Les langues nationales à L’Assemblée Nationale

16 juillet, 2010 - Envoyé par admin - 3 Commentaires - Lu 4776 fois.

Le Professeur Mourtoudo diop

Le Professeur Mourtoudo diop

La question des langues refait débat une fois de plus en Mauritanie. Depuis la réponse acerbe  adressée par le chef du gouvernement à un journaliste demandant de résumer des propos tenus en Arabe, en français:   » Que voulez – vous, la Mauritanie est un pays arabe », les langues se délient. Voici ce qu’en pensait feu Docteur Moutoudo Diop qui avait défendu jusqu’à la fin de sa vie le développement et la cohabitation des langues nationales en Mauritanie.

La langue est l’élément fondamental qui différencie l’homme de l’animal. Elle est un instrument de communication, d’identification et de transmission de connaissances. Elle est une clé sociale.

Dans plusieurs pays, elle a été utilisée comme un moyen de domination raciale, religieuse et d’assimilation culturelle. La résistance contre l’oppression culturelle, la périphérisation des minorités nationales ont engendré des luttes épiques. La formation des états nations de l’Europe de l’Est, de l’Ouest, en Amérique et d’ailleurs a provoqué souvent des affrontements sanglants.

Tuer une langue qui exprime le génie de son peuple, c’est priver son peuple de son âme. C’est un crime contre l’humanité. La Mauritanie, située à la lisière du monde Arabe et de l’Afrique Noire, est un Etat biracial et pluri ethniques où ses différentes nationalités ont, depuis plusieurs siècles, créé des relations tantôt pacifiques, tantôt conflictuelles dans des célèbres Empires tels que le Ghana, le Tekrour, le Mali, etc.

Cette cohabitation a permis un malaxage culturel et biologique. Le Pulaar, le Hassanya, le Sooninké et le Ouolof  ont été et le sont encore des instruments de communication inter ethniques. Au départ, la langue Arabe n’était maîtrisée que par une minorité d’intellectuels motivés par la diffusion de la religion islamique.

Nos populations ont préservé leur unité dans cet espace autrefois appelé Gangari par le dialogue, la tolérance, la solidarité et le respect de la différenc

L’Europe capitaliste en expansion industrielle et économique, qui avait besoin de matières premières et une main-d’œuvre faciles pour assurer sa survie s’est dotée des moyens militaires pour dominer le monde.

Cette colonisation qui a duré  presque deux siècles ne s’est pas contentée  du pillage de nos richesses mais a déstructuré nos sociétés, a imposé ses valeurs culturelles, les travaux forcés, a réduit notre démographie à travers un système esclavagiste infâme.

Les langues de colonisation, le Français, l’Anglais, le Portugais, l’Espagnol, et même l’Allemand ont été le soubassement d’une éducation extravertie qui ne visait qu’à former les auxiliaires de l’ordre colonial qui avaient manifestement ignoré nos langues nationales.

A l’école primaire, le symbole était introduit. C’était un instrument de punition que l’on remettait à tout élève, qui, par inadvertance, parlait sa langue maternelle dans les lieux scolaires. Le dernier élève qui le détenait le soir, avant la fermeture des classes, était rudement châtié.

Ce système éducatif a créé des hommes mutilés, diminués, aliénés et déracinés qui bafouèrent leurs cultures, qui aspirèrent intensément à s’européaniser. Ils finirent par ne devenir ni Africains ni Européens.

Après la deuxième guerre mondiale, les mouvements de libération nationale se sont propagés en Afrique, en Asie et ailleurs. Une partie de cette intelligentsia telle Gandhi, Ho Chi Min, Norodom Sihanouk, Nehru, Bourguiba, Ben Bella, Nasser, Houphouët Boigny, Lumumba, Mahjmout Diop, Um Niobé, Barthélémy Boganda, et tant d’autres, accélérèrent le processus de décomposition coloniale. La nécessité de communiquer avec les populations les fit découvrir l’importance des langues nationales dans le processus de développement.

Amilcar Cabral rédigea le livre célèbre appelé l’Arme de la Théorie pour sensibiliser sur l’aspect concomitant de la culture et de la politique. Le savant Cheikh Anta Diop, dans son livre Nations Nègres et Cultures, a analysé d’une manière pertinente et convaincante l’utilité de nos langues nationales qui, aussi, en un moment donné de l’évolution, ont été à la base des civilisations de l’humanité, compte tenu du lien génétique et grammatical qui existe entre elles et l’égyptien ancien, la langue des Pharaons.

C’est Mlle Lilian Hamburger Historienne française qui avait fait cette découverte en comparant l’égyptien ancien aux langues africaines. Pour elle, le Pulaar est le plus proche de l’égyptien ancien à cause de ses 28 classes nominales qui peuvent servir d’articles, de pronoms, d’adjectifs, etc.

Elle a mis en relief d’autres exemples pour appuyer sa thèse. Cheikh Anta Diop s’est référé sur ces travaux pour rédiger son livre appelé Parenté Génétique du Ouolof et de l’Egyptien Ancien. L’Egyptologue Théophile Obenga a fait un travail analogue à partir de sa langue maternelle le Mbochi confirmant les recherches de Lilian Hamburger et l’opinion de Cheikh Anta Diop relative à la Parenté Culturelle des langues africaines. Le savant sénégalais, qui a réhabilité l’histoire africaine, avait écrit un chapitre sur les langues en 1956, qui peut actuellement servir de référence pour tous  nos pays soucieux de faire revivre leurs parlers maternels.

Ils nous permettent de nous réconcilier avec nous-mêmes, nous réconcilier avec notre histoire et de relever rapidement tout défit qui nous assaille.

Cheikh Anta Diop ne s’est pas du tout contenté d’élaborer une théorie, mais il a profondément étudié le Ouolof sa langue maternelle et a traduit les concepts mathématiques, chimiques, Physiques, la Théorie de la Relativité d’Einstein, la Marseillaise, la poésie du célèbre  Mouride Moussa Ka dans la langue du philosophe sénégalais Kothié Barma Fall.

Notre continent, en dépit de la manne que les institutions financières internationales y ont déversée, ne peut prospérer en faisant fi de ses langues et cultures nationales. Elles sont nombreuses, mais l’Afrique possède six(6) principales langues que l’Union Africaine doit prendre en charge tout en évitant de liquider les autres parlers continentaux. Ces 6 langues sont : l’Arabe, le Pulaar, le Manding, l’Haoussa, le Swahili et le Lingala.

La Tanzanie et le Rwanda ont officialisé leurs langues nationales et en ont fait des langues de travail et de gouvernement.

En 1958, les acteurs politiques de l’époque étaient invités à Aleg pour discuter sur l’avenir de la Mauritanie à partir de la constitution proposée par le Général de Gaulle. Les tenants d’un Etat Unitaire et d’un Etat Fédéral se sont affrontés ; partant de son modèle républicain massificateur, la France a soutenu la tendance menée par Mokhtar Ould Daddah.

Le NON historique de Sékou Touré qui préféra la Liberté dans la Pauvreté à l’Opulence dans l’esclavage, a accéléré l’octroi de l’indépendance par le processus de transfert de compétences. Notre pays, indépendant depuis le 28 Novembre 1960, n’a pas su construire un modèle étatique susceptible de respecter nos différences culturelles et raciales facteurs d’équilibre, de richesse et de paix.

Au contraire, ces dirigeants qui ont confondu islamité et arabité ont imposé une langue qui privilégie une ethnie sur d’autres, ont favorisé l’hégémonie d’une race sur une autre, ont fait de l’injustice et la discrimination les règles fondamentales de gouvernement.

Pour avoir ignoré la question des nationalités, nos responsables politiques animés d’une idéologie chauvine, bancale et blafarde ont embourbé le pays à travers de sanglantes luttes fratricides.

L’injustice qu’ils ont savamment tissée au sommet de l’Etat avec la complicité de quelques nègres de service, a été secouée par              le  «  mouvement des 19 » de 1966.

L’histoire retiendra l’attitude historique de Mohamed Ould Cheikh Ministre de la Défense et de Kane Elimane Ministre du Développement qui ont démissionné pour protester contre l’injustice. Bâ Mamoudou Samboli Président de l’Assemblée Nationale qui s’est élevé contre l’arbitraire a été muté comme Préfet à Chinguetti.

Refusant le dialogue, le Président du parti tout va bien, victime d’une cécité politique a radicalisé l’arabisation, ce que nous ne réfutons pas.

Mais, en Mauritanie, nous n’avons pas seulement que l’arabe. D’autres langues, le Pulaar, l’Ouolof, le Sooninké, l’Hassanya font aussi partie de notre paysage culturel. Il fallait toutes les prendre en charge et les introduire dans le système éducatif.

Il faut permettre à chaque mauritanien de s’éduquer d’abord dans sa langue maternelle, s’ouvrir à la langue de son voisin, et de connaître aussi les langues étrangères de son choix afin de mieux s’affirmer dans l’agir de l’étant et participer lucidement et efficacement à la construction d’une civilisation universelle

Les tenants de la culture unique, donc inique, ont décidé autrement. Ils ont cru que construire la nation passe par l’imposition d’une langue au nom d’une majorité démographique douteuse. La construction d’une nation est un projet qui doit se faire par la concertation entre les différentes ethnies et races vivant dans un même espace. C’est la justice et l’égalité et non une langue qui cimentent l’unité nationale.

Aucun citoyen conscient de ses responsabilités n’est tenu de respecter le contrat qui le lie à un Etat injuste. L’islam combat l’injustice. Une République qui s’autoproclame islamique doit être juste.

Tel n’est pas encore le cas en Mauritanie qui est prisonnière de ses difficultés internes qu’elle refuse de voir et résoudre ;  face à la menace de disparition  conduite par un Etat raciste, tribaliste et intolérant, les nationalités brimées de notre pays ont organisé la défense de leur identité culturelle.

Les Harratines et les autres parias du pays se sont redressés comme un seul bloc pour fustiger un système anachronique labellisé par l’injustice.

Tailladé par le Polisario et les luttes pour l’enseignement des langues nationales, le régime de Daddah a été pulvérisé par une dialectique de la violence déclenchée par les militaires. Nous avons radicalisé la lutte sur le plan national et international. Nous avons soutenu ardemment les associations culturelles partout par l’organisation de conférences et des cours en alphabétisation dans toutes les villes de la Mauritanie.

Nos intellectuels étaient à la tête de ce combat salvateur. La lutte s’est accentuée sous le régime des colonels, Moustapha Salek, Louly, Haïdalla. Notre poésie engagée, diffusée sur les antennes de radio Sénégal, a galvanisé nos masses populaires.

Les soldats armés de tableaux et de craies ont occupé tous nos espaces. En communion avec nos masses, nos intellectuels, nos cadres civils et militaires, nous avons entretenu un climat de désobéissance civile qui a contraint le vaillant Haïdalla et son régime qui tentait à rééquilibrer le pouvoir à reconnaitre la justesse de nos revendications. Il a décidé le 19 Octobre 1979 la création de l’Institut des Langues Nationales, l’expérimentation de ces langues pendant 6 ans. Cette fructueuse expérience a été remise en cause par le régime despotique de Taya.

Il faut avouer que les associations pour la Renaissance du Pulaar, du Sooninké, du Ouolof ont joué un rôle déterminant. Des intellectuels comme Moutoudo Diop et Saïdou Kane se sont distingués dans ce bivouac politico culturel.

Saïdou Kane dit Moustapha Boli Professeur Agrégé en Sciences Sociales a fait 6 fois la prison pour avoir défendu courageusement nos langues nationales.

Nous avons contribué à renforcer l’association du Pulaar de Mauritanie, du Sénégal, de la Gambie et de la Fédération Mondiale  de l’enseignement du Pulaar/Fulfulde en France dont le siège était à Bordeaux. Toutes les sections du Pulaar des pays de l’Europe et des pays Arabes se sont retrouvées en Août 1981 à Bordeaux :

1-   pour  unifier le caractère de l’alphabet  Pulaar

2-   pour traduire les 10 tomes de l’histoire générale de l’humanité de l’UNESCO

3-   pour inciter les pays africains à s’inscrire dans la dynamique de la  promotion de nos langues nationales

4-   pour créer un cadre mondial de concertation des associations pulaarophones/fulfulde phones.

C’est ainsi que cette grande structure a été créée. Je suis membre fondateur, Président d’honneur et formateur de ces principales associations de l’Europe. Elle a écrit, traduit de nombreux livres, des pièces de théâtres en Pulaar. Elle ramène annuellement leurs enfants nés en Europe, en Afrique pour s’imprégner de la culture de leurs parents.

Alpha Ibra Sow, l’éditeur de Nubia, Maître de conférences, Professeur de linguistique (Département du Pulaar) à la Sorbonne en France, a apporté à cette association un soutien remarquable, matériel et financier. Cette fédération a eu des sections partout en Europe, dans les pays Arabes, aux USA.

Pulaar Speaking Association(PSA) dont le siège est à New York est la plus grande  de toutes les associations mondiales du Pulaar.

Elle a ses sièges dans tous les Etats de l’Amérique. Elle achète des terrains, construit ou loue des mosquées à ses fidèles. J’ai été fasciné par son dynamisme. Je l’ai retonifié dans plusieurs états lors de mon dernier voyage aux Etats -Unis. J’ai donné des cours de pulaar aux américains. J’ai animé des conférences dans certaines de leurs universités, j’ai compris à quel point ils sont sensibles aux langues africaines. Depuis Kennedy, le Corps de la Paix Américain ne cesse de s’installer en Afrique et ailleurs pour s’investir dans la promotion de nos langues. Il a compris qu’elles feront partie de l’avenir de l’humanité, comme elles le furent à l’aube de la civilisation. Le pulaar est enseigné à l’université de la Sorbonne en France, au Harvard aux USA, à l’Institut Diplomatique de la Russie. Le meilleur dictionnaire en pulaar est fait par Zoubkow membre de l’académie des sciences en Russie

En France, les enfants de nos émigrés Haalpulaaren qui ont la nationalité française, peuvent utiliser le pulaar comme 2ème langue au baccalauréat. J’en ai formé moi-même des centaines qui ont accédé à la formation supérieure. Un important matériel pédagogique dans toutes les disciplines scientifiques existe dans nos langues nationales et leur donne la possibilité d’être enseignées de l’école primaire à l’université.

Moi-même, j’ai traduit le Coran, Nations Nègres et Cultures, les Théories marxistes et la Question Nationale en pulaar. J’ai écrit de volumineux livres en pulaar « La recherche scientifique nous permet- elle d’accéder à la connaissance de Dieu ?   Qui peut payer Dieu ? »  C’est un livre de 3000 pages.

J’ai traduit la chimie classe de terminale en Pulaar, j’ai créé des milliers de mots pour cette langue. Ces livres et tant d’autres dont nous connaissons les auteurs constituent des banques de données pour nos systèmes éducatifs. Il n’y a que la volonté politique de l’Etat mauritanien qui manque.

Le travail de l’Institut des Langues Nationales Mauritanien a été positif  bien que supprimé, nous disposons d’une partie essentielle de ce qu’il a produit.

Le linguiste mauritanien Diagana Ousmane a produit un travail mémorable sur     la culture des Sooninké  qui ont dominé pendant 5 siècles l’espace Ouest- Africain ; le Ghana, qui s’étendait de l’océan atlantique à la boucle du Niger où leur langue a servi comme un outil de communication inter ethniques, n’a pas été imposée. Le pulaar a joué ce rôle dans l’Empire du Tekrour et le Manding dans l’Empire du Mali. Rappelons que l’Empire d’Aoudaghost dirigé par Tiloutan utilisait aussi le Sooninké car, il était situé dans la mouvance du Tounka, Roi du pays de l’Or

Nous devions profiter de ces acquis légués par nos ancêtres pour créer une symbiose  et non une phagocytose culturelle. Nous avons appuyé fermement dans l’étendue du Sénégal, l’action de l’ancien Ministre des Langues Nationales, Mamadou N’Doye. Ce pays vient de créer l’académie des langues nationales confiée à notre ami le Docteur Fari Sylla  Ka Professeur en Linguistique à l’Université Cheikh Anta Diop.

Le bilan que nous faisons de l’éducation en Mauritanie de l’indépendance à nos jours est un retentissant échec. Il est tant d’ouvrir les yeux pour réformer le système éducatif et redonner à nos langues la place qu’elles méritent.

Les hommes politiques, nos intellectuels civils et militaires de la base au sommet de l’Etat doivent obligatoirement maîtriser nos langues nationales, rampes de développement.

Contrairement au Sénégal et d’autres pays de l’Afrique, les députés Négro mauritaniens et Sénateurs n’utilisent que la langue étrangère à l’Assemblée et au Sénat alors que le Pulaar, le Sooninké et l’Ouolof ne sont pas utilisées au Palais de Bourbon ou au Sénat français.

Nous leur demandons de respecter le peuple qui les a élus en recourant à leurs parlers à côté de l’Arabe et de l’Hassanya. En attendant l’introduction de nos langues nationales dans l’enseignement, l’Etat doit faire appel au système de traduction simultanée. Nous pouvons actuellement profiter des progrès inouïs de la technique et de la science pour introduire nos langues dans le système éducatif afin d’éviter  l’explosion d’une guerre des langues.

En Algérie, à Tizi Ouzou, bien que musulmans, les Berbères     de ce pays mènent des luttes acharnées pour l’enseignement de leurs     langues. Hassan II a évité cette tension au Maroc en créant l’académie berbère. Au Soudan, depuis plusieurs années, les catholiques Anianias se battent pour la reconnaissance de leur identité culturelle.

Les Tamoul du Ceylan, les Sikhs de l’Inde, les Bretons, les Occitans, les Corses de France, les Basques de l’Espagne, les Kurdes de l’Iraq, mènent des luttes acharnées pour l’enseignement de leurs langues. Le cas du Québec et de la Belgique, comme de l’Irlande du Nord sont bien connus. En Suisse, il n’y a que 3 langues régionales, le Français, l’Italien et l’Allemand. Elles sont toutes officielles.

Le Français est dominant chez les français, l’Italien dans sa région et l’Allemand de même. La direction politique du pays est rotative. Chaque représentant d’une ethnie, français, italien ou allemand peut le diriger en un  temps déterminé.

C’est cette grenade linguistique, qui n’a pas été maniée avec doigtée qui a fait exploser l’ancienne URSS. Le problème irlandais depuis l’époque de Karl Marx et d’Engels n’est pas résolu, le problème Touareg au Mali et au Niger, les Diolas en Casamance, les Ibos au Nigéria et ailleurs, ont déstabilisé l’Afrique.

La Mauritanie depuis 1966 n’a pas échappé à ces tourbillons. Les secousses politiques du 8-9 Juin 2003 et d’Aout 2005, ont conduit à un appréciable changement à travers les élections présidentielles de 2007.

Le Président Sidi a apaisé le climat social par l’organisation des   journées de concertation sur le passif humanitaire et le retour des refugiés dont certains sont actuellement chez eux, en dépit de lacunes notoires constatées relatives à la nourriture, à l’hébergement, etc.

La relative liberté d’expression permet de dénoncer les abus et d’exprimer des idées novatrices. En tant que militant de l’opposition et Président du Rassemblement pour le Dialogue des Nationalités Mauritaniennes(DEKAALEM) nous soutenons le retour des déportés et exigeons l’enseignement immédiat de nos langues nationales. Depuis un an, nous avons mobilisé, formé dans l’étendue du territoire des centaines de formateurs en pulaar dans notre structure culturelle Afrique Renaissance.

Nous saisissons cette occasion pour remercier vivement l’ingénieur Moussa Diallo Président de cette structure, et le formateur Abdoulaye Samba Diop Kaya Président de la Section Mauritanienne de l’Association Internationale du Pulaar, ainsi que tous les autres moniteurs et monitrices qui ont contribué vaillamment à ce travail qui constitue une charpente inévitable au développement de notre pays et de notre continent.

Nous invitons toutes les associations culturelles du pays ainsi que toutes les personnes sensibles à nos problèmes culturels à coopérer, à créer une  synergie et de mettre à la disposition de la Commission de Réforme de l’Enseignement toutes les informations dont elles disposent afin de faciliter l’introduction de nos langues nationales dans le système éducatif.

Le RFD que nous remercions a été le seul Parti politique à appuyer notre action. Aujourd’hui, ce sont nos masses populaires déshéritées qui sont à l’avant-garde du combat pour la promotion de nos langues. Il n’y a que les Responsables de DEKAALEM qui combinent luttes politiques et culturelles en Mauritanie, en Europe, aux USA et ailleurs  et qui disposent de bases bien formées.

Elles seront  nos sentinelles qui veilleront contre vents et marrées  à l’enseignement de nos langues, à l’instauration de l’égalité et de la justice et à l’avènement d’une Mauritanie réconciliée avec elle-même où chaque nationalité s’identifierait.

Par ailleurs, nous appuyons la loi criminalisant l’esclavage. Les     esclavagistes la contournent et évitent de l’appliquer avec la complicité de l’administration. Il faut prendre des mesures d’accompagnement et mettre à la disposition des  esclaves et des victimes des séquelles de l’esclavage, les moyens qui leur permettent de s’assumer.

CONCLUSION

L’introduction de ces langues nationales à l’assemblée nationale et au Sénat permettra à nos masses analphabètes de suivre les débats politiques et d’avoir une opinion éclairée sur l’action du Gouvernement et faciliter le contrôle des élus.

Par ailleurs, nous estimons que l’article six(6) de notre constitution est arbitraire. Il faut officialiser sans discrimination nos quatre (4) Langues nationales et leur donner le même temps d’antenne à la radio et à la télévision.

Plusieurs pays dont l’Inde, le Mexique, ont officialisé plus de vingt langues nationales. Nous devons nous rappeler que nous avions une langue nationale qui s’appelait le Lazzari, disparue faute d’être utilisée. C’est le même sort qui menace les langues négro africaine de Mauritanienne d’aujourd’hui.

Le Hassanya est reconnu au Sénégal et au Mali, nous ne voyons pas pourquoi notre Etat le méconnaît, car beaucoup de Hassanya phones ne maîtrisent pas l’Arabe académique. C’est un patrimoine culturel national qu’il faut préserver et non liquidé sous prétexte que l’Hassanya c’est l’Arabe.

Beaucoup de langues ont des variétés dialectales comme le Pulaar, le Sérère et l’Arabe. Ces variétés ne sont pas du tout un handicap mais une richesse. Ainsi donc, la création d’un Ministère  et une Académie des Langues Nationales, seront des instruments indispensables qui répondront aux vœux de notre pays et combleraient en matière d’éducation, les carences précitées.

L’audace dont s’est  armée le Président Sidi pour faire face au problème du passif  humanitaire, l’indemnisation de tous les déportés, doit l’encourager à réparer aussi cette injustice qui marginalise les langues négro mauritaniennes. L’homme ne vit pas seulement que du pain, mais aussi de culture. La solution de ce problème crucial contribuera à réaliser l’unité nationale tant souhaitée.

Docteur Moutoudo DIOP

Président DEKAALEM/RDN et de l’Association Internationale du Pulaar(AIP)

Nouakchott, le 25 Juin 2008

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3 commentaires

wade hamady

17 juillet 2010 à 4:36    


haala laabka ko doo tan haadi

aliou

17 juillet 2010 à 18:56    


kala jiilotoodo potal bibbe muritaninaabe ko e ndeeo fedde foti nootaade ; sabu goonga ko alla yidi dum e te ko haaladoo ko ko haala alla ; mamadu sammba joop habaama , ko foti e doole mum , yehi ,heddi ko yoo en njokku golle yoo alla wallu.

Bacca Bah

18 juillet 2010 à 13:43    


Cet article va sans commentaire. Murtuhdo Joob etait dans le coeur du combat pour une egalite parfaite des lanuges africaines. Malheureusement il a disparu comme d’ailleur le regrete Saydu kan. On dirait que c’est une maldiction qui s’abatait sur les Haalpulaar en ces dernires annees.

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