CULTURE: « Mémoire et avenir : un ciel peul » Un écomusée au Nord du Sénégal

16 juillet, 2011 - Envoyé par Ibrahima Sarr - 4 Commentaires - Lu 7 171 fois.

Samba Touré devant un musée au Mali

FORTE DE PLUSIEURS EXPÉRIENCES DE DÉVELOPPEMENT : maraîchage, santé, éducation et recherche historique sur le village, la communauté d’Agnam se propose, aujourd’hui, d’accueillir un projet culturel et patrimonial à vocation internationale, intitulée  provisoirement  : Mémoire  et avenir, un ciel  peul. Celui-ci  emprunte le concept d’écomusée pour  sa future organisation, lequel porté par l’Association  Internationale peule, se dé?nit par les tensions qu’il résout entre :

  • Passé et présent, ampleur internationale et locale, service à la population et tourisme,
  • Conservation des cultures traditionnelles peules et centre culturel ouvert sur l’innovation,
  • Centre permanent d’éducation aux savoir-faire ruraux  et laboratoire social et économique.

L’AFMA ne pouvait que s’intéresser à ce bel exemple d’énergie en Afrique  de l’Ouest.  Tous les ingrédients du dynamisme
rural  s’y  révèlent.  Notre  fédération est associée au groupe de ré?exion  Yeeso,  constitué autour  de Samba Touré.  Le
patrimoine rural  et le développement local n’ont pas de frontières. Le dire c’est bien, y contribuer c’est mieux !

LES PEULS DANS LE MONDE

Tabital   Pulaku  International   (association  dont  le  siège social est à Bamako) prolonge, à travers  ce projet, l’œuvre commencée en 1998, pour la rencontre et l’harmonisation des parlers  pulaar.  Les  grands axes de ré?exion  de T.P.I. sont les suivants :

  • Le rayonnement de la civilisation peule dans le concert des nations et l’encouragement  aux échanges culturels entre les peuples et les nations.
  • Le renforcement des solidarités,  des voies et des moyens pour une cohabitation harmonieuse et paci?que avec les autres communautés culturelles.
  • Le développement du potentiel humain et matériel par le biais de l’enseignement, de la modernisation, des techniques pastorales, de l’artisanat, du commerce et de la technologie.
  • La  sensibilisation  des individus et des communautés à leur propre développement.
  • La participation aux initiatives  engagées pour l’unité  et l’intégration africaine dans la durée.

Cette association est implantée dans 18 pays d’Afrique, d’Europe et aux États Unis. Chaque Tabital organise des activités  sociales  et culturelles.  On estime  à 10 millions de personnes la  population  peule,  dont plus  de 1,5  million en situation de diaspora et 8 millions de locuteurs. Les regroupements les plus signi?catifs se situent en Mauritanie, Sénégal, Guinée, Mali, Burkina Faso, Niger, Nigeria, Cameroun, Bénin, mais aussi en Côte-d’Ivoire et au Soudan.

Les Peuls connaissent une remarquable diversité  de contextes politiques,  économiques, sociaux.  Cette richesse culturelle, cette accumulation d’expériences leur permettent aujourd’hui d’envisager un pôle d’échanges sur un territoire hautement symbolique : Agnam Godo, le plus ancien des villages du Fuuta Tooro.

Enclos avec fourrage au village d’Agnam Civol.

L’histoire (2) et la situation d’Agnam Godo aux marches de la Mauritanie, du Mali et du Sénégal justi?ent l’implantation d’une  structure valorisant  tout à la  fois  la  cohésion et la diversité   culturelle   des  Peuls,   une  structure  innovante en matière de développement car intégrant les enjeux de l’Afrique  subsaharienne  d’aujourd’hui :  développement, éducation, services à la population. L’économie touristique sénégalaise,  concentrée sur  le  littoral   et  quelques  pôles d’attractions  intérieurs,  est encore limitée  et souvent très standardisée.   Il appartient  aux  populations  d’o?rir  un autre mode de découverte basé sur  la  rencontre avec les cultures africaines  : celles du passé mais également celles de l’Afrique contemporaine.
Le concept d’écomusée, pensé en France dans les années 1970-80,  demeure un modèle  transposable  parce qu’il  crée une dynamique au travers de l’expression et de la combinaison de valeurs traditionnelles  et contemporaines  et de la relation de l’Homme à son Milieu. Ce projet d’écomusée prend tout son sens pour un peuple se dé?nissant dans son rapport à la nature, à ses mouvements migratoires d’hier et d’aujourd’hui, dans la conscience des futures générations peules.

LE PROJET ARCHITECTURAL

Un groupe de recherche Yeeso (« En avant » en langue puular ) a été créé en France avec des professionnels  de musées, des architectes, anthropologues, des artistes,  des membres du groupe des Amis  d’Agnam  (3) et de l’association  des ressortissants  du village  d’Agnam  Godo (4) en France. Le groupe Yeeso, se réunit autour des représentants en France de Tabital Pulaaku, en particulier Samba Touré, rapporteur du projet, et Amadou Bâ, président de l’association Tabital Pulaaku  France. Ce groupe propose des orientations théoriques et techniques pour la construction du projet.

Des actions ont été entreprises au Sénégal a?n que la population participe pleinement au devenir de cette initiative. La communauté des villages d’Agnam, en o?rant un terrain très vaste pour l’implantation  de l’écomusée, exprime toute l’attente de cette réalisation sur son territoire.
Le  Cahier   des  charges  présenté  à  Jean-Philippe  Vassal (Agence Lacaton – Vassal), architecte, est le suivant :

  • Construction  d’un  village  idéal  de la  cohésion peule, d’après   les  types  des  groupes  peuls  disséminés  en Afrique  de l’Ouest : six cases de l’habitat traditionnel.
  • Création d’un fonds documentaire.
  • Collection   d’objets   traditionnels,    d’objets   d’Art   et d’archives  orales.
  • Conservatoire de plantes et essences traditionnelles d’en d’en assurer la redistribution aux populations.
  •  Exposition de création contemporaine (ex : Ousmane SOW).
  •  Espace pédagogique destiné au jeune public et aux adultes.
  •  Développement commercial (création d’une boutique et d’un gîte pour l’accueil des intervenants et des visiteurs).

Compte tenu des constats suivants concernant l’implantation de l’écomusée : absence d’urbanisme, présence de l’horizon par  défaut de végétation, paysage monochrome, chaleur, pluies,  faible densité de population, J.-P.  Vassal pose la nécessité d’un  abri o?rant le bien être de l’ombre a?n de développer la vie, une activité, de protéger le patrimoine et les collections. La légèreté de la structure doit faire référence au nomadisme peul, lié à la vie des troupeaux.

L’idée de clôture et de mur, s’oppose à l’image de l’in?nité du désert et du voyage. La culture peule, révèle l’empreinte d’une grande modernité, liée à la connaissance des paysages traversés, en Afrique et au-delà. Il est aussi essentiel de penser à l’accueil des habitants d’Agnam, des visiteurs ou des voyageurs de la Nationale 2 (axe passant en bordure du terrain de l’écomusée).

La  solution avancée par J-P. Vassal est celle de la serre horticole professionnelle, à la fois sophistiquée et économique pour s’adapter à des particularités  climatiques très variées, en o?rant rapidement de très grandes surfaces.

Groupe d’acceuil avec le chef du village, à Agnam Godo.

« Une structure  de hangar,  un abri, constitue un toit vaste et généreux  pour protéger tout ce qui est installé ou demeure en dessous : gens, objets, discussions, expositions, et constructions, pour le musée sans oublier les gens du village ou les voyageurs de passage. » J.-P. Vassal

Cette serre sera montée par la main d’œuvre villageoise. Les échanges avec la population des territoires  d’Agnam et ses associations contribueront au dynamisme de l’ensemble. L’architecture retenue symbolise cet élan de la communauté, par  les  dimensions  du  projet et ses symboles : la  voûte bienfaitrice élevée collectivement. Sous ce toit,  prendront place   des   constructions   en   terre   également  réalisées par  les  bénévoles. Les  livres, objets, ?lms,  outils,  nattes, etc.,  pourront  être exposés et montrés à l’intérieur et/ou l’extérieur de ces constructions. L’espace est su?samment vaste pour de grands rassemblements et reste ouvert à des évolutions futures.

Le toit (4000m2 environ) reste modulable, la couverture est une bâche plastique robuste, blanche et opaque pour ré?échir les rayons du soleil. A l’évacuation de chaque chéneau, à la saison des pluies,  l’eau  de pluie  est récupérable  pour  les  jardins. La  question écologique est primordiale  : cet équipement y  répond par  sa  gestion des eaux  pluviales,  l’utilisation de batteries solaires  et la  possibilité  d’utiliser une partie de sa surface pour un espace horticole a?n de soutenir la reconstitution des milieux.

L’IMPLANTATION D’UN VERGER CONSERVATOIRE

Dans le Fouta-Toro, près du ?euve Sénégal, il y a trente ans que, par les sècheresses répétées et les abattages inconsidérés, les arbres ont disparu et laissé place au désert. Par ailleurs, la création d’un grand barrage en amont du ?euve a fait disparaître les cultures de décrue. Dans ce contexte, le futur écomusée peul peut avoir un rôle écologique et pédagogique à jouer.

Jusque dans les  années 1980,  le  village  d’Agnam-Lidoubé, dans le Fouta-Toro, cultivait des céréales sur 900 ha de terres irriguées naturellement par les crues. Puis, le nouveau barrage ayant  asséché les  terrains autrefois  cultivés,  la culture  des céréales fut considérablement réduite. Sans titre de propriété, n’étant  plus  en mesure de cultiver,  les  villageois ont perdu le  droit d’exploitation  et leurs terres sont tombées entre les mains  du Domaine.  Il y a trois ans,  ils ont racheté le  droit d’exploiter 300 ha. Mais une famine est arrivée l’an dernier et la malnutrition est apparue.

Aujourd’hui, les paysans ont donc des préoccupations de récoltes  immédiates  : récoltes  qui  se font dans les  jardins collectifs  de femmes,  situés  au village.  Le  ?euve  est à 13 km  de là. Ce qui  sans moyen valable  de locomotion  et de transport reste di?cile d’accès dans une zone climatique di?cile partagée entre saison sèche et saison des pluies. Les préoccupations de survie empêchent d’investir du temps et de l’énergie dans un programme agricole ambitieux. Les zones cultivables  proches du  ?euve  sont situées  à  mille  mètres. Ce qui  nécessite  le  creusement d’une  canalisation  sur  cette distance. De plus, il faudrait pratiquer l’agroforesterie (5) et le bocage sahélien (6), c’est à dire planter des arbres, car c’est la condition d’une agriculture vraiment durable. Et là, il y a un autre problème.

Les habitants de la région sont des Peuls dont la tradition est pastorale. Pour les Peuls, l’arbre est donné par la nature et il n’y a aucune tradition sylvicole. Planter un arbre avait une grande signi?cation  autrefois.  C’était  le  signe  d’une  volonté de s’approprier le sol et donc source de grand con?it. Chaque espèce d’arbre  avait une valeur symbolique  particulière  et pouvait   correspondre  à  des  croyances  particulières   ou  à un rang social. On a oublié aujourd’hui ces raisons, mais la négation de l’arbre est toujours profondément ancrée dans les inconscients : mentalement, les paysans des Agnam (7) ne sont pas prêts à s’occuper d’arbres.

Avec l’intérêt  porté à la science  des sols  — la pédologie  — certaines nouvelles conceptions agricoles s’appuient sur l’existence d’un sol vivant qui s’avère indispensable pour qu’une agriculture soit durable. Or le sol là-bas est latéritique (8) et pratiquement mort : un sol nu, en plein soleil ne peut vivre  car le  soleil est bactéricide  et il n’y  a pas,  comme en climat tempéré, l’humidité nécessaire pour qu’un humus se forme. Pour y remédier, il faut donc couvrir le sol de matière végétale. Pour cela il faut faire démarrer des haies d’arbres que l’on taille régulièrement et dont on étale le broyat (BRF) sur le sol (9). Des arbres de haute tige, espacés de 15 mètres environ, complètent le dispositif en abritant les cultures intercalaires de l’excès de lumière  et en apportant des nutriments  que leurs racines profondes remontent à la surface.

Jardin collectif de femmes au village d'Agnam Liboubé

Un premier objectif s’impose dans le Fouta-Toro : il faut faire l’inventaire  des espèces arboricoles  de la zone,  collecter  des graines, mais surtout des boutures pour reproduire plus vite, et créer une pépinière près du village avec l’aide de conseillers agricoles spécialisés en sylviculture tropicale. La perspective de créer à Agnam Godo, village voisin d’Agnam-Lidoubé, un écomusée du peuple peul, nous a donné l’idée d’un verger conservatoire qui y serait associé.

L’idée  est que la pépinière  et le  verger  conservatoire  – où des  sujets  de  chaque  espèce végétale   seraient   conduits jusqu’à  maturité  – soient  rattachés à l’édi?ce  de l’écomusée, sur son vaste terrain. Car ils peuvent constituer un centre d’intérêt pédagogique et touristique  en même temps qu’ils remplissent  leur fonction  agricole  (10).  Ce  serait aussi  un signal fort en direction de tous les agriculteurs du secteur pour le lancement vital de l’activité forestière, un lieu d’information et de formation.

L’un des problèmes principaux pour la relance de l’agriculture en zone désertique est la température du sol. Pour faire démarrer des semis ou des boutures, on doit le faire sous des toiles d’ombrières qui permettent de doser le rayonnement solaire et de diminuer la température des plantes et du sol.
Le projet architectural conçu pour l’écomusée prévoit l’utilisation de structures de serre : les ombrières pourraient
donc prolonger très naturellement l’ensemble.
Les obstacles sont nombreux, culturels, psychologiques, fnanciers, mais ce projet fait partie de ce qui est indispensable à la survie durable dans le Fouta, c’est donc enthousiasmant !

Évelyne Wander, Samba Touré et Pierre Léotard, groupe Yeeso

Pour aller plus loin : des récits…
– TOURÉ Samba,  Du fleuve Sénégal  aux berges  de la Seine.
Itinéraire d’un nomade, l’Harmattan.
– MONÉNEMBO Tierno, Le roi de Kahel, Le Seuil et Points.
– BÂ Amadou Hampâté, Amkoullel, l’enfant peul, Actes Sud
et J’ai Lu.
iîi RICHARD  Chantal, Lili et le baobab, DVD  Regards du monde. Film avec Romane Bohringer.

Et des études…
– BOUTTIAUX Anne-Marie, et al., Afrique : musées et patri-
moines pour quels publics ?, Paris, Karthala, 2008, 175 p.
– POUGET Cécile,  DIALLO  Youssouf, SCHLEE  Günther
(dir.), L’ethnicité  peule dans  des contextes  nouveaux.  La dyna- mique des frontières, Paris, Karthala, 2000, 255 p.

(1) Les pasteurs vivant au rythme des troupeaux, ont une connaissance aiguë de la nature et de son cycle : les mouvements du soleil, de la lune, des étoiles et le cycle des saisons. Les peuls ont construit une identité qui les place sous le toit du ciel dans la « maison du monde ». (2) Agnam Godo est daté de plus de 5000 ans. Les derniers royaumes peuls dans le Fuuta y eurent leur capitale. Seul le dernier royaume du Fuuta, celui des Toorodve (1776 – 1881), qui prit ?n avec l’arrivée des colons, s’implante à Thilogne (7 km de Godo).
(3)  Les  Amis  d’Agnam,  association  de  solidarité
internationale  créée en 1997. L’objectif  principal  de l’association est de soutenir des projets liés à l’éducation et au développement des villages d’Agnam.
(4) L’association des ressortissants du village d’Agnam
Godo en France pour le développement et la solidarité,
implantée en Ile de France, depuis 2008, a pour objet la participation au développement du village : agriculture, santé, éducation et recherche historique.

(5) L’agroforesterie est l’association d’arbres espacés et  de  cultures  généralement céréalières. Certains mélanges d’espèces aboutissent à une stimulation réciproque de leur croissance.
(6) Le bocage, au sahel, consiste à entourer les terrains de haies de grillage doublées de haies végétales qui ont pour principales fonctions : 1° de protéger les cultures des ravages du bétail errant, 2° de fournir un habitat pour un monde de petits animaux utiles à l’écosystème,
3° de fournir éventuellement un engrais vert (BRF : cf. note 9), à chaque taille. Voir le site de Waigoubri sur Internet : www.azn-guie-burkina.org.
(7) Il y a treize  villages  dénommés Agnam (Agnam
Civol, Agnam Goli, etc.) qui forment un chapelet le long du « goudron », la route principale qui va de la ville de Saint-Louis à celle de Matam (la plus proche).
(8) La latérite est un sol dépourvu d’éléments organiques. (9) Le BRF ou « bois raméal fragmenté » est le résultat de la coupe des nouvelles pousses sur une haie. Ces jeunes pousses qui contiennent des éléments riches sont broyées et étalées sur le sol sur quelques centimètres d’épaisseur  et vont  former  tout  d’abord  un paillage (protection solaire et maintient de l’humidité), puis un mulch (nutriment) en se décomposant et en?n former un humus. Voir le site de l’Université de Laval au Québec, où a été conçue cette technique www.sbf.ulaval.ca/brf (10) Tout au moins au démarrage, car la conservation des espèces dans un but de production agricole  est généralement prise en main ensuite par des organismes professionnels.

Le fleuve Sénégal

Contact :
Samba TOURÉ
Tél. : 02 38 91 09 01
Courriel : toure.samba@neuf.fr

(Source: Agrimuse 11/12 | Juillet 2010 – Mars 2011)

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4 commentaires

Ibrahima Sarr

16 juillet 2011 à 15:47    


Ce projet devrait être appuyé par tous vu son importance dans la conservation de différents aspects de notre culture.
Le choix de Agnam n’est pas anodin car c’est l’un des villages les plus anciens du Fouta.
Vous avez tout le soutien de PULAAGU.COM et de son équipe.
On njaaraama

Tuure

26 juillet 2011 à 22:52    


Golle ma peewi. Yoo Geno yoɓ moƴƴere.
Ina yaakoraa maa humpito eɓɓannde nde, Resordu Pine e Tawaaeɗe Fulɓe (RPTF)maa ɓeydo anndeede. Ina noddaa nde mo woni fof, no golle maa ɗee ni, addata heen mbaawka mum no way fof, haa eɓɓannde nde yetto.
Ina soklaa hannde mo ina hokka en baadi cuuɗi fulɓe e hol to ɗi ñiɓi. Nde won’de, anniya o ko mbele kala pullo in waawa yiytaade he oo galle baaba, hoore mum. Eɗen cokli ndeen, anndude to fulɓe ngoni he Afrik, no kala renndo no hoɗiri (suudu mum). Goomu Yeeso, ina noddi nde fulɓe annduɓe ngarata he maggu. Maa ngu jooɗo ñande 17 silto (septembe) paaɗo ɗoo o caggal waktu 10h30 to 206, rue de la Fayette, paris 10, to 6e étage.

Yoo Geno selli, hisna en, o yettina anniya.

Sammba Tuure

Peuls anthropologie | Arvagh

29 juillet 2011 à 9:39    


[…] LE BLOG DU PULAAGU » CULTURE: « Mémoire et avenir : un ciel peul … […]

Sammba Sonyaan

21 septembre 2011 à 18:20    


Humpito RPTF ina jokki to Aanyam (senegaal). Hannde oo ko lammba teddiniraaka neɗɗoo mawɗo he Aanyam woni he yuɓɓineede; kala ko waawi heɓeede heen fayi ko he mahde suudu e faawru ndalla he nder dingiral boowal ɗo galle oo foti maheede

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