ATELIER OUEST-AFRICAIN SUR LE PULAAR: Le salut de l’Afrique par les langues nationales
19th mars, 2010 - Posted by admin - 2 Comments

Atelier FULCOM Dakar
On ne peut s’intégrer, et donc se développer harmonieusement et dans la paix sans les langues maternelles. Sans elles, point de salut. C’est ce constat qui est sorti de l’atelier sous-régional sur la langue peule. Et c’est ce qu’a compris l’Union africaine en créant l’Acalan.
La Commission fulfulde (Fulcom) de l’Académie africaine des langues de l’Union africaine (Acalan-Ua) pour la période 2010-2012 a organisé, jeudi et vendredi derniers à Dakar, un atelier sousrégional de planification de ses activités. A cette occasion, le directeur de l’Alphabétisation et des Langues nationales, El Hadj Meïssa Diop, a déclaré que « la solution pour l’Afrique et le monde est dans l’intégration. Nulle nation ne peut évoluer seule ». Selon lui, « l’Etat du Sénégal s’est engagé dans un processus de renforcement des langues nationales qui soit, à terme, se traduire par l’implication de celles-ci dans le développement du pays. Aucun pays ne peut se développer dans une langue étrangère ». L’objectif de l’Etat est, selon lui, d’introduire, de manière efficace, ces langues dans le système éducatif formel, ainsi que dans la vie publique et officielle.
Cet atelier au cours duquel le Burkina Faso, la Mauritanie, le Mali et le Niger, ainsi que la diaspora, notamment la France, l’Italie et les Etats-Unis, ont aussi été représentés, entrait dans le cadre des activités triennales de la Commission Fulfulde langue transfrontalière véhiculaire (Fltv) de l’Acalan-Ua).
Le président de Fulcom et président de l’Académie sénégalaise des langues nationales, le Docteur Fary Silate Kâ, chercheur au Laboratoire de linguistique de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan) Cheikh Anta Diop, a indiqué que sa commission fait partie des 12 créées sur les 41 langues véhiculaires transfrontalières existant en Afrique. Selon lui, « dans la perspective d’intégration africaine, les langues ont un rôle prépondérant à jouer. Leur intégration dans l’éducation formelle permet d’atteindre l’un des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) qu’est l’Education pour tous ». La langue est un facteur de développement, de renforcement de la démocratie et de paix, a-t-il ajouté, avant de soutenir qu’il « urge de conjuguer nos efforts pour s’acheminer résolument vers une orthographe universelle standardisée de la langue africaine Fulfulde ». L’atelier s’est penché essentiellement sur les activités à mener dans quatre domaines prioritaires, à savoir, l’uniformisation universelle de l’orthographe de la langue, l’harmonisation et la numérisation de la terminologie scientifique et technique moderne, l’état des lieux sur les différentes ressources-pays de la langue et la problématique de la standardisation dialectale.
Pour sa part, le Secrétaire exécutif de l’Acalan, le professeur Sozinho Francisco Matsinhe du Mozambique, a indiqué qu’il y a des efforts, au niveau des l’Ua, pour intégrer l’Afrique. « La langue est un facteur d’intégration. En Afrique, on ne peut parler de développement sans parler de culture. Mais on ne peut parler de culture sans la langue », a-t-il dit, ajoutant que « depuis 2006, l’UA a divisé le continent en régions pour voir quelles sont les langues véhiculaires transfrontalières. En Afrique de l’Ouest, les trois langues choisies sont le fulfulde, le haoussa et le mandenkan. L’objectif est d’arriver à utiliser, dans les travaux de l’Ua, des langues africaines à côtés des langues occidentales ».
Selon la linguiste Arame Fal Diop, l’Acalan est partie du constat qu’on ne peut développer les pays africains avec les langues occidentales qui ne sont pas comprises par la majorité des populations. Mais, ajoute-t-elle, « le problème est d’adapter nos langues aux réalités actuelles. Cependant, les organisations régionales et sous-régionales s’investissent pour que les peuples soient impliqués dans les travaux et programmes nationaux ».
A la fin des travaux, le Pr Matsinhe a annoncé que le prochain atelier se tiendra à Abuja, au Nigeria, avec la Commission de langue transfrontalière Haoussa. Il a indiqué qu’après la tenue de cet atelier, le défi est de d’élaborer des projets pour pouvoir mobiliser des fonds auprès des partenaires de l’ACALAN et des autres sources identifiées pendant les travaux. Selon lui, « on a produit un plan d’action qui soutient tous les domaines prioritaires de la langue fulfulde. Ce qui reste à faire, c’est de développer des projets concrets pour les trois ans que va durer notre mandat. Après cela, nous allons discuter avec les structures nationales des pays où le pulaar est parlé, que sont les commissions, les associations de langues et les acteurs, pour la mise en oeuvre. Les commissions ne sont pas des institutions d’implémentation. Elles ont pour rôle d’identifier les priorités. Dans ce cadre, nous devons travailler avec les universitaires dans le but de développer tous les domaines ».
Quant à Fary Silate Kâ, l’atelier a pu planifier les quatre rapports-clés qui lui étaient assignés, à savoir l’orthographe, la terminologie, la communication et la mobilisation des fonds. « Nous avons même pu y ajouter des éléments sur le mode de fonctionnement des commissions par rapport aux autres acteurs concernés », s’est-il réjoui, avant d’ajouter: « Nous avons le pied à l’étrier. Ce qui reste, c’est de nous mobiliser, élaborer des projets, nous mettre au travail, avec une synergie forte, communicative et inclusive autour du programme Fulcom, en rapport avec l’émulation des autres langues africaines ». On rappelle que l’Acalan a été créée en 2001 à Bamako, sous l’impulsion du président Alpha Oumar Konaré.
Demba Silèye DIA (Source KOTCH: 16 mars 2010)

2 commentaires
abuu soh
mars 31st, 2010 at 18:46
Mi salminii mi juuriima mi weltiima
yo Allah sellin doole wuurna on ko juuti yeeso amen onon mawbe ardiibe sabu kala ko min njidi e demngal he odon ngoni jomnol amen kadi oto kulee oto paaye emina caggal mon
mbido yidi yo en ndaddu pelle e nder leydeele gure diiwanuuji denndinen galuuji ender bibbe lenol ngol ballitooji en e ebbooji di demngal men ngal hatojini
on jaaraama haa gonngol
Bacca Bah
juillet 18th, 2010 at 12:57
Un pay ne se developpe pas sans sa ou ses languse nationales. Bravo aussi a Demba Silye Dia qui traite toujours les sujets des lanuges nationes dans les medias nationaux.
Laissez une réponse