SENEGAL (Nécrologie): Le dernier coup de pinceau de Mbassou Niang

28 juin, 2011 - Envoyé par Ibrahima Sarr - 1 Commentaire - Lu 5 239 fois.

Le manager du Daande Leñol, Oumar Niang dit Mbassou, est mort dimanche à l’âge de 56 ans. Le monde de la culture perd un artiste multidimensionnel.

Oumar Niang n’est plus. Le célèbre manager du Daande Leñol de Baaba Maal a été emporté par la grande faucheuse dans la nuit du dimanche au lundi. La levée du corps a eu lieu hier en présence de personnalités du monde des arts, de la politique, du gouvernement, de l’administration ou de simples anonymes. Il sera inhumé aujourd’hui dans sa terre natale de Niandane (Département de Podor).

Mbassou, comme tout le monde l’appelait, ne passait pas inaperçu. Personnage haut en couleurs, au physique rondouillard et à l’abord facile, il incarnait, à la fois, la sobriété et l’élégance, respirait une joie de vivre qui aura, pendant longtemps, masqué une maladie qui le rongeait. Ceux qui le côtoyaient savaient, en effet, que le bonhomme, derrière cette irascible joie de vivre, souffrait. Mais, il ne voulait jamais se laisser terrasser par cette vilaine maladie. Il ne voulait jamais laisser transparaître une quelconque douleur. Même malade, avec Mbassou, ça rigole gratis. Jamais à court d’anecdotes, il savait égayer l’atmosphère comme nul autre pareil.

S’il s’agissait d’être sérieux, Mbassou savait l’être également. Sa tête fourmillait de projets. De la musique aux arts plastiques, en passant par l’organisation de spectacles, tout avait de l’intérêt pour lui. Souventes fois, il a joint votre serviteur pour une ‘consultation’ sur des esquisses qui lui tenaient à cœur. La dernière en date remonte à moins de deux mois. Il s’agissait, cette fois, d’un tournoi de lutte entre Sérères et Haal Pulaar – le cousinage à plaisanterie, il ne le théorisait pas, il le vivait. Un tournoi qu’il voulait co-organiser avec son ami, l’ancien roi des arènes, Manga II. Et, tenez-vous bien, le vainqueur devait remporter, comme trophée, un sac de haricots. Ceux qui sont, un tantinet, imbus de ces valeurs, savent toute la charge symbolique qu’il y avait derrière cette coupe tout en céréales.

Mais, Mbassou, c’est surtout la musique qui l’a fait connaître au grand public. Avec ses amis Baaba Maal et Mansour Seck, il a porté haut les couleurs de la musique pulaar. D’abord, en tant que chanteur à la voix de stentor. Puis, en tant que manager du mythique Daande Leñol. Débrouillard et touche à tout, il savait aussi taquiner les tableaux. Il n’en vivait pas – au sens matériel du terme – mais il l’aimait. Il pouvait entretenir son auditoire, pendant des heures, de fresques sur Samba Guéladio Diégui, Moudo Hormo…

C’est donc cet homme multidimensionnel et affable qui a faussé compagnie à tout son monde après 48 heures d’hospitalisation. A sa famille, au Daande Leñol, à toute cette bande de joyeux drilles des années 70 et à tous ses amis, le groupe Wal Fadjri présente ses condoléances les plus attristées.

Ibrahima ANNE

(Source Walf.sn)

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1 commentaire

Fati Gaoulo Niang

15 juillet 2011 à 12:43    


Djam wali pulaagu, djeyami ko MALI. ko betin dè nane mi mbassou niang héditaki. Mi do douwo,yo Allah yourmomo, yafomo. vraiment ca ma beaucoup touché car j m’attendai pas a sa mort tout de suite, il est bien mbassou, comme vous avez dit grace a lui le monde entier a connu les couleurs de la musique PULAAR avec ses amis El Hadj BAABA MAAL et Mansour seck. le monde PULAAr est touché ojrd’hui, le senegal, Mali, Guinée,Niger, Burkina, Mauritanie … on ne t’oubliera jamais, dors en paix NIANG bandam A yewnimin

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