LIVRES: Aliou Mouhamadou reçoit le prix Marcel Kadima 2011 pour la valorisation des langues africaines et créoles

9 juin, 2012 - Envoyé par Ibrahima Sarr - 2 Commentaires - Lu 1 862 fois.

Le verbe en Peul

L’ouvrage se présente comme une sorte de « Bescherelle » de la conjugaison verbale du peul. Cette langue est répandue du Sénégal au Soudan, sous de nombreuses variantes dialectales. Le peul du Fuuta-Tooro, ou pulaar, (parlé en Mauritanie, au Sénégal et dans l’ouest du Mali), sur lequel repose la présente étude, a conservé les propriétés les plus anciennes et constitue donc le prototype de tous les autres dialectes.

Après une introduction qui donne les principales notions qu’il faut connaître pour pouvoir utiliser l’étude, l’auteur présente, pour les trois voix (actif, moyen, passif), les paradigmes complets de chaque ensemble (infinitif, participe, impératif, subjonctif, accompli et inaccompli) et la combinaison des formes conjuguées avec les suffi xes personnels d’objet. Chaque ensemble est précédé d’un descriptif des valeurs qu’il peut prendre, illustré de phrases tirées d’un vaste corpus littéraire (proverbes, romans, récits autobiographiques, contes). La description de ces valeurs est extrêmement fine, pertinente et exhaustive.

Le spécialiste qui connaît les travaux pourtant déjà très remarquables de David Arnott (Nominal and Verbal Systems of Fula) et de Mary McIntosh (Fulfulde Syntax and Verbal Morphology) ne peut qu’être frappé par la clarté de l’exposé, l’exhaustivité de l’analyse et son intérêt pédagogique.

Une autre innovation remarquable réside dans ce que l’auteur appelle modestement « Glossaire des désinences ». Les 866 terminaisons verbales classées par ordre alphabétique sont analysées en détail si bien que n’importe quel lecteur du pulaar, non spécialiste de la morphologie de la langue, pour peu qu’il sache repérer la frontière du radical verbal, peut immédiatement identifier la forme comportant cette terminaison.

L’intérêt de l’étude va bien au-delà du Fuuta-Tooro et nous pensons que tous les autres parlers peuls, pour peu qu’ils aient conservé une morphologie verbale complexe, pourront en tirer profit.

Chose rare, l’ouvrage pourra servir aussi bien à l’étudiant, à l’écrivain, à l’enseignant qu’au scientifique.

Ce livre s’est vu décerner, par l’Organisation internationale de la Francophonie, le prix Marcel Kadima 2011 pour la valorisation des langues africaines et créoles.

Aliou Mohamadou, professeur de peul à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO, Paris), membre de l’UMR 8135, Langage, langues et cultures d’Afrique noire (LLACAN, CNRS – INALCO), consacre ses recherches à l’étude sémantique de la classifi cation nominale, à la morphologie verbale et à la lexicographie de la langue peule. Il a par ailleurs édité des textes de plusieurs auteurs de langue peule et d’autres langues africaines dans la revue Binndi e Jannde dont il est le fondateur.

(Source: Khartala.com)

Share

2 commentaires

abdoul-aziz

14 juillet 2012 à 17:12    


félicitations pour cette remarquable contribution à l’édification de la langue peule et partant des langues africaines!!!

DIALLO

25 février 2014 à 23:39    


Il y a t-il des cours de pulaar/fulfulde pour adultes dans le sud de la France.

Est-ce qu’il y a des méthodes comme « l’anglais en 90 leçons »?

Merci d’éclairer ma lanterne.

Laissez une réponse

Nom *

Email *

Votre site