Sénégal: Alphabétisation a Podor – L’ong Tostan ouvre 50 centres

17 février, 2008 - Envoyé par admin - Aucun Commentaire - Lu 3848 fois.

L’organisation non gouvernementale (Ong) « Tostan » (mot wolof qui signifie éclosion) vient d’ouvrir une cinquantaine de centres au bénéfice de ses partenaires pour gagner la bataille contre l’analphabétisme.

C’était en présence du chargé de l’alphabétisation de l’inspection départementale de l’éducation nationale (Iden) de Podor, Samba Ndiaye. L’Ong Tostan poursuit son combat contre l’analphabétisme. A cet effet, elle vient d’ouvrir 50 centres dans le département de Podor. En posant un tel acte, Tostan, en partenariat avec l’Unicef, vient de franchir un nouveau palier dans la bataille contre l’analphabétisme, elle qui compte déjà « 300 sites à travers les 11 régions du pays ». Dans ces différents sites, outre des modules d’alphabétisation, il existe d’autres modules qui portent sur la santé, l’hygiène, la démocratie, les droits humains.

Selon les membres de l’Ong, seule l’alphabétisation pourra permettre de venir à bout de différents phénomènes sociaux qui gangrènent la marche du pays vers le développement, notamment l’excision et les mariages précoces. En effet, l’exploitation optimale des réalisations accomplies sur l’abandon de certaines pratiques et la préservation de certains acquis sont fonction de l’aptitude de tout le monde à acquérir le savoir et les connaissances.

« Une telle entreprise exige la poursuite de la campagne pour la promotion de l’alphabétisation en langue nationale afin d’introduire dans chaque foyer un niveau d’éveil et de prise de conscience », a souligné le coordinateur de Tostan, Abou Diack.

Les 50 centres du département de Podor, sont répartis dans les 4 arrondissements de Podor et dans les 10 communautés rurales. Toutes ces collectivités locales bénéficieront d’un appui et de conseils pour arriver à maîtriser le programme pour le bien-être des populations. Tostan, a indiqué le conférencier, M. Camara, a aussi pour mission de renforcer les capacités des communautés.

Appui et conseils

« Ces dernières sur la base de convictions vont adhérer pour ensuite s’approprier le programme et le traduire en actes concrets pour asseoir un développement durable sans lequel pas de progrès possible », a-t-il soutenu. Au moment des assises de Podor, à Fanaye, dans l’arrondissement de Thillé-Boubacar, se tenait une autre rencontre avec les acteurs de développement en présence des notabilités des villages. L’Ong compte tenir, dans les différentes collectivités, les mêmes rencontres pour élargir le programme à tout le département. Ceci pour faciliter un meilleur maillage. Car, « les communautés initiées passeront le témoin à d’autres. De l’avis des séminaristes, une telle stratégie a produit des effets positifs sur le terrain dans d’autres domaines. « L’apprentissage communautaire offre un meilleur cadre de vie. Le paludisme recule, les investissements humains se multiplient ». C’est ainsi que la sensibilisation à travers les radios communautaires est également envisagée. La rencontre de Podor s’inscrit dans « une démarche partenariale », a affirmé M. Camara.

« Toute langue véhicule un savoir scientifique accessible aux masses », disait le Pr. Cheikh Anta Diop. Une théorie que l’Ong Tostan fait sienne. Car pour ses responsables, « l’importance des langues nationales n’est plus à démontrer ».

Importance des langues nationales

Mieux, ont-ils soutenu, « tous les chercheurs demeurent convaincus que l’on ne peut se développer dans la langue d’autrui. Et si on arrivait à hisser nos langues maternelles au même niveau que le français, l’on amorcera enfin un virage décisif sur la voie du développement. Concernant le Fouta, très féodal et conservateur, les langues nationales occupent une place prépondérante ». Dans le département de Podor, il est rare de voir un village sans un alphabétisé en langue pulaar. Une prouesse réussie par le Programme intégré de Podor (Pip).

Dans les champs, des groupements de femmes maîtrisent la langue maternelle au point de faire leurs comptes et recettes en pulaar. Aussi, pour mieux s’insérer dans un milieu où presque tout le monde lit le pulaar et le wolof, Tostan compte procéder à la traduction en langue nationale de la déclaration universelle des droits de l’homme, afin de faire connaître surtout aux femmes leurs droits et devoirs.

Amadou Diagne Niang
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