Burkina Faso: Adressage en langues nationales – de quoi encourager l’alphabétisation

17 février, 2008 - Envoyé par admin - Aucun Commentaire - Lu 2496 fois.

Le ministère délégué chargé de l’Alphabétisation et de l’Education non formelle a implanté à quelques endroits de la ville de Ouagadougou, des panneaux d’annonce ou d’adressage en langues nationales. Une initiative pour insuffler une dynamique nouvelle au sous-secteur de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle par le développement d’un environnement lettré.

Les usagers de services ont pu constater la présence de panneaux où sont gravées en « lettres d’or » des indications en langues nationales mooré, dioula et fulfuldé. Assemblée nationale, Centre Hospitalier Yalgado Ouédraogo, Conseil économique et social, Médiateur du Faso etc.

C’est une initiative du ministère délégué chargé de l’Alphabétisation et de l’Education non formelle dans la ville de Ouagadougou. Cette initiative est appelée à évoluer pour atteindre dans un futur proche, la ville de Bobo-Dioulasso et par la suite, les autres chefs-lieux de région et au final toutes les 351 communes du Burkina Faso. L’objectif de l’opération d’implantation de panneaux d’adressage ou d’annonce est de développer un environnement lettré en faveur des milliers d’alphabétisés. D’une manière générale, elle vise à permettre aux néo-alphabétisés de se retrouver dans un environnement qui leur autorise de se servir de leur apprentissage, d’encourager ceux qui ne savent ni lire, ni écrire en langues nationales à s’alphabétiser et d’amener ceux qui savent lire et écrire en français à s’intéresser aux langues nationales et à se faire, alphabétiser. L’initiative en elle-même est saluée ça et là, par les Burkinabè. En effet, les personnes que nous avons rencontrées ont été unanimes à reconnaître son importance et son bien-fondé. Pour Evariste Zongo, taximan de son état, l’importance de cette initiative ne fait l’ombre d’aucun doute. « Pour moi, le fait que plusieurs personnes vont arriver à s’orienter grâce aux langues nationales est une bonne chose », note-t-il.

Et M. Zongo dit pouvoir lire le dioula et mooré grâce à sa persévérance à s’intéresser à l’alphabétisation. Quant à Kalifa Ouattara, attaché d’intendance universitaire et scolaire, il estime qu’il faut permettre à chaque citoyen burkinabè, quelle que soit la langue qu’il parle, de pouvoir se retrouver. « Il n’y a pas de raison qu’on valorise les langues nationales pendant que toutes les affiches sont en français. De mon humble avis, cette initiative doit aller plus loin et prendre en compte le maximum de langues nationales », a soutenu M. Ouattara. Alphabétisé en langue dioula, il a indiqué que cette trouvaille est d’autant salutaire qu’elle permettra à beaucoup de citoyens burkinabè de retrouver facilement par exemple, le ministère de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation où est implanté un panneau. Enfin, Saïdou Yaméogo, biologiste au Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo (CHUYO) d’emboucher la même trompette que les autres pour louer l’implantation de panneaux « en langues nationales » dans la ville de Ouagadougou. « C’est une bonne choses. Cet adressage n’a, du reste, que trop tardé. Cela, du fait que la population qui ne parle pas français est la plus nombreuse au Burkina Faso. Il est impératif de permettre à cette population de se retrouver facilement grâce aux langues nationales », a clamé M. Yaméogo.

Par ailleurs, tous les intervenants ont reconnu que des actions de sensibilisation doivent être entreprises en faveur de cette opération. Mieux, M. Ouattara suggère que pour valoriser davantage les langues nationales, il est primordial qu’elles soient prises en compte au niveau de l’enseignement formel mais aussi au niveau des examens et concours. « Cela va amener plus d’une personne à s’intéresser de près aux langues nationales », a-t-il affirmé.

En rappel, conscient de la faiblesse de son système éducatif, le Burkina Faso a souscrit à la déclaration mondiale sur l’éducation pour tous adoptée à Jomtien en Chine en mars 1990 et réaffirmée à Dakar au Sénégal en avril 2000 par la communauté internationale.

Comment assurer l’éducation pour tous lorsque 70% de la population active est analphabète ? Ainsi, on comprend aisément que l’Alphabétisation et l’éducation non formelle (AENF) sont une condition sine qua non de réussite, de renforcement des capacités des populations à atteindre le développement humain durable. Cependant, il sera insensé de mener le combat contre l’analphabétisme si les apprenants et les néo-alphabétisés n’ont pas l’opportunité de se servir de leur apprentissage. En tout état de cause, la création d’un secrétariat d’Etat chargé de l’AENF en 2000, devenu cabinet du ministre délégué chargé de l’AENF en 2002, témoigne de la volonté du gouvernement burkinabè de prendre à bras le corps cette question.

Charles OUEDRAOGO charlesouedraogo40@yahoo.fr

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