BURKINA FASO: Deux étudiants ​africains créent un ​savon pour lutter ​contre le paludisme.​

27 avril, 2013 - Envoyé par Ibrahima SARR - Aucun Commentaire - Lu 2 325 fois.

Aujourd’hui, 25 avril 2013 , c’est la journée mondiale contre le paludisme. C’est donc l’occasion de faire le point sur cette maladie parasitaire. A l’échelle mondiale, le nombre de décès dus à un accès de paludisme est estimé, pour l’année 2010, à 660 000 et toutes les 60 secondes, un enfant meurt de la malaria (principalement des enfants de moins de 5 ans, en Afrique Subsaharienne).  Cependant tout espoir n’est pas perdu.

Le moustique,<br /><br /><br />vecteur du paludismeEn effet, à l’échelle mondiale, depuis l’année 2000, les taux de mortalité due au paludisme ont baissé…

  • À l’échelle mondiale : baisse de plus de 25 %
  • En Afrique : baisse de 33 %

Ces résultats encourageants sont dus principalement à deux facteurs :

1. L’apparition de nouveaux médicaments très efficaces, à base de dérivés de l’Arteminisine. Pour augmenter leur effet, mais aussi pour retarder l’apparition de résistances, ces dérivés sont administrés en association avec une autre molécule. C’est ainsi qu’au Burkina vous trouvez des comprimés antipaludiques composés de « Arthéméther et de Luméfantrina ». Sous forme de spécialités « Art…. », le traitement vous coûtera 3 400 F CFA. Mais si vous demandez le générique, il ne vous coûtera plus que 1 200 F à 1 300 F. C’est encore chers pour les plus démunis.

C’est ainsi que Sanofi (un laboratoire pharmaceutique privé)et DNDi (Drugs for Neglected Diseasesinitiative) ont développé un médicament antipaludique dans le cadre d’un partenariat public-privé innovant. Ce médicament, une combinaison thérapeutique à base d’artémisinine, a été développé pour répondre aux exigences de l’OMS. Depuis octobre 2008, plus de 120 million de traitements ont été vendus à fin 2011 à prix préférentiels pouvant allLe savon du Fasoer jusqu’au prix “sans perte-sans profit” et distribués en Afrique sub-saharienne aux organisations internationales (OMS), aux centrales d’achat gouvernementales, aux grands financeurs (UNITAID, Fonds Mondial, …). (Sources Sanofi).

Ce médicament est appelé « ASAQ » (car il associe un dérivé synthétique de l’artémisinine, l’artésunate* (AS), à l’amodiaquine (AQ) ). Sanofi ayant renoncé à tout brevet sur ce produit, le traitement complet coûte moins de 1 dollar (un peu plus de 500 F CFA) pour un adulte et la moitié pour un enfant. Je ne l’ai jamais vu commercialisé au Burkina. Pourquoi ?

2. Des ventes massives de moustiquaires imprégnées d’insecticides vendues à prix social.

Ces jours-ci, une nouvelle est largement médiatisée : Deux étudiants, un Burkinabè, Moctar Dembélé, et un Burundais, Gérard Niyondiko, ont réussi à créer un savon qui repousse les moustiques, et donc évite la contamination du parasite responsable du paludisme.

Etudiants à l’Institut international d’ingénierie de l’eau et l’environnement (2iE), à Ouagadougou, ils sont les premiers jeunes non-issus du continent américain à remporter le concours Global Social Venture Competition (GSVC), à savoir 25.000 dollars pour le premier prix et 1500 dollars pour le prix du public. La victoire à ce concours, qui récompense des projets d’entreprise innovants et sociaux de grandes écoles dans le monde, devrait leur permettre de lancer leur entreprise, Faso Soap (Le savon du Faso).

Le savon a été testé sur un échantillon de la population à Ouagadougou, en collaboration avec le médecin de leur école, et les retours ont été plutôt positifs. »Les moustiques et les larves des moustiques se développent dans les nombreuses eaux stagnantes de la ville, explique Lisa Barutel, chargée d’entrepreneuriat chez 2iE, utiliser le savon et le mettre dans les lessives évite la contamination. »

Si le potentiel d’impact est intéressant, le projet devra encore faire ses preuves. L’argent du concours devrait d’ailleurs servir à lancer une seconde étude plus poussée, en collaboration avec le Centre national de lutte contre le paludisme du Burkina Faso, pour analyser les éventuels effets secondaires.

Les étudiants souhaitent finaliser leur produit et monter leur entreprise d’ici la fin de leur master, avec l’aide des laboratoires proches de leur école. Ensuite, ils procéderont à la distribution. Chaque savon sera vendu au même prix qu’un savon quelconque, soit 300 francs CFA (46 centimes d’euros), dans les réseaux de vente habituels.

Paris, le 25 avril 2013
Maurice Oudet
Président du SEDELAN

(Source ABC Burkina)

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