LANGUE: Pour une nouvelle approche de la morphologie nominale du pulaar, Le cas de l’affixe de classe O

3 août, 2013 - Envoyé par Ibrahima SARR - 21 Commentaires - Lu 9 545 fois.

pulaar-fulfulde_logoEn pulaar, la répartition d’allomorphes dans le système classificatoire de la langue, telle qu’elle est généralement admise par les études actuelles en peul, permet de distinguer, pour l’affixe de classe O, jusqu’à cinq formes de variantes de morphème de classe suivantes : o, wo, jo, ko, ɗo. Ces dernières, considérées dans le cadre de la réduplication, qui est une opération de redoublement d’un marqueur de classe de l’unité nominale, aboutissent, en tant que déterminant, sous la forme o, comme le montrent les exemples suivants :

gujj-o                 o                 «le voleur»,

dem-oo-wo        o                 « le cultivateur»,

bil-ee-jo             o                 « le féticheur»,

gor-ko                o                 « l’homme»,

nul-aa-ɗo           o                 « le prophète».

Comme on peut le constater à travers ces exemples, le déterminant obtenu à partir des marqueurs de classe des unités nominales, est toujours rédupliqué identiquement en o et non pas en ɗo.

En effet, en pulaar, l’opération de réduplication du marqueur de classe s’effectue toujours sous la forme dite « forte » de la variante de l’affixe de classe (Niang, 2007). C’est ce que nous illustrons à travers la forme ndu, qui, en tant que déterminant, réduplique les marqueurs de classe {ru, du, ndu}, analysés ici comme étant les variantes d’un même affixe de classe.

Exemples :

lew-ru                ndu             « la lune »

ree-du                ndu             « le ventre »

wee-ndu             ndu             « la mare ».

La variante forte du morphème de classe {ndu} est ici identifiable par son initiale prénasalisée sur la base de l’occlusive voisée {du}. En effet, en pulaar, la règle de prénasalisation ne s’applique qu’aux occlusives voisées b, d, j, g.

A ce stade de notre analyse, nous proposons de reconsidérer le statut de «ɗo» en tant que forme forte de la variante de l’affixe de classe O. Nous dirons, à la différence des études conduites plus généralement sur le pulaar et le peul, que l’affixe de classe o ne présente pas de variantes de morphème de classe, ce qui explique que son marqueur rédupliqué en tant que déterminant est formellement identique au marqueur de classe contenu dans les unités nominales. Ainsi, nous proposons un redécoupage morphologique qui distingue le morphème de classe o de la manière suivante :

gujj-o                 (o)                  « (le) voleur »

dem-oo-w-o       (o)                  « (le) cultivateur »

bil-ee-j-o            (o)                  « (le) féticheur »

gor-k-o              (o)                  « (l)’homme »

nul-aa-ɗo          (o)                  « (le) prophète ».

En outre, si on considère les formes o, jo, wo, ɗo, ko en tant que les variantes d’un même morphème de classe, on constate, en synchronie, qu’elles ne sont reliées entre elles par aucune règle phonologique connue du peul.

Or, ce que la réduplication permet précisément de mettre en évidence, c’est la solidarité phonologique reliant avec cohérence les différentes formes de variantes dans un même morphème de classe, comme c’est le cas avec l’affixe de classe NDU, à travers ses variantes de morphèmes {ru, du, ndu}, qui appartiennent à un même ordre phonétique, celui des alvéolaires (r, d, nd), caractérisé par une tendance phonétique au renforcement de type ternaire :   [r ® d ® nd].

Nous pensons que le marqueur de classe o, qui apparaît dans les unités nominales du pulaar, est morphologiquement complexe, en ce sens qu’il est associé à des éléments de liaison, du fait de sa structure syllabique particulière. En effet, c’est le seul morphème de classe (affixe de classe) présentant une structure syllabique uniquement vocalique (V).

O                (o, wo, jo, ko, ɗo)

ɓE              (ɓe)

NDE          (re, de, nde)

NDI            (re, de, nde)

NDU          (ru, du, ndu)

NGE          (e, ye, ge, nge)

NGO          (o, wo, go, ngo)

NGU          (u, wu, gu, ngu)

NGEL       (el, yel, gol, ngol)

NGAL       (al, wal, gal, ngal)

NGOL       (ol, wol, gol, ngol)

BA             (a, wa, ba)

KA             (a, hi, ki)

KI              (i, hi, ki)

KO             (o, ho, ko)

KAL          (al, hal, kal)

KON          (on, hon, kon)

ɗAM          (am, jam, dam, ɗam)

ɗUM          (um, jum, dam, ɗam)

ɗI               (i, ji, li, ɗi)

ɗE              (e, je, le, ɗe)

Cette particularité en fait le marqueur par défaut pour ce qui est de la détermination des emprunts (ex. : oto o « la voiture », kees o « la caisse », rajo o « la radio ») ou des unités comme dow (dow o « le dessus »), les (les o « le dessous »), non intégrées dans le système flexionnel des marqueurs de classe de la langue.

Pour illustrer le caractère morphologiquement complexe du marqueur de classe o à travers la forme «ko», nous avons choisi de comparer le mot gorko avec celui de o-koor-ox en sérère, une langue du groupe Niger-congo apparentée au pulaar (donc au peul) ; les deux exemples signifient «homme» dans les deux langues, où nous avons la même classe nominale O pour représenter les humains au singulier.

En sérère[1]

Singulier                                                                       pluriel

o-koor-oxe                                                                    Ø-goor-we

 «l’homme»                                                                   «les hommes»

En pulaar

singulier                                                                       pluriel

gor-ko   oo[2]                                                                  wor-ɓe          ɓee

 «l’homme»                                                                   «les hommes»

Si l’on admet dans le système consonantique du sérère des variations entre voisé et non-voisé (k ~ g), il est évident que le mot gor-ko «homme» en pulaar a le même radical que koor ou goor en sérère, même s’il y a une différence de réalisation de la voyelle o qui est courte.

Sur le plan morphologique, en pulaar, le mot gorko distingue le marqueur de classe –o suffixé au radical {gor}, tandis qu’en sérère, dans la forme déterminée o-koor-oxe, on a une double opération morphologique de préfixation et de suffixation du morphème de classe à la base nominale (o…….ox).

La particularité du sérère réside dans le fait que son morphème de classe est un morphème discontinu, de sorte qu’il se répartit de part et d’autre de la base nominale. Cette distribution est contrainte phonologiquement puisque la voyelle du morphème préfixée à la base nominale se manifeste uniquement sous sa forme vocalique (o …….), alors que celle suffixée à la même base, se réalise avec une consonne ( …….. ox).

On suppose que l’élément –k– dans le mot gorko du pulaar est lié à la consonne du morphème de classe (……ox) du sérère, qui est une fricative vélaire. Cette dernière est réinterprétée phonologiquement en /k/, par la même tendance au renforcement. En effet, le système consonantique du pulaar n’admet pas de fricative vélaire, d’où (x  ®  k ).

En pulaar, la tendance phonétique au renforcement, qui s’apparente au phénomène de dissimilation, se manifeste surtout dans les alternances consonantiques qui interviennent dans les radicaux nominaux ou verbaux.

La présence de k, que nous analysons comme étant un élément de liaison dans le mot     gor-k-o «homme», est due à l’application d’une contrainte liée à la structure syllabique des marqueurs de classe en forme V, VC, c’est-à-dire présentant une attaque syllabique vide. Cette contrainte que nous avons formulée dans Niang (2007) sur la réanalyse syllabique de la structure morphologique des unités nominales en pulaar, impose une attaque consonantique pour toutes les syllabes des marqueurs de classe de la langue; d’où la présence d’éléments de liaison comme:

w– dans des unités telles que gaw-oo-w-o «pêcheur», dem-oo-w-o «cultivateur», bind-oo-w-o «écrivain», etc. par exemple ;

j– dans les racines qualitatives telles que ɓal-ee-j-o «noir», nay-ee-j-o «vieux», bil-ee-j-o «féticheur», etc. par exemple ;

ɗ– dans des unités comme que miñ-ir-aa-ɗ-o «petit frère», maw-n-ir-aa-ɗ-o «grand-frère», den-d-ir-aa-ɗ-o «cousin», etc. par exemple ;

k– dans les formes nominales comme tuub-aa-k-o « personne européenne », gay-n-aa-k-o « berger », gor-k-o « homme ».

En revanche, lorsqu’un affixe de classe, comme par exemple le marqueur pluriel ɓe pour les humains, a une initiale consonantique à l’attaque de la syllabe de son marqueur de classe, on n’a pas de consonne comme élément de liaison.

Exemples :

aw-oo-ɓe                                          « pêcheurs »,

rem-oo-ɓe                                         « cultivateurs »,

wind-oo-ɓe                                       « écrivains »,

waañ-oo-ɓe                                      « chasseurs »,

wir-d-oo-ɓe                                      « chapelains »,

nay-ee-ɓe                                         « vieux »,

wil-ee-ɓe                                          « féticheurs » etc.

Dans cette optique, il est tout à fait remarquable que les deux affixes de classes du pulaar (et donc du peul) n’ayant pas de variantes de morphème, c’est-à-dire non soumis à la règle d’allomorphie, soient ceux réservés aux humains: O (+ singulier, + humain) et ɓe (+ pluriel, + humain). En effet, le marqueur de classe pour le pluriel des humains est rédupliqué identiquement en tant que déterminant en ɓe (ex. yim-ɓe ɓe « les personnes »).

Le cas de l’affixe de classe O illustre toute la complexité morphologique du pulaar. Cette dernière doit faire l’objet d’analyses approfondies, afin de déterminer de manière pertinente et cohérente les règles qui structurent les relations grammaticales manifestées dans le cadre de la détermination, mais également dans le cadre de la substitution pronominale, et, de manière générale, dans le cas de l’accord de classe. C’est à cette invitation prospective, que nous vous soumettons notre réflexion sur le pulaar.

Niang Oumar

Docteur en linguistique

Ancien élève du lycée de Boghe

Quelques références bibliographiques

Gaden, H. : Le poular, dialecte Peul du Fouta sénégalais, Paris, E. Leroux, 1913.

Guérin, M. : Le syntagme nominal en wolof, une approche typologique (mémoire), Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, 2011.

Homburger, L. : Les préfixes nominaux dans les parlers peul, haoussa et bantous, Paris, Institut d’ethnologie, 1929

Ka, F. S. : Description morpho-syntaxique du jengelle, parler peul du Sénégal, thèse de Doctorat, Université de Paris III, 1977.

Labouret, H. : La Langue des Peuls ou Foulbé, Dakar, IFAN, 1952

Lacroix, P-F. : « Le peul », Le langage, 1068-1086, Encyclopédie de la Pléaide, Paris, 1968.

Niang, M.: Pulaar-English/English-Pulaar, Standard dictionary, Hippocrene Books, 1997

Niang, O. : Description phonologique, morphologique, organisation et fonction  de catégorisation des classes nominales en pulaar, MSHS, Université de Poitiers, 2006 (Thèse de doctorat).

Niang O. : La fonction syntaxique du marqueur de classe du pulaar analysée dans le cadre de la réduplication, soumis pour publication (2013) (revue Faits de langue).

Niang, O. : La morphologie nominale du pulaar, mémoire de DEA, Université de Poitiers, MSHS, 2001-2002.

Paradis, C. : Phonologie et morphologie  : Les classes nominales en peul (fula), thèse de Doctorat, Université de Montréal, 1986.

Sylla, Y. : Grammaire moderne du pulaar, NEA, Dakar, 1982.



[1] Le syntagme nominal en wolof, une approche typologique (mémoire), Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, 2011, p. 81.

[2]En pulaar, lorsque le déterminant est réalisé long, oo par exemple,  il a une valeur déictique, dans le sens monstratif, action de montrer.
Niang Oumar, Docteur en linguistique

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21 commentaires

Ibrahima SARR

4 août 2013 à 1:08    


Merci Oumar pour cette réflexion sur la morphologie Pulaar. Sans être aussi pontu et approfondi que toi, je suis aussi très interpelé par le fameux « horde nde/ndee horde ».
En fait ce débat est vieux et pour simplifier, je dirais que dans les deux cas, il est recommandé d’utiliser « ndee »:
horde ndee / ndee horde
galle oo / oo galle
puccu nguu/ nguu puccu
On s’est rendu compte que cela simplifait les choses pour les apprenant et surtout cela respectait la prononciation en Pulaar (qui s’écrit de manière phonétique) comme le nde dans « horde nde » se prononce « ndEE ».
La commission Fulfulde (Fulcom) a retenu « ndee » dans les deux cas et je trouve cela logique. En tant que rédacteurs de centaines d’articles, l’expérience m’a montré que dire « gorko o » pose beaucoup de problèmes d’ambiguité et d’intelligibilité voire parfois d’interférence dans le « flow » de la lecture.
Ex: « Debbo o ƴami o o anndaa to jeyaa » est très bizarre en Pulaar même si c’est justifié linguistiquement. A mon sens, cette phrase gagne mieux en clarté en s’écrivant:
« Debbo o ƴami oo o anndaa to jeyaa », d’où la justification de « debbo oo » au lieu de « debbo o » comme c’était l’usage dans les duɗe Pulaar.
J’invite nos autres amis plus érudits que moi à participer au débat.
On njaaraama

niang

4 août 2013 à 3:36    


Tu as posé une question fondamentale Ibrahima.

Si on se situe dans le cadre de la détermination nominale en pulaar, on peut avoir effectivement :
nde horde / horde nde
ndee horde / horde ndee
ndeen horde / horde ndeen.

Les formes de réalisation (nde, ndee, ndeen) sont justifiées en pulaar au regard des déictiques ɗo, ɗoo, ɗoon qui s’associent au déterminant de la manière suivante :
nde ɗo horde
ndee ɗoo horde
ndeen ɗoon horde

Il ne peut donc y avoir d’ambiguité, car :
nde, ndee, ndeen
représentent ce qu’on appelle les formes réalisées d’un même déterminant en pulaar.
Leur différence est établie non pas sur le plan formel, mais plutôt sur le plan syntaxique.

Pour éclairer notre propos, on peut établir une comparaison avec le français qui présente un cas similaire à travers « le », qui remplit une double fonction grammaticale, d’abord en tant que déterminant (le chat) et puis en tant que pronom personnel (je le voie). Et pourtant en français on ne va pas différencier orthographiquement « le », car on sait pertinemment que la différence ne vient pas de la forme puisque on a « le » dans les deux cas, mais elle est établie sur le plan syntaxique. En effet, le déterminant sert actualiser le nom (il accompagne le nom dans le discours), alors que le pronom personnel assume une fonction de substitution (il remplace le nom auquel il se substitue). On pourrait dire la même chose pour « la » : la chatte », « je la voie ».
L’argument ne doit pas être il y a eu un consensus établi en pulaar pour écrire le déterminant sous la forme ndee, mais dans ce cas que fait-on de ndeen qui est aussi un déterminant (ex. ndeen horde), amis aussi un pronom (ndeen heli). Il faut, à mon avis, voir sur quelle base ce consensus a été établi.

Je vous envoie mon article qui traite précisément cette question d’harmonisation de l’orthographe en pulaar, surtout au sujet du déterminant.
A jaaraama Ibrahima

niang

4 août 2013 à 5:14    


quand je dis « Leur différence est établie non pas sur le plan formel, mais plutôt sur le plan syntaxique », je fais référence au déterminant et au pronom personnel que la convention sur l’orthographe du pulaar recommande d’écrire respectivement : ndee pour le déterminant et nde pour le pronom. Or, en pulaar comme en peul, la différence entre les deux (déterminant et pronom) est établie non pas sur le plan formel, mais plutôt sur le plan syntaxique. Autrement dit, en pulaar nde, ndee, ndeen peuvent aussi bien remplir la fonction de déterminant (nde horde, ndee horde, ndeen horde) que celle de pronom de substitution nominale (horde heli, : nde heli, ndee heli, ndeen heli). Car déterminant et pronom de substitution ne remplissent pas les mêmes fonctions syntaxiques. Ce que j’ai illustré avec la forme « le » et « la » du français.
pour plus de précsion, lire l’article qui sera envoyé sous peu).
a jaaraama
niang oumar

niang

4 août 2013 à 6:03    


Il ne faut pas être trop obnubilé par la grammaire française. En effet, en français, un déterminant se réalise sous une forme unique, ex. « le » : le chat. En pulaar, un même déterminant se réalise sous différentes formes : nde, ndee, ndeen (nde yahre, ndee yahre, ndeen yahre). Ignorez cette réalité linguistique tout à fait établie dans les usages, ne me semble pas être une bonne idée. Ce serait même allé contre la grammaire de la langue, car, on ne peut avoir en effet des associations du type :
ndee ɗo yahre,
ndeen ɗoo yahre
mais plutôt des constructions :
nde ɗo yahre
ndee ɗoo yahre
ndeen ɗoon yahre
niang oumar

Ibrahima SARR

4 août 2013 à 10:49    


Salut Oumar
Je comprends bien tes explications même si je trouve qu’utiliser le français avec des termes linguistiques aussi ésotériques qu’incompréhensible par l’utilisateur moyen du pulaar est un handicap.
Ce que je voulais expliquer, c’est qu’avant les règles voulaient que l’on écrive « ndee » pour le démonstratif et « nde » pour l’article définii (pour parler simple).
Mais cela a changé car la plupart des acteurs du Pulaar sont analphabètes en français et surtout beaucoup sont autodidactes. De ce fait, il écrive exactement comme ça se prononce:
ndee haayre / haayre ndee
Et il n’y rien de plus logique.
Personnellement, je ne me base pas sur le français pour rendre compte du Pulaar, c’est devenu naturel chez moi de rester dans le Pulaar pour analyser, comprendre. Moi même j’ai fait des études en Linguistique et linguistique appliquée mais j’évite toujours de rentrer dans la peau du linguiste francophone pour expliquer le Pulaar car je ne suis compris que par une infime minorité. Et ça éloigne aussi de la grande masse des Pulaarophones alphabétisés qui ne comprennent rien au jargon linguistique.
Je pense aussi, comme on a fait en informatque, que ce serait une bonne chose de travailler sur une terminologie en Pulaar justement pour sortir du carcan francophone.
Quoi qu’il en soit, je crois aussi que ce point précis du « nde et ndee » n’est pas d’une importance capitale vu tout ce qu’il reste a à faire dans la codification du Pulaar.
Je continue de croire que le Pulaar doit s’écrire comme cela se prononce et cela suffit à accepter d’écrire « neɗɗo oo » (l’homme) et « oo neɗɗo » (cet homme).
C’est plus simple et plus logique pour la grande majorité même si cela gêne une petite poignée de puristes peut-être un peu trop calés pour l’utilisateur lambda du Pulaar.
A jaaraama

niang

4 août 2013 à 15:45    


En parlant de l’influence de la grammaire française dans les choix de codification du déterminant en pulaar, je faisais plutôt référence au fait de vouloir opter pour une seule forme de déterminant (oo gorko) là où le pulaar impose (ou distingue) trois formes :
o gorko
oo gorko
oon gorko
Ces formes de réalisation du déterminant ne constituent pas un problème en soi en pulaar.
Faut-il rappeler qu’on a décidé, en pulaar, que le déterminant devait être écrit avec une finale vocalique longue (oo) et le pronom personnel avec une voyelle courte (o). Comme on peut le constater, au départ, ce choix s’est fait avec l’idée de distinguer (ou séparer) le déterminant du pronom personnel. En résumant, on a pour gorko :
oo (déterminant) : oo gorko ou gorko oo
o (pronom personnel) : gorko oo yehi, o yehi
Or, dans la grammaire du pulaar, et c’est là que réside la nouveauté de notre démarche, c’est que la différence entre le déterminant et le pronom personnel est établie non pas par rapport aux formes oo / o, mais plutôt au niveau syntaxique.
En effet, le déterminant accompagne le nom dans le discours (fonction d’accompagnement), tandis que le pronom remplace le nom auquel il se substitue (il a une fonction de substitution).
Concrètement, si vous admettez que « oon » peut aussi bien être déterminant (ex. oon gorko) que pronom personnel (ex. gorko oon yehi : oon yehi), dans ce cas « oo » peut assumer les mêmes fonctions :
oo gorko ou gorko oo (oo = déterminant)
gorko oo yehi : oo yehi (oo = pronom personnel de substitution)
De la même manière, « o » remplira logiquement les mêmes fonctions syntaxiques, puisqu’il ‘agit d’un même marqueur à la fois de détermination et de substitution.
Comme déterminant : (o gorko ou gorko o),
Comme pronom (gorko o yehi : o yehi).
Donc en disant : o gorko, oo gorko ou gorko oon, on a affaire ici en réalité à un même déterminant qui se réalise différemment en o, oo, oon. Cette réalisation se retrouve dans les formes du marqueur pronominal de substitution (o, yehi, oo yehi, oon yehi). Et c’est là une innovation du pulaar par rapport à d’autres langues. Cette innovation devrait, à notre avis, être plutôt valorisée au lieu d’être gommée au prétexte d’harmonisation.
L’harmonisation du pulaar (du peul) est nécessaire, mais elle ne doit pas se faire au détriment de la langue au risque de l’appauvrir. Ce que personne ne souhaite ni ne préconise. Il faut aussi admettre que les connaissances sur le pulaar évoluent. Notre démarche est de reconsidérer certains travaux qui ont été menés en pulaar, en les complétant sur la base d’arguments justifiés au plan de la grammaire. En effet, c’est à l’orthographe de s’adapter à la grammaire d’une langue et non le contraire.
A jaarama
Niang Oumar

Ibrahima SARR

4 août 2013 à 16:12    


Je ne pense pas du tout que « o gorko » peut être dit en Pulaar. Ou bien je n’en comprend pas le sens.

Si tu dis « gorko o yehi » : o yehi » les deux « o » ne sont pas du tout de la même nature. Ou là encore je ne comprend pas comment tu onterprêtes ou traduirais cela.

niang

5 août 2013 à 1:37    


Est-ce que « o gorko » se dit en pular? Oui (sans aucune forme d’hésitation)
On a aussi « o ɗo gorko ».
Ce que je veux te faire comprendre, c’est qu’en pulaar, on a un même marqueur qui remplit à la fois la fonction de détermination et de substitution pronominale. Dans le cas de gorko, le marqueur peut apparaître sous trois formes : o, oo, oon.

dans la phrase « gorko o yehi, o yehi », le marqueur « o » remplit une double fonction : d’abord comme déterminant puisqu’on a « gorko o » (où le déterminant o a une valeur anaphorique, c’est l’équivalent de l’article défini du français (l) (l’homme). Alors que dans « o yehi », o remplit une fonction pronominale, car il se substitue au nom gorko qu’il remplace.
Entre nous, grammaticalement parlant, c’est plus cohérent.
Oumar

niang

5 août 2013 à 2:06    


Maintenant oublions la forme « o » puisqu’on n’arrive pas à se mettre d’accord sur son interprétation en tant que déterminant, et concentrons sur la forme oon.
Est-ce qu’on peut dire en pulaar :
Gorko oon (ex. gorko oon yehi), avec oon comme déterminant
Oon yehi (oon est ici un pronom qui remplace le syntagme nominal gorko oon).
Autrement dit, on a un même marqueur (oon) qui a une double fonction grammaticale : d’abord en tant que déterminant (gorko oon) et puis en tant que pronom (oon yehi).
Si tu admets cette analyse, tu dois de la même manière admettre que « o » et « oo » remplissent la même fonction grammaticale que « oon », car o, oo, oon représentent les formes réalisées d’un même marqueur à la fois de détermination et de substitution pronominale
En pulaar, on a des marqueurs de détermination et de substitution qui se réalisent (ou apparaissent) sous différentes formes, c’est le cas par exemple de :
ɓe, ɓee, ɓeen
ndi, ndii, ndiin
nde, ndee, ndeen
ndu, nduu, nduun
nge, ngee, ngeen
Ainsi de suite
oumar

Ibrahima SARR

5 août 2013 à 9:59    


Salut Niang,
Notre débat tourne en rond. Il faudrait avoir d’autres avis de personnes avertis.
A ma connaissance, « o ɗo gorko » ne peut pas s’écrire en Pulaar. C’est « oo ɗoo gorko ». Comme ça s entend. Jusqu’à preuve du contraire.
Traduction: « oo ɗoo gorko » = cet homme là
Mais « o ɗo » n’est pas correct parce que de toutes façons ça se prononce avec une voyalle longue « oo »
Dans « o yahii » et « gorko o yahii » comme dans ton exemple, le premier est un pronom personnel sujet, le deuxième est un article défini pour rester simple. Donc je ne vois pas le rapport entre les deux qui d’ailleurs doivent s’écrire:
« o yehii » et gorko OO yehii » ou
« worɓe ɓee ngarii » (les hommes sont arrivés),
« ɓe ngarii » (ils sont arrivés)
La linguistique doit tenir compte de la prononciation du Pulaar pour être comprise par le commun des mortels. Elle ne saurait être prescriptive d’autre part, car elle a une dimension sociale, culturelle et politique, loin de la science. Il faut accepter parfois le compromis avec l’usage.
Mais surtout, c’est un petit problème qui ne mérite pas de canaliser toute notre attention vu la masse de travail qui reste encore à faire.

Ibrahima SARR

5 août 2013 à 10:24    


La commission Fulfulde a clairement intégré ce que nous avons toujours pratiqué et préconisé:

Règle 7 : Le classificateur nominal assume plusieurs fonctions.
• Placé avant le nom, il joue le rôle de déterminant démonstratif et s’écrit séparé du nom avec sa finale vocalique longue, pour les classificateurs à finale vocalique.
Exemples :
oo neɗɗo « cette personne »
nduu suudu « cette case »
ɓee yimɓe « ces personnes »
ngoo wuro « ce village »
ngee nagge « cette vache »

• Placé après le nom, il joue le rôle de déterminant défini et s’écrit séparé du nom, toujours avec la finale vocalique longue.
Exemples :
Neɗɗo oo « la personne »
suudu nduu « la case »
Yimɓe ɓee « les personnes »
wuro ngoo « le village »
nagge ngee « la vache »

• Lorsque le classificateur joue le rôle de substitut du nom, il s’écrit avec sa finale vocalique brève.
Exemples :
wuro ngoo « le village »
mi anndaa ngo « je ne le connais pas »
ngo hodaaka « il n’est pas habité »

Règle 8 : Le classificateur à valeur démonstrative peut être précisé par un adverbe de lieu indiquant la proximité ou la distance (ɗoo, ɗaa, too, gaa). Dans ce cas, les deux mots s’écrivent séparés.
Exemples :
oo ɗoo suka « ce jeune-ci »
Oo gaa gorko « cet homme-ci [de notre côté]»
ndee too lowre « cette parcelle là-bas »
Oo ɗaa gorko Cet homme-là [à côté]

Je pense que c’est cela qui va prévaloir et cela ne saurait être remis en cause à mon avis.

niang

5 août 2013 à 14:56    


Heureusement que le pulaar est plus complexe que ça, car tout ce que tu viens de dire sur oo, tu peux également le dire pour oon:

– comme déterminant à valeur démonstrative: oon neɗɗo
– comme déterminant à valeur anaphorique (article défini) : neɗɗo oon

– il est associé aussi avec le déictique ɗoon (neɗɗo oon ɗoon).

En même temps, il assume la fonction de substitution, car on a :
oon yehi

Mon rôle en tant que chercheur est de me situer uniquement sur les faits et rien que sur les faits.

Oumar

Ibrahima SARR

5 août 2013 à 16:35    


Le Pulaar est très complexe mais aussi très simple dans sa cohérence. J’en conviens. Tu as bien raison de t’en tenir aux « faits » mais il ne faut pas négliger « l’effet » de l’usage et du consensus.
Aussi le jargon trop technique et de surcroît en français n’apporte pas de clarté à tes analyses et va en dissuader plus d’un de participer à notre débat. Je préfère qu’on utilise des mots plus simples tels que « pronon personnel », article défini etc…

Je connais bien le cas de « oon » dont tu parles qui renforce la règle de la double voyelle: nguun, kaan, ɗeen, ɓeen, nduun, ndiin, etc.

Le problème n’est pas là je crois. Je n’ai pas mentionné « oon » depuis le début comme ce sont des exemples dont la simple évocation ne résoud le problème qui n’est pas un problème grammatical mais plutôt phonologique. oo se dit « oo » donc doit s’écrire comme tel. Ce n’est par hasard que la Fulcom a inclus cette règle dans le rapport d’harmonisation dont j’ai publié ici un extrait pertinent.
J’ajoute aussi que ce débat est vieux et a été tranché d’abord par Kawtal Janngooɓe Pulaar vers les années 1989, puis justement la Fulcom qui vient de renforcer avec la fameuse règle dont j’ai posté un extrait.

niang

6 août 2013 à 19:25    


Ibrahima, si tu as bien compris la grammaire du pulaar, ce dont je ne doute pas, oon ne peut être un problème relevant de la phonologie, au contraire oon, comme oo, o représentent les formes d’un même déterminant ou d’un même pronom de substitution.

Pour bien saisir les formes o, oo, oon, il est important de comprendre qu’elles se construisent sur le même mode que :

– les déictiques (qui ont une fonction de localisation)

ɗo, ɗoo, ɗoon
to, too, toon

mais également :

nde, ndee, ndeen (marqueur temporal)
he, hee, heen (marqueur d’intériorité)

mais également les pronoms perosnnels :

mi, mii, miin
a, aa, aan
o, oo, oon
ɓe, ɓee, ɓeen

Il est important d’élargir le point de vue pour comprendre certains phénomènes et aspects très complexes du pulaar et qui ne sont pas faciles à saisir.

Notre position est simple à résumer : comme ɗo, ɗoo, ɗoon remplissent, quelle que soit leur forme, la fonction de déictique (localisation), de la même manière : o, oo, oon, quelle que soit leur forme, remplissent la fonction de déterminant (o neɗɗo, oo neɗɗo, oon neɗɗo) ou de pronom (o yehi, oo yehi, oon yehi), car, en pulaar, le déterminant comme le pronom se différencient sur le plan syntaxique et non sur le plan formel (c’est-à-dire des formes comme o, oo, oon). C’est pour cela qu’on n’a pas besoin d’orthographier différemment le déterminant (oo) du pronom (o). Et ça, ça change tout.

La logique est que si :

– oon remplit les fonctions à la fois de déterminant et de pronom (ex. oon neɗɗo ou neɗɗo oon, oon yehi).
– que oo aussi remplisse les mêmes fonctions que oon (ex. oo neɗɗo ou neɗɗo oo, oo yehi).
– que o également remplisse les mêmes fonctions que oo et oon (ex. o gorko ou gorko o, o yehi).
Voilà comment établir avec cohérence la grammaire du déterminant ou du pronom (de substitution) en pulaar.

Je sais que les habitudes ont la vie dure. Mais ce n’est pas une raison pour renoncer à clarifier, comprendre et expliquer les faits du pulaar.

En disant cela, nous ne cherchons pas à remettre en cause ce qui a été accompli avec labeur, mais nous disons simplement qu’il est possible de l’améliorer dans le sens de faire avancer l’harmonisation de la langue pulaar, un projet que nous partageons tous.

A jaaraama
Niang oumar

Ibrahima SARR

6 août 2013 à 23:19    


Je n’ai pas de problème pour comprendre. Mais depuis le début tu sembles ignorer que « o gorko » ne se dit pas, pas plus que « gorko o » (qui était acceptable avant mais plus, comme ce débat date…). Je crois que c’est là notre problème.
Et puis je ne vois pas du tout ce que « mii » veut dire en Pulaar ou ce que cela à voir avec ɓee.
J’avous que plus tu explique, moins j’y comprends quelques chose.
Tu as aussi ignoré ce que j’ai dit à propos de le Fulcom qui vient étayer mon argumentation. Y a t-il une rsaison à cela?

Ibrahima SARR

6 août 2013 à 23:20    


Je n’ai pas de problème pour comprendre, ce n’est pas utile de répéter plusieurs fois ce que tu as déjà expliqué. Mais depuis le début tu sembles ignorer que « o gorko » ne se dit pas, pas plus que « gorko o » (qui était acceptable avant mais plus, comme ce débat date…). Je crois que c’est là notre problème.
Et puis je ne vois pas du tout ce que « mii » veut dire en Pulaar ou ce que cela à voir avec ɓee.
J’avoue que plus tu expliques, moins j’y comprends quelques chose.
Tu as aussi ignoré ce que j’ai dit à propos de la Fulcom qui vient étayer mon argumentation. Y a t-il une rsaison à cela?

niang

7 août 2013 à 3:45    


Ibrahima, je ne pense pas que tu aies les compétentes requises pour décréter si on doit dire « o gorko » ou « gorko o » en pulaar. D’ailleurs, moi non plus.
Seule la langue est compétente en la matière. Pour clore le débat, je te soumets un texte que Gaden a recueilli sur le pulaar (du fuuta tooro). Il s’intitule « Le jugement de l’Almamy », p. 114 :
« gorko ummi to nder Fuuta omo yaha tufnde Galoya omo sooda bagi. Ndeen o soodi, omo arta, o yantondiri e debbo. O wi debbo o yoo rokkumo hooremum. Debbo o huli …. debbo o jaɓi »

je relève :
« O wi debbo o »
« Debbo o huli »
« debbo o jaɓi »

On a donc bien la construction « debbo o » qui est bien attestée en pulaar. Je ne vois pas au nom de quoi, toi, tu devrais décréter le contraire.

je relève également, dans le cadre des formes pronominales du marqueur, on a :
– o avec : « o yantondiri »
– omo avec « omo yaha  » : omo qui est la forme progressive qui accompagne le verbe.

Donc un peu d’humilité et ce n’est pas en multipliant les déclarations péremptoires qu’on va régler le problème.
Cela dit, on focalise trop le débat sur les formes du déterminant ou du pronom, je te rappelle que l’article traite avant tout des variantes « o, wo, jo, ko, ɗo » (au nombre de 5) que je propose de ramener à une seule forme (o), car on a :
debb-o (o) (ou debb-o oo ou oon) (peu importe),
dem-oo-w-o (o)
bil-ee-j-o (o)
gor-k-o (o)
nul-aa-ɗ-o o

mon analyse est de dire que le marqueur de classe o est comparable au marqueur pluriel ɓe, ils sont tous les deux rédupliqués identiquement en que déterminant.
yim-ɓe (ɓe) (ou ɓee, ou ɓeen)
wor-ɓe (ɓe)
rew-ɓe (ɓe)
Quand un marqueur de classe comme o ou ɓe est rédupliqué identiquement en tant que déterminant, c’est qu’il n’a pas de variantes de morphème de classe.
Contrairement aux marqueurs de classe re, de, nde, qui en tant que variantes d’un même morphème, vont être rédupliquées en tant que déterminant en nde (ndee, ndeen) :
Yah-re nde (ndee, ndeen)
Lad-de nde (ndee, ndeen)
Loo-nde nde (ndee, ndeen).
Voilà l’argument essentiel que j’ai voulu développer dans mon article.
Là aussi, il est question de cohérence : les deux marqueurs de classe du pulaar qui n’auraient pas de variante de morphème, sont O et BE, c’est-à-dire ceux qui sont réservés aux humains (c’est logique).

Je rappelle que les actuelles dont s’inspirent actuellement Fulacom distinguent, quant à elles, 5 formes de variantes (o, wo, jo, ko, do) qui ne sont reliées entre elles par aucune règle phonologique connue du peul. Faut-il s’en contenter ou s’en féliciter ? Là n’est pas le propos. La seule vraie question qui vaille est la cohérence des formes distribuées qui doivent être analysées en fonction des règles phonologiques, morphologiques, grammaticales du peul.
Or, si on considère des variantes comme re, de, nde, leur initiales consonantiques (r, d, nd) appartiennent à un même ordre phonétique, celui des alvéolaires. Il en est de même des alternances consonantiques qui ont lieu à l’initiale des radicaux nominaux comme : rawaandu, dawangel, ndawakon (r, d, nd). On sait donc que la distribution des formes de variantes dans les affixes de classe obéit à des règles précises. Qu’une analyse précise doit s’appuyer avec cohérence sur ces règles du pulaar. Sinon, on est dans le flou, dans l’imprécision et finalement dans l’incohérence. Ce n’est pas en s’abritant derrière des conventions qu’on arrivera à quelque chose. Les conventions doivent s’enrichir des travaux sur le pulaar, évoluer, s’adapter. Elles ne doivent pas être figées, être dans l’immobilisme. C’est à ce prix seulement que le pulaar (le peul) pourra tenir son rang en tant que langue moderne, d’intégration et de développement.

A jaaraama
Oumar niang

Ibrahima SARR

7 août 2013 à 6:39    


Non, il ne faut pas s’emporter Oumar. On est juste en train de discuter.

J’ai défendu mes positions et celles officielles de la Fulcom avec fermeté mais aussi avec humilité et respect. Donc pas de procès de personne comme ça risque de rompre le débat. Ce qui serait dommage.

Non je n’ai jamais décrété quoi que ce soit. J’ai eu simplement la chance et la bénédiction d’être un acteur parmi d’autres des grandes avancées de notre langue y compris sur le plan de la codification. Et tout ceci, sans bruit et dans l’humilté naturelle que tout le monde me connait.

Sur le point précis de notre discussion, je reste attaché à la concertation et au compromis qui ont caracterisé les associations et groupes de travail avec les j’ai travaillé depuis plus de 30 ans.
Et je crois aussi que ce débat est tranché depuis longtemps et la Fulcom a renforcé récemment ce que tout le monde considère comme acquis.
Tu remets ici sur le plateau des règles qui datent des années 70 et qui ont été abandonnées. Je veux parler du « gorko o/oo gorko).

Et il n’a donc rien de personnel dans tout cela. Restons cools pour garder un peu d’amitié d’autant plus qu’on vient de se connaitre, du moins virtuellement.

Njuulen mo wuuri

niang

7 août 2013 à 13:14    


Le débat de personne ou d’égo, ne m’a jamais intéressé.

Cela dit, on focalise trop le débat sur les formes du déterminant ou du pronom, je te rappelle que l’article traite avant tout des variantes « o, wo, jo, ko, ɗo » (au nombre de 5) que je propose de ramener à une seule forme (o), car on a :
debb-o (o) (ou debb-o oo ou oon) (peu importe),
dem-oo-w-o (o)
bil-ee-j-o (o)
gor-k-o (o)
nul-aa-ɗ-o o

mon analyse est de dire que le marqueur de classe o est comparable au marqueur pluriel ɓe, ils sont tous les deux rédupliqués identiquement en que déterminant.
yim-ɓe (ɓe) (ou ɓee, ou ɓeen)
wor-ɓe (ɓe)
rew-ɓe (ɓe)

Quand un marqueur de classe comme o ou ɓe est rédupliqué identiquement en tant que déterminant, c’est qu’il n’a pas de variantes de morphème de classe.

Contrairement aux marqueurs de classe re, de, nde, qui en tant que variantes d’un même morphème, vont être rédupliquées en tant que déterminant en nde (ndee, ndeen) :
Yah-re nde (ndee, ndeen)
Lad-de nde (ndee, ndeen)
Loo-nde nde (ndee, ndeen).

Voilà l’argument essentiel que j’ai voulu développer dans mon article.

Là aussi, il est question de cohérence : les deux marqueurs de classe du pulaar qui n’auraient pas de variante de morphème, sont O et BE, c’est-à-dire ceux qui sont réservés aux humains (c’est logique).

Je rappelle que les études actelles dont s’inspirent Fulacom distinguent, quant à elles, 5 formes de variantes (o, wo, jo, ko, do) qui ne sont reliées entre elles par aucune règle phonologique connue du peul.

Or, si on considère des variantes comme re, de, nde, leurs initiales consonantique (r, d, nd) appartiennent à un même ordre phonétique, celui des alvéolaires. Il en est de même des alternances consonantiques qui ont lieu à l’initiale des radicaux nominaux comme : rawaandu, dawangel, ndawakon (r, d, nd). On sait donc que la distribution des formes de variantes dans les affixes de classe obéit à des règles précises.

cette approche permet du coup de résoudre l’éternel débat entre pulaa-ngu / pulaa-k-u (qui finalement n’a pas lieu d’être), car en traitant k comme un élément de liaison (comme nous l’avons fait pour gor-k-o), on comprend aisément que le marqueur de classe du mot pulaaku n’est pas (ku), mais (u), d’où un découpage morphologique : pul-aa-k-u, avec (u) comme forme de variante de l’affixe de classe NGU, qui inclut (wu, gu, ngu).

oumar niang

Ibrahima SARR

7 août 2013 à 14:58    


Couse n’adopte pas ce genre de posture un peu délicate. Si le débat d’égo ne t’intéresse pas pourquoi tu te permets me donner des leçons d’humilité?

Tu as beaucoup de connaissances en linguistique certes, mais tu ne peux pas oublier que le rôle du linguiste n’est pas de se chamailler avec la masse pour imposer un point de vue ou une pratique.
C’est la masse des locauteurs qui aura le dernier mot et ceci dans toutes les cultures et même si elle n’a pas raison.

Personnellement, je ne vois plus l’intérêt de répéter des dizaines d’exemples qui n’apportent pas grand chose de nouveau à notre discussion. Le « purisme » n’a pas sa place dans une langue comme la notre qui commence seulement à sortir des ténèbres.

Sinon, je trouve qu’il n’y a jamais eu de débat à propos de Pulaangu, Pulaaku et Pulaagu, ce sont juste des différences dialectales qui enrichissent le langue et qui doivent rester comme telles. Cela ne pose aucun problème.

Je commence à me lasser un peu de tourner en rond.

bassoum mohamed

6 octobre 2014 à 18:35    


jaimerais apprendre le peul est ce je peux avoir un dico francais peulh

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