:29 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Actualités des langues]]></category>
		<category><![CDATA[Alphabétisation et apprentissage]]></category>

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		<description><![CDATA[Le centre de formation des producteurs ruraux à Boghé abrite depuis le 26 juillet jusqu’au 9 août 2010, une session de formation des Formateurs en langue Pulaar et Wolof. C’est dans le cadre de réinsertion des rapatriés dans la vie active des Mauritaniens. Cette formation est au profit de 30 Moniteurs venant des cinq Wilayas. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" style="margin: 5px 6px;" title="image" src="http://www.dunemainalautre.com/images/11site/19%20fev%20Mission2.jpg" alt="image" width="219" height="164" />Le centre de formation des producteurs ruraux à Boghé abrite depuis le  26 juillet jusqu’au 9 août 2010, une session de formation des Formateurs  en langue Pulaar et Wolof. C’est dans le cadre de réinsertion des  rapatriés dans la vie active des Mauritaniens. Cette formation est au  profit de 30 Moniteurs venant des cinq Wilayas.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans L’Assaba trois moniteurs : Kankossa, Woringuel, Gourel Fally,  pour Guidimaka deux moniteurs de Sélibaly et Diam Diam., le Gorgol  présente 5 moniteurs Bowel, Tinaly, Garly, Gourel Gobi, et Civet, le  Trarza a 7 moniteurs Gani( Wolof), Thiambéne, Toulel, PK3, PK6, Diegnane  et Tounguene. <span id="more-252"></span><br />
En fin pour le Brakna 14 moniteurs répartis dans les sites  suivants : Goural, lobudou, Dara Salam, Kadiel Abou, Dounguél, Bour,  Wouro Aly Guélél, Belel Ourguél, Wendou Edy, Arwa, Bababé, Diandée,  Houdalaye, Boyguel Thilé.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette formation est supervisée par Mr Diop Ahmedou Alassane, la  durée est de 15 jours, c’est un programme de UNHCR/ INTERSOS. Ces  moniteurs des différentes Wilayas sont formés et reçoivent la langue  Pulaar proprement dite, apprennent la grammaire, la lecture, l’écriture,  l’orthographe par le Professeur Sall Amadou, en Mathématiques par Mr Bâ  Bocar, en Wolof la formation de cette langue est assurée par le  Professeur Mane Kani M’bass et l’andragogie (pédagogie des adultes) est  dirigée par le Professeur Adama Sy. Une fois la formation terminée, ces  moniteurs deviendront dans leurs sites respectifs des Formateurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Les enfants rapatriés ont bénéficié des cours de rattrapes en  Arabe et en étroite collaboration avec les DREN et les IDN de ces cinq  wilayas. Rappelons que ces deux ONG (UNHCR et INTERSOS) ont déjà réalisé  dans les sites des rapatriés deux boucheries modernes et une boucherie  moderne au Trarza plus d’autres boucheries traditionnelles,des centres  de jeunes et l’appui à l’agriculture des motopompes, injecté des Fonds  de solidarité : AGR, des reventes de gaz, des formations en petits  métiers c’est à dire des formations en teinture, couture et boulangerie.  Enfin, ces Formateurs sont tous de l’ONG ESD (ensemble pour le  Développement et la solidarité).</p>
<p>source: Diop Mohamedou Abou dit Hbodiel CP au Brakna<br />
Le Véridique</p>
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		<title>Les langues nationales à L’Assemblée Nationale</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Jul 2010 19:00:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités des langues]]></category>
		<category><![CDATA[Multimédia et Internet]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie du pulaagu]]></category>
		<category><![CDATA[dekaalem]]></category>
		<category><![CDATA[langues nationales]]></category>
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		<category><![CDATA[variétés dialectales]]></category>

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		<description><![CDATA[La question des langues refait débat une fois de plus en Mauritanie. Depuis la réponse acerbe  adressée par le chef du gouvernement à un journaliste demandant de résumer des propos tenus en Arabe, en français:   » Que voulez – vous, la Mauritanie est un pays arabe », les langues se délient. Voici ce qu’en pensait feu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<div class="wp-caption alignleft" style="width: 218px"><img title="Mourtoudo" src="http://www.pulaagu.com/images/stories/pulaar_articles_3/murtudo_11_korse10_intro.JPG" alt="Le Professeur Mourtoudo diop" width="208" height="150" /><p class="wp-caption-text">Le Professeur Mourtoudo diop</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>La question des langues refait débat une fois de plus en  Mauritanie. Depuis la réponse acerbe  adressée par le chef du  gouvernement à un journaliste demandant de résumer des propos tenus en  Arabe, en français:   » Que voulez – vous, la Mauritanie est un pays  arabe », les langues se délient. Voici ce qu’en pensait feu Docteur  Moutoudo Diop qui avait défendu jusqu’à la fin de sa vie le  développement et la cohabitation des langues nationales en Mauritanie.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>La langue est l’élément fondamental qui différencie l’homme de  l’animal. Elle est un instrument de communication, d’identification et  de transmission de connaissances. Elle est une clé sociale.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans plusieurs pays, elle a été utilisée comme un moyen de domination  raciale, religieuse et d’assimilation culturelle. La résistance contre  l’oppression culturelle, la périphérisation des minorités nationales ont  engendré des luttes épiques. La formation des états nations de l’Europe  de l’Est, de l’Ouest, en Amérique et d’ailleurs a provoqué souvent des  affrontements sanglants.<span id="more-243"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Tuer une langue qui exprime le génie de son peuple, c’est priver son  peuple de son âme. C’est un crime contre l’humanité. La Mauritanie,  située à la lisière du monde Arabe et de l’Afrique Noire, est un Etat  biracial et pluri ethniques où ses différentes nationalités ont, depuis  plusieurs siècles, créé des relations tantôt pacifiques, tantôt  conflictuelles dans des célèbres Empires tels que le Ghana, le Tekrour,  le Mali, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette cohabitation a permis un malaxage culturel et biologique. Le  Pulaar, le Hassanya, le Sooninké et le Ouolof  ont été et le sont encore  des instruments de communication inter ethniques. Au départ, la langue  Arabe n’était maîtrisée que par une minorité d’intellectuels motivés par  la diffusion de la religion islamique.</p>
<p style="text-align: justify;">Nos populations ont préservé leur unité dans cet espace autrefois  appelé Gangari par le dialogue, la tolérance, la solidarité et le  respect de la différenc</p>
<p style="text-align: justify;">L’Europe capitaliste en expansion industrielle et économique, qui  avait besoin de matières premières et une main-d’œuvre faciles pour  assurer sa survie s’est dotée des moyens militaires pour dominer le  monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette colonisation qui a duré  presque deux siècles ne s’est pas  contentée  du pillage de nos richesses mais a déstructuré nos sociétés, a  imposé ses valeurs culturelles, les travaux forcés, a réduit notre  démographie à travers un système esclavagiste infâme.</p>
<p style="text-align: justify;">Les langues de colonisation, le Français, l’Anglais, le Portugais,  l’Espagnol, et même l’Allemand ont été le soubassement d’une éducation  extravertie qui ne visait qu’à former les auxiliaires de l’ordre  colonial qui avaient manifestement ignoré nos langues nationales.</p>
<p style="text-align: justify;">A l’école primaire, le symbole était introduit. C’était un instrument  de punition que l’on remettait à tout élève, qui, par inadvertance,  parlait sa langue maternelle dans les lieux scolaires. Le dernier élève  qui le détenait le soir, avant la fermeture des classes, était rudement  châtié.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce système éducatif a créé des hommes mutilés, diminués, aliénés et  déracinés qui bafouèrent leurs cultures, qui aspirèrent intensément à  s’européaniser. Ils finirent par ne devenir ni Africains ni Européens.</p>
<p style="text-align: justify;">Après la deuxième guerre mondiale, les mouvements de libération  nationale se sont propagés en Afrique, en Asie et ailleurs. Une partie  de cette intelligentsia telle Gandhi, Ho Chi Min, Norodom Sihanouk,  Nehru, Bourguiba, Ben Bella, Nasser, Houphouët Boigny, Lumumba, Mahjmout  Diop, Um Niobé, Barthélémy Boganda, et tant d’autres, accélérèrent le  processus de décomposition coloniale. La nécessité de communiquer avec  les populations les fit découvrir l’importance des langues nationales  dans le processus de développement.</p>
<p style="text-align: justify;">Amilcar Cabral rédigea le livre célèbre appelé <strong>l’Arme de la  Théorie</strong> pour sensibiliser sur l’aspect concomitant de la  culture et de la politique. Le savant Cheikh Anta Diop, dans son livre  Nations Nègres et Cultures, a analysé d’une manière pertinente et  convaincante l’utilité de nos langues nationales qui, aussi, en un  moment donné de l’évolution, ont été à la base des civilisations de  l’humanité, compte tenu du lien génétique et grammatical qui existe  entre elles et l’égyptien ancien, la langue des Pharaons.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est Mlle Lilian Hamburger Historienne française qui avait fait  cette découverte en comparant l’égyptien ancien aux langues africaines.  Pour elle, le Pulaar est le plus proche de l’égyptien ancien à cause de  ses 28 classes nominales qui peuvent servir d’articles, de pronoms,  d’adjectifs, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle a mis en relief d’autres exemples pour appuyer sa thèse. Cheikh  Anta Diop s’est référé sur ces travaux pour rédiger son livre appelé  Parenté Génétique du Ouolof et de l’Egyptien Ancien. L’Egyptologue  Théophile Obenga a fait un travail analogue à partir de sa langue  maternelle le Mbochi confirmant les recherches de Lilian Hamburger et  l’opinion de Cheikh Anta Diop relative à la Parenté Culturelle des  langues africaines. Le savant sénégalais, qui a réhabilité l’histoire  africaine, avait écrit un chapitre sur les langues en 1956, qui peut  actuellement servir de référence pour tous  nos pays soucieux de faire  revivre leurs parlers maternels.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils nous permettent de nous réconcilier avec nous-mêmes, nous  réconcilier avec notre histoire et de relever rapidement tout défit qui  nous assaille.</p>
<p style="text-align: justify;">Cheikh Anta Diop ne s’est pas du tout contenté d’élaborer une  théorie, mais il a profondément étudié le Ouolof sa langue maternelle et  a traduit les concepts mathématiques, chimiques, Physiques, la Théorie  de la Relativité d’Einstein, la Marseillaise, la poésie du célèbre   Mouride Moussa Ka dans la langue du philosophe sénégalais Kothié Barma  Fall.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre continent, en dépit de la manne que les institutions  financières internationales y ont déversée, ne peut prospérer en faisant  fi de ses langues et cultures nationales. Elles sont nombreuses, mais  l’Afrique possède six(6) principales langues que l’Union Africaine doit  prendre en charge tout en évitant de liquider les autres parlers  continentaux. Ces 6 langues sont : l’Arabe, le Pulaar, le Manding,  l’Haoussa, le Swahili et le Lingala.</p>
<p style="text-align: justify;">La Tanzanie et le Rwanda ont officialisé leurs langues nationales et  en ont fait des langues de travail et de gouvernement.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1958, les acteurs politiques de l’époque étaient invités à Aleg  pour discuter sur l’avenir de la Mauritanie à partir de la constitution  proposée par le Général de Gaulle. Les tenants d’un Etat Unitaire et  d’un Etat Fédéral se sont affrontés ; partant de son modèle républicain  massificateur, la France a soutenu la tendance menée par Mokhtar Ould  Daddah.</p>
<p style="text-align: justify;">Le NON historique de Sékou Touré qui préféra la Liberté dans la  Pauvreté à l’Opulence dans l’esclavage, a accéléré l’octroi de  l’indépendance par le processus de transfert de compétences. Notre pays,  indépendant depuis le 28 Novembre 1960, n’a pas su construire un modèle  étatique susceptible de respecter nos différences culturelles et  raciales facteurs d’équilibre, de richesse et de paix.</p>
<p style="text-align: justify;">Au contraire, ces dirigeants qui ont confondu islamité et arabité ont  imposé une langue qui privilégie une ethnie sur d’autres, ont favorisé  l’hégémonie d’une race sur une autre, ont fait de l’injustice et la  discrimination les règles fondamentales de gouvernement.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour avoir ignoré la question des nationalités, nos responsables  politiques animés d’une idéologie chauvine, bancale et blafarde ont  embourbé le pays à travers de sanglantes luttes fratricides.</p>
<p style="text-align: justify;">L’injustice qu’ils ont savamment tissée au sommet de l’Etat avec la  complicité de quelques nègres de service, a été secouée par               le  «  mouvement des 19 » de 1966.</p>
<p style="text-align: justify;">L’histoire retiendra l’attitude historique de Mohamed Ould Cheikh  Ministre de la Défense et de Kane Elimane Ministre du Développement qui  ont démissionné pour protester contre l’injustice. Bâ Mamoudou Samboli  Président de l’Assemblée Nationale qui s’est élevé contre l’arbitraire a  été muté comme Préfet à Chinguetti.</p>
<p style="text-align: justify;">Refusant le dialogue, le Président du parti tout va bien, victime  d’une cécité politique a radicalisé l’arabisation, ce que nous ne  réfutons pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, en Mauritanie, nous n’avons pas seulement que l’arabe. D’autres  langues, le Pulaar, l’Ouolof, le Sooninké, l’Hassanya font aussi partie  de notre paysage culturel. Il fallait toutes les prendre en charge et  les introduire dans le système éducatif.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut permettre à chaque mauritanien de s’éduquer d’abord dans sa  langue maternelle, s’ouvrir à la langue de son voisin, et de connaître  aussi les langues étrangères de son choix afin de mieux s’affirmer dans  l’agir de l’étant et participer lucidement et efficacement à la  construction d’une civilisation universelle</p>
<p style="text-align: justify;">Les tenants de la culture unique, donc inique, ont décidé autrement.  Ils ont cru que construire la nation passe par l’imposition d’une  langue au nom d’une majorité démographique douteuse. La construction  d’une nation est un projet qui doit se faire par la concertation entre  les différentes ethnies et races vivant dans un même espace. C’est la  justice et l’égalité et non une langue qui cimentent l’unité nationale.</p>
<p style="text-align: justify;">Aucun citoyen conscient de ses responsabilités n’est tenu de  respecter le contrat qui le lie à un Etat injuste. L’islam combat  l’injustice. Une République qui s’autoproclame islamique doit être  juste.</p>
<p style="text-align: justify;">Tel n’est pas encore le cas en Mauritanie qui est prisonnière de ses  difficultés internes qu’elle refuse de voir et résoudre ;  face à la  menace de disparition  conduite par un Etat raciste, tribaliste et  intolérant, les nationalités brimées de notre pays ont organisé la  défense de leur identité culturelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Les Harratines et les autres parias du pays se sont redressés comme  un seul bloc pour fustiger un système anachronique labellisé par  l’injustice.</p>
<p style="text-align: justify;">Tailladé par le Polisario et les luttes pour l’enseignement des  langues nationales, le régime de Daddah a été pulvérisé par une  dialectique de la violence déclenchée par les militaires. Nous avons  radicalisé la lutte sur le plan national et international. Nous avons  soutenu ardemment les associations culturelles partout par  l’organisation de conférences et des cours en alphabétisation dans  toutes les villes de la Mauritanie.</p>
<p style="text-align: justify;">Nos intellectuels étaient à la tête de ce combat salvateur. La lutte  s’est accentuée sous le régime des colonels, Moustapha Salek, Louly,  Haïdalla. Notre poésie engagée, diffusée sur les antennes de radio  Sénégal, a galvanisé nos masses populaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Les soldats armés de tableaux et de craies ont occupé tous nos  espaces. En communion avec nos masses, nos intellectuels, nos cadres  civils et militaires, nous avons entretenu un climat de désobéissance  civile qui a contraint le vaillant Haïdalla et son régime qui tentait à  rééquilibrer le pouvoir à reconnaitre la justesse de nos revendications.  Il a décidé le 19 Octobre 1979 la création de l’Institut des Langues  Nationales, l’expérimentation de ces langues pendant 6 ans. Cette  fructueuse expérience a été remise en cause par le régime despotique de  Taya.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut avouer que les associations pour la Renaissance du Pulaar, du  Sooninké, du Ouolof ont joué un rôle déterminant. Des intellectuels  comme Moutoudo Diop et Saïdou Kane se sont distingués dans ce bivouac  politico culturel.</p>
<p style="text-align: justify;">Saïdou Kane dit Moustapha Boli Professeur Agrégé en Sciences Sociales  a fait 6 fois la prison pour avoir défendu courageusement nos langues  nationales.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons contribué à renforcer l’association du Pulaar de  Mauritanie, du Sénégal, de la Gambie et de la Fédération Mondiale  de  l’enseignement du Pulaar/Fulfulde en France dont le siège était à  Bordeaux. Toutes les sections du Pulaar des pays de l’Europe et des pays  Arabes se sont retrouvées en Août 1981 à Bordeaux :</p>
<p style="text-align: justify;">1-   pour  unifier le caractère de l’alphabet  Pulaar</p>
<p style="text-align: justify;">2-   pour traduire les 10 tomes de l’histoire générale de l’humanité  de l’UNESCO</p>
<p style="text-align: justify;">3-   pour inciter les pays africains à s’inscrire dans la dynamique  de la  promotion de nos langues nationales</p>
<p style="text-align: justify;">4-   pour créer un cadre mondial de concertation des associations  pulaarophones/fulfulde phones.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est ainsi que cette grande structure a été créée. Je suis membre  fondateur, Président d’honneur et formateur de ces principales  associations de l’Europe. Elle a écrit, traduit de nombreux livres, des  pièces de théâtres en Pulaar. Elle ramène annuellement leurs enfants nés  en Europe, en Afrique pour s’imprégner de la culture de leurs parents.</p>
<p style="text-align: justify;">Alpha Ibra Sow, l’éditeur de Nubia, Maître de conférences, Professeur  de linguistique (Département du Pulaar) à la Sorbonne en France, a  apporté à cette association un soutien remarquable, matériel et  financier. Cette fédération a eu des sections partout en Europe, dans  les pays Arabes, aux USA.</p>
<p style="text-align: justify;">Pulaar Speaking Association(PSA) dont le siège est à New York est la  plus grande  de toutes les associations mondiales du Pulaar.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle a ses sièges dans tous les Etats de l’Amérique. Elle achète des  terrains, construit ou loue des mosquées à ses fidèles. J’ai été  fasciné par son dynamisme. Je l’ai retonifié dans plusieurs états lors  de mon dernier voyage aux Etats -Unis. J’ai donné des cours de pulaar  aux américains. J’ai animé des conférences dans certaines de leurs  universités, j’ai compris à quel point ils sont sensibles aux langues  africaines. Depuis Kennedy, le Corps de la Paix Américain ne cesse de  s’installer en Afrique et ailleurs pour s’investir dans la promotion de  nos langues. Il a compris qu’elles feront partie de l’avenir de  l’humanité, comme elles le furent à l’aube de la civilisation. Le pulaar  est enseigné à l’université de la Sorbonne en France, au Harvard aux  USA, à l’Institut Diplomatique de la Russie. Le meilleur dictionnaire en  pulaar est fait par Zoubkow membre de l’académie des sciences en Russie</p>
<p style="text-align: justify;">En France, les enfants de nos émigrés Haalpulaaren qui ont la  nationalité française, peuvent utiliser le pulaar comme 2ème langue au  baccalauréat. J’en ai formé moi-même des centaines qui ont accédé à la  formation supérieure. Un important matériel pédagogique dans toutes les  disciplines scientifiques existe dans nos langues nationales et leur  donne la possibilité d’être enseignées de l’école primaire à  l’université.</p>
<p style="text-align: justify;">Moi-même, j’ai traduit le Coran, Nations Nègres et Cultures, les  Théories marxistes et la Question Nationale en pulaar. J’ai écrit de  volumineux livres en pulaar « La recherche scientifique nous permet-  elle d’accéder à la connaissance de Dieu ?   Qui peut payer Dieu ? »   C’est un livre de 3000 pages.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai traduit la chimie classe de terminale en Pulaar, j’ai créé des  milliers de mots pour cette langue. Ces livres et tant d’autres dont  nous connaissons les auteurs constituent des banques de données pour nos  systèmes éducatifs. Il n’y a que la volonté politique de l’Etat  mauritanien qui manque.</p>
<p style="text-align: justify;">Le travail de l’Institut des Langues Nationales Mauritanien a été  positif  bien que supprimé, nous disposons d’une partie essentielle de  ce qu’il a produit.</p>
<p style="text-align: justify;">Le linguiste mauritanien Diagana Ousmane a produit un travail  mémorable sur     la culture des Sooninké  qui ont dominé pendant 5  siècles l’espace Ouest- Africain ; le Ghana, qui s’étendait de l’océan  atlantique à la boucle du Niger où leur langue a servi comme un outil de  communication inter ethniques, n’a pas été imposée. Le pulaar a joué ce  rôle dans l’Empire du Tekrour et le Manding dans l’Empire du Mali.  Rappelons que l’Empire d’Aoudaghost dirigé par Tiloutan utilisait aussi  le Sooninké car, il était situé dans la mouvance du Tounka, Roi du pays  de l’Or</p>
<p style="text-align: justify;">Nous devions profiter de ces acquis légués par nos ancêtres pour  créer une symbiose  et non une phagocytose culturelle. Nous avons appuyé  fermement dans l’étendue du Sénégal, l’action de l’ancien Ministre des  Langues Nationales, Mamadou N’Doye. Ce pays vient de créer l’académie  des langues nationales confiée à notre ami le Docteur Fari Sylla  Ka  Professeur en Linguistique à l’Université Cheikh Anta Diop.</p>
<p style="text-align: justify;">Le bilan que nous faisons de l’éducation en Mauritanie de  l’indépendance à nos jours est un retentissant échec. Il est tant  d’ouvrir les yeux pour réformer le système éducatif et redonner à nos  langues la place qu’elles méritent.</p>
<p style="text-align: justify;">Les hommes politiques, nos intellectuels civils et militaires de la  base au sommet de l’Etat doivent obligatoirement maîtriser nos langues  nationales, rampes de développement.</p>
<p style="text-align: justify;">Contrairement au Sénégal et d’autres pays de l’Afrique, les députés  Négro mauritaniens et Sénateurs n’utilisent que la langue étrangère à  l’Assemblée et au Sénat alors que le Pulaar, le Sooninké et l’Ouolof ne  sont pas utilisées au Palais de Bourbon ou au Sénat français.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous leur demandons de respecter le peuple qui les a élus en  recourant à leurs parlers à côté de l’Arabe et de l’Hassanya. En  attendant l’introduction de nos langues nationales dans l’enseignement,  l’Etat doit faire appel au système de traduction simultanée. Nous  pouvons actuellement profiter des progrès inouïs de la technique et de  la science pour introduire nos langues dans le système éducatif afin  d’éviter  l’explosion d’une guerre des langues.</p>
<p style="text-align: justify;">En Algérie, à Tizi Ouzou, bien que musulmans, les Berbères     de  ce pays mènent des luttes acharnées pour l’enseignement de leurs      langues. Hassan II a évité cette tension au Maroc en créant  l’académie berbère. Au Soudan, depuis plusieurs années, les catholiques  Anianias se battent pour la reconnaissance de leur identité culturelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Les Tamoul du Ceylan, les Sikhs de l’Inde, les Bretons, les  Occitans, les Corses de France, les Basques de l’Espagne, les Kurdes de  l’Iraq, mènent des luttes acharnées pour l’enseignement de leurs  langues. Le cas du Québec et de la Belgique, comme de l’Irlande du Nord  sont bien connus. En Suisse, il n’y a que 3 langues régionales, le  Français, l’Italien et l’Allemand. Elles sont toutes officielles.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Français est dominant chez les français, l’Italien dans sa région  et l’Allemand de même. La direction politique du pays est rotative.  Chaque représentant d’une ethnie, français, italien ou allemand peut le  diriger en un  temps déterminé.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est cette grenade linguistique, qui n’a pas été maniée avec  doigtée qui a fait exploser l’ancienne URSS. Le problème irlandais  depuis l’époque de Karl Marx et d’Engels n’est pas résolu, le problème  Touareg au Mali et au Niger, les Diolas en Casamance, les Ibos au  Nigéria et ailleurs, ont déstabilisé l’Afrique.</p>
<p style="text-align: justify;">La Mauritanie depuis 1966 n’a pas échappé à ces tourbillons. Les  secousses politiques du 8-9 Juin 2003 et d’Aout 2005, ont conduit à un  appréciable changement à travers les élections présidentielles de 2007.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Président Sidi a apaisé le climat social par l’organisation des    journées de concertation sur le passif humanitaire et le retour des  refugiés dont certains sont actuellement chez eux, en dépit de lacunes  notoires constatées relatives à la nourriture, à l’hébergement, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">La relative liberté d’expression permet de dénoncer les abus et  d’exprimer des idées novatrices. En tant que militant de l’opposition et  Président du Rassemblement pour le Dialogue des Nationalités  Mauritaniennes(DEKAALEM) nous soutenons le retour des déportés et  exigeons l’enseignement immédiat de nos langues nationales. Depuis un  an, nous avons mobilisé, formé dans l’étendue du territoire des  centaines de formateurs en pulaar dans notre structure culturelle  Afrique Renaissance.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous saisissons cette occasion pour remercier vivement l’ingénieur  Moussa Diallo Président de cette structure, et le formateur Abdoulaye  Samba Diop Kaya Président de la Section Mauritanienne de l’Association  Internationale du Pulaar, ainsi que tous les autres moniteurs et  monitrices qui ont contribué vaillamment à ce travail qui constitue une  charpente inévitable au développement de notre pays et de notre  continent.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous invitons toutes les associations culturelles du pays ainsi que  toutes les personnes sensibles à nos problèmes culturels à coopérer, à  créer une  synergie et de mettre à la disposition de la Commission de  Réforme de l’Enseignement toutes les informations dont elles disposent  afin de faciliter l’introduction de nos langues nationales dans le  système éducatif.</p>
<p style="text-align: justify;">Le RFD que nous remercions a été le seul Parti politique à appuyer  notre action. Aujourd’hui, ce sont nos masses populaires déshéritées qui  sont à l’avant-garde du combat pour la promotion de nos langues. Il n’y  a que les Responsables de DEKAALEM qui combinent luttes politiques et  culturelles en Mauritanie, en Europe, aux USA et ailleurs  et qui  disposent de bases bien formées.</p>
<p style="text-align: justify;">Elles seront  nos sentinelles qui veilleront contre vents et marrées   à l’enseignement de nos langues, à l’instauration de l’égalité et de  la justice et à l’avènement d’une Mauritanie réconciliée avec elle-même  où chaque nationalité s’identifierait.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, nous appuyons la loi criminalisant l’esclavage. Les      esclavagistes la contournent et évitent de l’appliquer avec la  complicité de l’administration. Il faut prendre des mesures  d’accompagnement et mettre à la disposition des  esclaves et des  victimes des séquelles de l’esclavage, les moyens qui leur permettent de  s’assumer.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">CONCLUSION</span></p>
<p style="text-align: justify;">L’introduction de ces langues nationales à l’assemblée nationale et  au Sénat permettra à nos masses analphabètes de suivre les débats  politiques et d’avoir une opinion éclairée sur l’action du Gouvernement  et faciliter le contrôle des élus.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, nous estimons que l’article six(6) de notre  constitution est arbitraire. Il faut officialiser sans discrimination  nos quatre (4) Langues nationales et leur donner le même temps d’antenne  à la radio et à la télévision.</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs pays dont l’Inde, le Mexique, ont officialisé plus de  vingt langues nationales. Nous devons nous rappeler que nous avions une  langue nationale qui s’appelait le Lazzari, disparue faute d’être  utilisée. C’est le même sort qui menace les langues négro africaine de  Mauritanienne d’aujourd’hui.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Hassanya est reconnu au Sénégal et au Mali, nous ne voyons pas  pourquoi notre Etat le méconnaît, car beaucoup de Hassanya phones ne  maîtrisent pas l’Arabe académique. C’est un patrimoine culturel national  qu’il faut préserver et non liquidé sous prétexte que l’Hassanya c’est  l’Arabe.</p>
<p style="text-align: justify;">Beaucoup de langues ont des variétés dialectales comme le Pulaar, le  Sérère et l’Arabe. Ces variétés ne sont pas du tout un handicap mais une  richesse. Ainsi donc, la création d’un Ministère  et une Académie des  Langues Nationales, seront des instruments indispensables qui répondront  aux vœux de notre pays et combleraient en matière d’éducation, les  carences précitées.</p>
<p style="text-align: justify;">L’audace dont s’est  armée le Président Sidi pour faire face au  problème du passif  humanitaire, l’indemnisation de tous les déportés,  doit l’encourager à réparer aussi cette injustice qui marginalise les  langues négro mauritaniennes. L’homme ne vit pas seulement que du pain,  mais aussi de culture. La solution de ce problème crucial contribuera à  réaliser l’unité nationale tant souhaitée.</p>
<p><strong> Docteur Moutoudo DIOP</strong></p>
<p><strong>Président DEKAALEM/RDN et de l’Association Internationale du  Pulaar(AIP)</strong></p>
<p><strong>Nouakchott, le 25 Juin 2008</strong></p>
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		<title>KAWRAL Université Gaston Berger, pour la promotion de la langue &#171;&#160;Pulaar&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Apr 2010 15:39:23 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le KAWRAL est une association multinationale qui regroupe tous les « haalpulaar » de l’UGB, qu’ils soient d’origines sénégalaise, mauritanienne, malienne, guinéenne, etc. Cette année, c’est Mintou Moussa KARERA, étudiante (mauritanienne) en Mathématiques Appliqués et Sciences Sociales qui a la tâche de guider les destinées de cette prestigieuse instance. Et la date du 21 mars [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Trebuchet MS,sans-serif; color: #0000ff;"><span style="font-size: x-small;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-232" style="margin: 2px; border: 0pt none;" title="ugb_sl3" src="http://www.blog-pulaagu.com/wp-content/uploads/2010/04/ugb_sl3-150x150.jpg" alt="ugb_sl3" width="150" height="150" /></span></span>Le KAWRAL est une association multinationale qui regroupe tous les « haalpulaar » de l’UGB, qu’ils soient d’origines sénégalaise, mauritanienne, malienne, guinéenne, etc. Cette année, c’est Mintou Moussa KARERA, étudiante (mauritanienne) en Mathématiques Appliqués et Sciences Sociales qui a la tâche de guider les destinées de cette prestigieuse instance. Et la date du 21 mars est celle qu’elle a choisie pour démarrer son programme 2009-2010.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est dans une atmosphère joviale et en prompte fraternité que le KAWRAL a fêté son « yendu » d’intégration. Ainsi, de midi à 18 heures, le restaurant Le Virage a vibré aux rythmes de la musique, de la danse et de la poésie mais tout cela en « Pulaar ». En outre, au moyen d’une même langue, des étudiants venus d’horizons divers se sont retrouvés autour d’une même thématique : « promouvoir la langue pulaar ». Et cela constitue une représentation vivante de l’intégration africaine.</p>
<p style="text-align: justify;">On a aussi enregistré une participation considérable de l’Association des Elèves Ressortissants du Fouta (AERF) qui a assuré presque toute la facette culturelle de la manifestation. Mamadou Cowry Wone, Président de la structure précitée, n’a pas manqué de justifier leur présence. Et à cet effet, il avoue qu’il s’agit d’abord d’un devoir de perpétuer une tradition déjà initiée par leurs prédécesseurs. Puis d’un engagement à contribuer, tout comme le KAWRAL, à la promotion de la langue « Pulaar ».</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, la Présidente se dit satisfaite à moitié car hormis l’ambiance, tout reste à parfaire. Elle souligne à ce niveau, un désengagement notoire de certains « haalpulaar » à l’égard de ladite structure. Elle déplore aussi la léthargie des anciens qui, parfois, restent indifférents aux activités de l’association. Sur le plan financier, Mademoiselle Koréra avoue que le KAWRAL se débrouille avec ses propres moyens, ne bénéficiant d’aucun soutien extérieur.</p>
<p style="text-align: justify;">S’agissant de ses projets, la Présidente énumère beaucoup de points dont on ne saurait citer que les plus essentiels : organiser les 72 heures du KAWRAL et, en collaboration avec la Commission Sociale, amener Baba MAAL à l’UGB.</p>
<p style="text-align: justify;">Par Moustapha Sène CESAIRE</p>
<p style="text-align: justify;">taf57r@yahoo.fr</p>
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		<title>Senegal: Initiative Jokko de L’ONG TOSTAN</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Apr 2010 15:34:00 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[48 facilitateurs Pulaar des coordinations de Kolda et Tambacounda ont démarré ce 30 mars une formation sur le SMS TEXTING. Cette initiative dénommée JOKKO s’inscrit dans le cadre du projet de renforcement des capacités des communautés (PRCC) de TOSTAN et vise à « communiquer, informer, sensibiliser et mobiliser les populations des zones d’intervention » par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
<div id="attachment_225" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><img class="size-thumbnail wp-image-225" title="inijokko" src="http://www.blog-pulaagu.com/wp-content/uploads/2010/04/inijokko-150x150.jpg" alt="Initiative jokko" width="150" height="150" /><p class="wp-caption-text">Initiative jokko</p></div>
<p>48 facilitateurs Pulaar des coordinations de Kolda et Tambacounda ont démarré ce 30 mars une formation sur le SMS TEXTING. Cette initiative dénommée JOKKO s’inscrit dans le cadre du projet de renforcement des capacités des communautés (PRCC) de TOSTAN et vise à « communiquer, informer, sensibiliser et mobiliser les populations des zones d’intervention » par l’envoi de messages SMS portant sur la mobilisation sociale, la résolution des conflits et la démocratie entre autres à partir des téléphones portables. La cérémonie d’ouverture à été présidée par le Préfet de Kolda Al Hassan Sall.<br />
L’ONG TOSTAN compte désormais se servir du téléphone portable pour faire circuler l’information dans ces zones d’intervention. Ainsi des facilitateurs des régions de Kolda et de Tambacounda vont bénéficier d’une session de renforcement de capacités en SMS Texting au Centre Départemental d’Assistance et de Formation pour la Femme (CEDAF) de Kolda. Pour cette formation, c’est la langue Pulaar qui est à l’honneur. Pendant cinq jours les participants à cet atelier seront capacités en « écriture, envoi et en lecture de SMS en langue Pulaar » renseigne Abdoulaye Kandé, Le Coordonnateur Régional de l’ONG TOSTAN. Il ajoute que 600 téléphones portables seront mis à la disposition de ces facilitateurs au terme de cette formation, ceci pour que « les informations puissent circuler rapidement dans les zones d’interventions du projet ». A en croire un des formateurs, il s’agit concrètement d’utiliser ces téléphones portables pour sensibiliser les populations par l’envoi de messages SMS portant sur « la santé, l’hygiène, la mobilisation sociale, la bonne gouvernance, la démocratie, la résolution des problèmes, l’agriculture, l’élevage et l’éducation non formelle » entre autres.<br />
Le Préfet de Kolda qui a présidé la cérémonie d’ouverture se félicite de cette initiative de TOSTAN qu’il trouve « très originale ».Al Hassan Sall estime également que ce projet s’inscrit dans le cadre de la promotion des langues locales. Il rappelle dans la foulée que « nous avons tous le devoir de promouvoir nos langues nationales » Pour Le Régional de l’Alphabétisation « la liberté de communiquer est un droit de l’homme », il note que cette formation qui vise la maitrise de l’utilisation du téléphone portable par les communautés vient renforcer l’exercice de ce droit à la communication. Dans les recommandations, Le Représentant de la RADHO a surtout demande aux bénéficiaires d’utiliser à bon escient cet outil de communication qui est aussi capable du pire.</p>
<p>SOURCE: Ismaila MANSALY / kodanews, http://www.koldanews.com/kolda/education/642-initiative-jokko-de-long-tostan.html</p></div>
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		<title>ATELIER OUEST-AFRICAIN SUR LE PULAAR: Le salut de l&#8217;Afrique par les langues nationales</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Mar 2010 17:05:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On ne peut s&#8217;intégrer, et donc se développer harmonieusement et dans la paix sans les langues maternelles. Sans elles, point de salut. C&#8217;est ce constat qui est sorti de l&#8217;atelier sous-régional sur la langue peule. Et c&#8217;est ce qu&#8217;a compris l&#8217;Union africaine en créant l&#8217;Acalan. La Commission fulfulde (Fulcom) de l’Académie africaine des langues de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><strong>
<dt class="wp-caption-dt"><strong><br />
</strong></dt>
<p> </strong></strong></p>
<p><strong><strong></strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong></p>
<div class="wp-caption alignleft" style="width: 316px"><strong><strong><img title="Fulcom2" src="http://www.blog-pulaagu.com/wp-content/fulcom_d_siley_jah.jpg" alt="Atelier FULCOM Dakar" width="306" height="218" /></strong></strong><p class="wp-caption-text">Atelier FULCOM Dakar</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>On ne peut s&#8217;intégrer, et donc se développer harmonieusement et dans la paix sans les langues maternelles. Sans elles, point de salut. C&#8217;est ce constat qui est sorti de l&#8217;atelier sous-régional sur la langue peule. Et c&#8217;est ce qu&#8217;a compris l&#8217;Union africaine en créant l&#8217;Acalan.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La Commission fulfulde (Fulcom) de l’Académie africaine des langues de l&#8217;Union africaine (Acalan-Ua) pour la période 2010-2012 a organisé, jeudi et vendredi derniers à Dakar, un atelier sousrégional de planification de ses activités. A cette occasion, le directeur de l&#8217;Alphabétisation et des Langues nationales, El Hadj Meïssa Diop, a déclaré que &laquo;&nbsp;la solution pour l’Afrique et le monde est dans l’intégration. Nulle nation ne peut évoluer seule&nbsp;&raquo;. Selon lui, &laquo;&nbsp;l’Etat du Sénégal s’est engagé dans un processus de renforcement des langues nationales qui soit, à terme, se traduire par l&#8217;implication de celles-ci dans le développement du pays. Aucun pays ne peut se développer dans une langue étrangère&nbsp;&raquo;. L’objectif de l’Etat est, selon lui, d’introduire, de manière efficace, ces langues dans le système éducatif formel, ainsi que dans la vie publique et officielle.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet atelier au cours duquel le Burkina Faso, la Mauritanie, le Mali et le Niger, ainsi que la diaspora, notamment la France, l’Italie et les Etats-Unis, ont aussi été représentés, entrait dans le cadre des activités triennales de la Commission Fulfulde langue transfrontalière véhiculaire (Fltv) de l’Acalan-Ua).</p>
<p style="text-align: justify;">Le président de Fulcom et président de l&#8217;Académie sénégalaise des langues nationales, le Docteur Fary Silate Kâ, chercheur au Laboratoire de linguistique de l&#8217;Institut fondamental d&#8217;Afrique noire (Ifan) Cheikh Anta Diop, a indiqué que sa commission fait partie des 12 créées sur les 41 langues véhiculaires transfrontalières existant en Afrique. Selon lui, &laquo;&nbsp;dans la perspective d’intégration africaine, les langues ont un rôle prépondérant à jouer. Leur intégration dans l’éducation formelle permet d’atteindre l’un des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) qu&#8217;est l’Education pour tous&nbsp;&raquo;. La langue est un facteur de développement, de renforcement de la démocratie et de paix, a-t-il ajouté, avant de soutenir qu&#8217;il &laquo;&nbsp;urge de conjuguer nos efforts pour s’acheminer résolument vers une orthographe universelle standardisée de la langue africaine Fulfulde&nbsp;&raquo;. L’atelier s&#8217;est penché essentiellement sur les activités à mener dans quatre domaines prioritaires, à savoir, l’uniformisation universelle de l’orthographe de la langue, l’harmonisation et la numérisation de la terminologie scientifique et technique moderne, l’état des lieux sur les différentes ressources-pays de la langue et la problématique de la standardisation dialectale.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour sa part, le Secrétaire exécutif de l’Acalan, le professeur Sozinho Francisco Matsinhe du Mozambique, a indiqué qu’il y a des efforts, au niveau des l’Ua, pour intégrer l’Afrique. &laquo;&nbsp;La langue est un facteur d’intégration. En Afrique, on ne peut parler de développement sans parler de culture. Mais on ne peut parler de culture sans la langue&nbsp;&raquo;, a-t-il dit, ajoutant que &laquo;&nbsp;depuis 2006, l’UA a divisé le continent en régions pour voir quelles sont les langues véhiculaires transfrontalières. En Afrique de l’Ouest, les trois langues choisies sont le fulfulde, le haoussa et le mandenkan. L’objectif est d’arriver à utiliser, dans les travaux de l’Ua, des langues africaines à côtés des langues occidentales&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon la linguiste Arame Fal Diop, l&#8217;Acalan est partie du constat qu&#8217;on ne peut développer les pays africains avec les langues occidentales qui ne sont pas comprises par la majorité des populations. Mais, ajoute-t-elle, &laquo;&nbsp;le problème est d&#8217;adapter nos langues aux réalités actuelles. Cependant, les organisations régionales et sous-régionales s&#8217;investissent pour que les peuples soient impliqués dans les travaux et programmes nationaux&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">A la fin des travaux, le Pr Matsinhe a annoncé que le prochain atelier se tiendra à Abuja, au Nigeria, avec la Commission de langue transfrontalière Haoussa. Il a indiqué qu&#8217;après la tenue de cet atelier, le défi est de d&#8217;élaborer des projets pour pouvoir mobiliser des fonds auprès des partenaires de l&#8217;ACALAN et des autres sources identifiées pendant les travaux. Selon lui, &laquo;&nbsp;on a produit un plan d&#8217;action qui soutient tous les domaines prioritaires de la langue fulfulde. Ce qui reste à faire, c&#8217;est de développer des projets concrets pour les trois ans que va durer notre mandat. Après cela, nous allons discuter avec les structures nationales des pays où le pulaar est parlé, que sont les commissions, les associations de langues et les acteurs, pour la mise en oeuvre. Les commissions ne sont pas des institutions d&#8217;implémentation. Elles ont pour rôle d&#8217;identifier les priorités. Dans ce cadre, nous devons travailler avec les universitaires dans le but de développer tous les domaines&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant à Fary Silate Kâ, l&#8217;atelier a pu planifier les quatre rapports-clés qui lui étaient assignés, à savoir l&#8217;orthographe, la terminologie, la communication et la mobilisation des fonds. &laquo;&nbsp;Nous avons même pu y ajouter des éléments sur le mode de fonctionnement des commissions par rapport aux autres acteurs concernés&nbsp;&raquo;, s&#8217;est-il réjoui, avant d&#8217;ajouter: &laquo;&nbsp;Nous avons le pied à l&#8217;étrier. Ce qui reste, c&#8217;est de nous mobiliser, élaborer des projets, nous mettre au travail, avec une synergie forte, communicative et inclusive autour du programme Fulcom, en rapport avec l&#8217;émulation des autres langues africaines&nbsp;&raquo;. On rappelle que l’Acalan a été créée en 2001 à Bamako, sous l’impulsion du président Alpha Oumar Konaré.</p>
<p style="text-align: justify;">Demba Silèye DIA (Source KOTCH: 16 mars 2010)</p>
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		<title>Les hommes de la pensée structurelle et de la révolution culturelle peule par Oumar N&#8217;Diaye</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Mar 2010 23:31:08 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Histoire des peuls]]></category>
		<category><![CDATA[La langue pulaar/fulfulde]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption alignleft" style="width: 273px"><img class=" " style="margin: 10px; border: 1px solid black;" title="Amadou Malick gaye" src="http://www.blog-pulaagu.com/wp-content/amgaye.jpg" alt="" width="263" height="205" /><p class="wp-caption-text">Amadou Malick Gaye (1931-1989), pionnier de la conscience pulaar</p></div>
<p class="MsoNormal" style="margin: 6pt 42.55pt; text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 6pt 42.55pt; text-align: justify;">Oui  la révolution guerrière a toujours fait du peul le défenseur de  l’honneur et de la dignité, celle de l’instruction et de la culture fait  de lui  le contestataire des écrits mensongers, de l’exploitation  raciale moderne et un ardent gardien de notre patrimoine culturel. C’est  dans cette optique que des grands hommes peuls conscients des enjeux de  notre siècle et surtout de  perspectives du futur, ont cherché à bâtir  les bases solides de la révolution culturelle et intellectuelle peule  que nous vivons aujourd’hui.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 6pt 42.55pt; text-align: justify;">Je  ne peux commencer cet article sans rendre hommage aux précurseurs de la  pensée structurelle de la révolution intellectuelle et culturelle  peule, Cheikh Moussa Camara de Gannguel, El Hadj Mamoudou BA de Djeol,  fondateur des écoles Falah dans le Fuuta qui donneront naissance aux  premières migrations pour la quête de savoir, le regretté Yéro Doro  DIALLO en était le parfait exemple de réussite, que dire du regretté  Amadou Hampâté BA, à lui seul il incarnait la sagesse, la vision, la  grandeur, l’universalité et l’humilité peule, c’est avec son aide  précieuse que Théodore Monod léguera à l’Afrique le précieux bijou  qu’est l’Institut Français d’Afrique Noire (IFAN), aujourd’hui fleuron  de la recherche sur les vérités de la place de l’homme africain dans  l’histoire.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 6pt 42.55pt; text-align: justify;">La  révolution culturelle peule  est née dans les 1950, c’est en 1956 que  le feu Amadou Malik Gaye de Dounguel fonda l’association pour la  jeunesse peule à Paris, où il suivait une formation d’administrateur,  conscient de la force unificatrice de la langue peule et de la nécessité  de jeter les bases de la pensée structurelle peule, il va fonder au  Sénégal l’association pour la Renaissance Pulaar, avec l’appui de  quelques fidèles amis tels l’animateur radio Sall Djibi de Thioubalel,  Dia Silèye, Samba Hawoly Seck, etc.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 6pt 42.55pt; text-align: justify;">
<p class="MsoNormal" style="margin: 6pt 42.55pt; text-align: justify;">Le   congrès des intellectuels peuls à M’Bagne en 1962 à l’initiative  d’Amadou Malik Gaye et présidé par le regretté professeur Oumar BA,  autrefois pilier de l’institut des langues nationales en Mauritanie et  premier traducteur du Coran en Pulaar marque un tournant dans la pensée  structurelle de la révolution culturelle et intellectuelle peule,  désormais l’oralité autrefois gardienne de la mémoire peule sera  renforcée par l’écriture Pulaar grâce à l’adoption de l’alphabet Pulaar  et à sa transcription, cela malgré les réticences du pouvoir maure en  Mauritanie qui ne voyait pas d’un bon œil le réveil de la conscience  peule pour ne pas dire noire.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 6pt 42.55pt; text-align: justify;">Le  village de M’Bagne par le biais de son  chef village à l’époque en la  personne de El Hadj Samba Boudel Diop bravèrent l’interdiction de la  tenue du congrès formulée par les autorités mauritaniennes et  mobilisèrent notables, décideurs et intellectuels peuls pour lancer la  pensée structurelle de la révolution culturelle peule. Ainsi pour rendre  honneur à ce village point de départ de ce réveil de la conscience  peule, on associera son nom à l’alphabet Pulaar d’où l’appellation « <strong>Alkule M’bagne</strong> ».</p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 6pt 42.55pt; text-align: justify;">Le  succès de ce congrès a jeté les bases de l’appropriation culturelle,  intellectuelle, historique et structurelle de la pensée peule ainsi que  la recherche sur les valeurs et les traditions de l’identité peule dans  sa diversité à travers sa concentration géographique.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 6pt 42.55pt; text-align: justify;">Quelques  années plus tard des hommes et des femmes peuls tels Tène Youssouf  Guèye, Aboubacry Kalidou BA, Yéro Doro Diallo, Sall Abdoul Aziz,  Mourtodo DIOP, Saïdou Kane, Tidjane Anne, Ibrahima Sarr, Baaba Maal et  tant d?autres, armées de la confiance du peuple et conscient des enjeux  d?acculturation et de la guerre silencieuse au nom de la domination  culturelle ont continué le flambeau à travers la radio, la poésie  engagée ou sensibilisatrice, l?écriture, la recherche historique, la  sociologie, la musique etc. pour faire vivre cette fibre peule.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 6pt 42.55pt; text-align: justify;">Aujourd’hui  on voit une jeunesse peule porter et fructifier cet héritage par le  biais des nouvelles technologies tels l’Internet ou l’usage des médias  numériques, qui continue de sensibiliser la société peule sur les  dangers de s’éloigner de sa culture, de ses traditions, de ses valeurs  et surtout d’être porteuse de cette fierté peule, que dire de l’écriture  Pulaar qui n’a rien a envier aux autres et  qui a fait ses preuves par  des publications de valeur.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 6pt 42.55pt; text-align: justify;"><strong>Je conclus qu’aucune civilisation ne doit périr au nom de la  continuité ,de celle des autres, cette dernière phrase est une  reconnaissance à celles et ceux qui ont payé cher de leur liberté  parfois de leur vie la promotion de la culture peule, de Rénovation  Ndjoum aux ardents défenseurs de notre héritage culturel, la société  peule a de la mémoire.</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 6pt 42.55pt; text-align: justify;"><strong>Oumar Moussa N’DIAYE</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 6pt 42.55pt; text-align: justify;"><strong>(Source: Baabaabe Loti)<br />
</strong></p>
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